Roger PEYREFITTE (1907-2000). L.A.S. (paraphe), 15 novembre 1940, à Henry de Montherlant ; 3 pages et demie in-4 à l’encre verte.Longue lettre pleine de sous-entendus pédérastiques. « Enfin, c’est fini ! Si cela avait continué, je serais tombé malade, oui, de digestions manquées. Torturé, comme vous, de ce labourage d’entrailles, que nous cause la perspective de plaisirs tout faits, et qui nous sont interdits. Depuis trois jours, en effet, la Radiodiffusion Nationale Française […] offrait à ses auditeurs, pour accompagner leur dessert – ou fantôme de dessert – de midi, un reportage sur les dernières fêtes du Ramadan à Tunis. Jamais, je vous jure, je n’ai trouvé si maussades nos pommes rustiques, si amer notre “café national”, qu’en entendant parler de ces montagnes de pâtisseries découlantes de miel, de ces terrasses noires de monde, de ces rues illuminées toute la nuit (par dérogation à nos mesures de défense passive) ». Et le désir était exacerbé par l’insistance du reporter à parler des « petites Arabes » dans l’ombre de la nuit… Bref, « vous voyez qu’on ne s’embête pas à Alet avec un poste de radio, et qu’on risque tout autant d’y mourir de rage et de consomption. Grâce à Allah, tout cela, comme je vous disais, a pris fin aujourd’hui, et je vous écris à la fois exaspéré et soulagé ». Quant à la capitale, « il nous faut faire notre royaume là où nous sommes, comme je vous le disais de la chèvre, à mon arrivée ici. Kitou élance vers les Gobelins vos esprits animaux ! Et moi, qui ai laissé, après la première rencontre, la plus délicieuse des Kitous (sachant son adresse), et à qui notre demoiselle de Beaum écrit que, dans la pension où je l’ai inscrite pour ses cours de repêchage, elle a pêché une bonne camarade (bonne, souligné) ! Comme notre demoiselle n’a pas les austères principes des filles de Niké, a deux fois déjà (une, je vous l’ai dite, l’autre, au cours de mon dernier passage, et l’une et l’autre, hélas, sans lendemain), tenté de m’être “agréable” de ce cô
Estimation
700 € - 800 €
Résultat
750 €
Frais de vente
0%
Roger PEYREFITTE (1907-2000). L.A.S. (paraphe), 15 novembre 1940, à Henry de Montherlant ; 3 pages et demie in-4 à l’encre verte.Longue lettre pleine de sous-entendus pédérastiques. « Enfin, c’est fini ! Si cela avait continué, je serais tombé malade, oui, de digestions manquées. Torturé, comme vous, de ce labourage d’entrailles, que nous cause la perspective de plaisirs tout faits, et qui nous sont interdits. Depuis trois jours, en effet, la Radiodiffusion Nationale Française […] offrait à ses auditeurs, pour accompagner leur dessert – ou fantôme de dessert – de midi, un reportage sur les dernières fêtes du Ramadan à Tunis. Jamais, je vous jure, je n’ai trouvé si maussades nos pommes rustiques, si amer notre “café national”, qu’en entendant parler de ces montagnes de pâtisseries découlantes de miel, de ces terrasses noires de monde, de ces rues illuminées toute la nuit (par dérogation à nos mesures de défense passive) ». Et le désir était exacerbé par l’insistance du reporter à parler des « petites Arabes » dans l’ombre de la nuit… Bref, « vous voyez qu’on ne s’embête pas à Alet avec un poste de radio, et qu’on risque tout autant d’y mourir de rage et de consomption. Grâce à Allah, tout cela, comme je vous disais, a pris fin aujourd’hui, et je vous écris à la fois exaspéré et soulagé ». Quant à la capitale, « il nous faut faire notre royaume là où nous sommes, comme je vous le disais de la chèvre, à mon arrivée ici. Kitou élance vers les Gobelins vos esprits animaux ! Et moi, qui ai laissé, après la première rencontre, la plus délicieuse des Kitous (sachant son adresse), et à qui notre demoiselle de Beaum écrit que, dans la pension où je l’ai inscrite pour ses cours de repêchage, elle a pêché une bonne camarade (bonne, souligné) ! Comme notre demoiselle n’a pas les austères principes des filles de Niké, a deux fois déjà (une, je vous l’ai dite, l’autre, au cours de mon dernier passage, et l’une et l’autre, hélas, sans lendemain), tenté de m’être “agréable” de ce cô
Vente
jeudi 27 juin 2013・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris