Un ancien et beau masque de type okuyi connu dans toute la région sud-Gabon. Les masques okuyi, caractérisés par leur enduit de kaolin blanc, leurs lèvres rouges, les sourcils arqués vers le haut et les yeux mis-clos, sont un des éléments fondamentaux du principal cérémoniel initiatique des hommes dans toute l’aire culturelle du Sud-Gabon (Punu-Lumbu, Shira, Nzebi). Ils sont portés lors de la danse du Mukudj’ (aussi appelé Mukuyi ou Okuyi). Au cours de cette cérémonie le porteur du masque, juché sur des échasses, effectue une danse du matin jusque tard dans l’après-midi. Réalisées généralement lors de l’initiation des jeunes garçons, ces danses accompagnaient également d’autres moments forts de la communauté.
Les traits élégants du masque et sa blancheur évoque les pouvoirs bénéfiques de la «  femme ancêtre  » ou de la «  jeune femme morte  ». Aussi, le recours à un personnage féminin d’autorité est à mettre en relation avec l’importance des clans matrilinéaires dans la région. En Afrique équatoriale, si la symbolique de la couleur blanche du masque se rapporte au monde des esprits, la couleur des lèvres et des scarifications en rouge de padouk est une référence à la vie. En effet, le masque avait pour fonction liturgique de relier le monde des vivants au monde des morts. Il était également, comme a pu le souligner Louis Perrois, une référence à l’endogénéité ancestrale, manifestée par l’alternance et la combinaison de symboles, entre les scarifications sur les tempes, signe distinctif de masculinité, et le diadème féminin ornant le front.
Emblème incontournable des arts d’Afrique depuis la fin du XIXe siècle le corpus des masque Punu a été l’un des premiers célébrés par les modernistes.
Les lignes précieuses, fines et géométriques de ces masques ont en effet fasciné dès les origines de la découverte des arts africains et ont eu un impact notable sur les peintres modernes au premier rang desquels Picasso.
Ce masque de l’ancienne collection Sam Wagstaff s’inscrit admirablement dans le corpus okuyi et illustre à l’instar d’exemples connus (Coll. privée, exposé et publié dans Les Forêtes natales, Quai Branly : n° 314, p. 345 ou, entre autres, celui vendu chez Sotheby’s, Paris , 10 décembre 2014, n° 94) la beauté idéalisée du visage féminin. La pureté de ses lignes et le naturalisme de ses traits rendent un hommage saisissant à l’esthétique punu. 
Punu, Gabon
Bois, kaolin, pigments noir et rouge, usures anciennes, patine d’usage.
H. : 31 cm 

Provenance : 
- Collection Sam Wagstaff, New York, ca. 1970
- Merton Simpson, New York
- Nadine Vinot-Postry, Paris
- Johann Levy, Paris
- Collection privée, Paris
Live mercredi 25 juin 2025・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°81

Un ancien et beau masque de type okuyi connu dans toute la région sud-Gabon. Les masques okuyi, caractérisés par leur enduit de kaolin blanc, leurs lèvres rouges, les sourcils arqués vers le haut et les yeux mis-clos, sont un des éléments fondamentaux du principal cérémoniel initiatique des hommes dans toute l’aire culturelle du Sud-Gabon (Punu-Lumbu, Shira, Nzebi). Ils sont portés lors de la danse du Mukudj’ (aussi appelé Mukuyi ou Okuyi). Au cours de cette cérémonie le porteur du masque, juché sur des échasses, effectue une danse du matin jusque tard dans l’après-midi. Réalisées généralement lors de l’initiation des jeunes garçons, ces danses accompagnaient également d’autres moments forts de la communauté. Les traits élégants du masque et sa blancheur évoque les pouvoirs bénéfiques de la « femme ancêtre » ou de la « jeune femme morte ». Aussi, le recours à un personnage féminin d’autorité est à mettre en relation avec l’importance des clans matrilinéaires dans la région. En Afrique équatoriale, si la symbolique de la couleur blanche du masque se rapporte au monde des esprits, la couleur des lèvres et des scarifications en rouge de padouk est une référence à la vie. En effet, le masque avait pour fonction liturgique de relier le monde des vivants au monde des morts. Il était également, comme a pu le souligner Louis Perrois, une référence à l’endogénéité ancestrale, manifestée par l’alternance et la combinaison de symboles, entre les scarifications sur les tempes, signe distinctif de masculinité, et le diadème féminin ornant le front. Emblème incontournable des arts d’Afrique depuis la fin du XIXe siècle le corpus des masque Punu a été l’un des premiers célébrés par les modernistes. Les lignes précieuses, fines et géométriques de ces masques ont en effet fasciné dès les origines de la découverte des arts africains et ont eu un impact notable sur les peintres modernes au premier rang desquels Picasso. Ce masque de l’ancienne collection Sam Wagstaff s’inscrit admirablement dans le corpus okuyi et illustre à l’instar d’exemples connus (Coll. privée, exposé et publié dans Les Forêtes natales, Quai Branly : n° 314, p. 345 ou, entre autres, celui vendu chez Sotheby’s, Paris , 10 décembre 2014, n° 94) la beauté idéalisée du visage féminin. La pureté de ses lignes et le naturalisme de ses traits rendent un hommage saisissant à l’esthétique punu. Punu, Gabon Bois, kaolin, pigments noir et rouge, usures anciennes, patine d’usage. H. : 31 cm Provenance : - Collection Sam Wagstaff, New York, ca. 1970 - Merton Simpson, New York - Nadine Vinot-Postry, Paris - Johann Levy, Paris - Collection privée, Paris

Estimation
60 000 € - 80 000 €
Résultat
84 500 €
Frais de vente
30%
Un ancien et beau masque de type okuyi connu dans toute la région sud-Gabon. Les masques okuyi, caractérisés par leur enduit de kaolin blanc, leurs lèvres rouges, les sourcils arqués vers le haut et les yeux mis-clos, sont un des éléments fondamentaux du principal cérémoniel initiatique des hommes dans toute l’aire culturelle du Sud-Gabon (Punu-Lumbu, Shira, Nzebi). Ils sont portés lors de la danse du Mukudj’ (aussi appelé Mukuyi ou Okuyi). Au cours de cette cérémonie le porteur du masque, juché sur des échasses, effectue une danse du matin jusque tard dans l’après-midi. Réalisées généralement lors de l’initiation des jeunes garçons, ces danses accompagnaient également d’autres moments forts de la communauté. Les traits élégants du masque et sa blancheur évoque les pouvoirs bénéfiques de la « femme ancêtre » ou de la « jeune femme morte ». Aussi, le recours à un personnage féminin d’autorité est à mettre en relation avec l’importance des clans matrilinéaires dans la région. En Afrique équatoriale, si la symbolique de la couleur blanche du masque se rapporte au monde des esprits, la couleur des lèvres et des scarifications en rouge de padouk est une référence à la vie. En effet, le masque avait pour fonction liturgique de relier le monde des vivants au monde des morts. Il était également, comme a pu le souligner Louis Perrois, une référence à l’endogénéité ancestrale, manifestée par l’alternance et la combinaison de symboles, entre les scarifications sur les tempes, signe distinctif de masculinité, et le diadème féminin ornant le front. Emblème incontournable des arts d’Afrique depuis la fin du XIXe siècle le corpus des masque Punu a été l’un des premiers célébrés par les modernistes. Les lignes précieuses, fines et géométriques de ces masques ont en effet fasciné dès les origines de la découverte des arts africains et ont eu un impact notable sur les peintres modernes au premier rang desquels Picasso. Ce masque de l’ancienne collection Sam Wagstaff s’inscrit admirablement dans le corpus okuyi et illustre à l’instar d’exemples connus (Coll. privée, exposé et publié dans Les Forêtes natales, Quai Branly : n° 314, p. 345 ou, entre autres, celui vendu chez Sotheby’s, Paris , 10 décembre 2014, n° 94) la beauté idéalisée du visage féminin. La pureté de ses lignes et le naturalisme de ses traits rendent un hommage saisissant à l’esthétique punu. Punu, Gabon Bois, kaolin, pigments noir et rouge, usures anciennes, patine d’usage. H. : 31 cm Provenance : - Collection Sam Wagstaff, New York, ca. 1970 - Merton Simpson, New York - Nadine Vinot-Postry, Paris - Johann Levy, Paris - Collection privée, Paris
Vente mercredi 25 juin 2025・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris