Belle et ancienne statue féminine à la morphologie caractéristique de la statuaire des peuples de la région de la Ngounié au Sud Gabon (Eshira, Eveia, Pindji et Tsogho) se distingue par la grande qualité de sa sculpture et sa rare patine sombre et brillante, à reflets ocrés. La dynamique de la pose - jambes semi-fléchies accentuant la cambrure des reins, épaules tendues vers l’avant afin de libérer dans l’espace le mouvement des bras repliés devant l’abdomen - annonce la force et l’élégance de la tête. Chaque trait, depuis le cou étiré jusqu’aux ornements métalliques, en accentue l’impact visuel. La force du visage anguleux redouble dans l’acuité du regard - les larges yeux de cuivre profilés en oblique, la pupille signifiée. La forme rectangulaire du piétement, dans lequel se fond l’extrémité des jambes, pourrait suggérer que la sculpture ornait initialement le sommet d’un pilier votif ana-a-ndembe d’un temple du bwiti, la religion commune des peuples du centre et du sud du Gabon (cf. Gollnhofer, Sallée, Sillans, Art et artisanat tsogho, Musée des arts et traditions du Gabon, Orstom, 1975, p. 41, fig. 56). Chez les Tsogho de la région de Mimongo, ces piliers allant toujours par paire, mâle et femelle, étaient installés pour constituer une sorte d’autel au fond du sanctuaire ebanza, lors des cérémonies de deuil ghebenda. Ces représentations du couple primordial de l’humanité, Nzambe Kana, l’ancêtre mâle, et Disumba, l’ancêtre mère - appelées aussi gheonga pour les statues proprement dites -, étaient utilisées à l’occasion d’autres rites du bwiti (culte des ancêtres mombe ou pratiques thérapeutiques). Elle repose sur un socle de Kichizo Inagaki. Commentaire de Louis Perrois, avril 2013 Tsogho, Gabon Bois, incrustations métalliques dans les yeux, légère érosion de surface, fines fentes d’ancienneté, belle patine d’usageAncien numéro d’inventaire inscrit à l’encre blanche sous la base (n° 22). H. : 42 cm Provenance : - Charles Ratton, Paris - Collection Marceau Rivière, Paris Sotheby’s, Paris, 18 juin 2013, n° 100 - Collection privée, Paris Publications et Expositions : - Mont-de-Marsan, Musée Despiau-Wlérick, Belles d’Afrique, 25 janvier - 30 mars 2002
Estimation
18 000 € - 25 000 €
Résultat
39 000 €
Frais de vente
30%
Belle et ancienne statue féminine à la morphologie caractéristique de la statuaire des peuples de la région de la Ngounié au Sud Gabon (Eshira, Eveia, Pindji et Tsogho) se distingue par la grande qualité de sa sculpture et sa rare patine sombre et brillante, à reflets ocrés.
La dynamique de la pose - jambes semi-fléchies accentuant la cambrure des reins, épaules tendues vers l’avant afin de libérer dans l’espace le mouvement des bras repliés devant l’abdomen - annonce la force et l’élégance de la tête. Chaque trait, depuis le cou étiré jusqu’aux ornements métalliques, en accentue l’impact visuel. La force du visage anguleux redouble dans l’acuité du regard - les larges yeux de cuivre profilés en oblique, la pupille signifiée. La forme rectangulaire du piétement, dans lequel se fond l’extrémité des jambes, pourrait suggérer que la sculpture ornait initialement le sommet d’un pilier votif ana-a-ndembe d’un temple du bwiti, la religion commune des peuples du centre et du sud du Gabon (cf. Gollnhofer, Sallée, Sillans, Art et artisanat tsogho, Musée des arts et traditions du Gabon, Orstom, 1975, p. 41, fig. 56). Chez les Tsogho de la région de Mimongo, ces piliers allant toujours par paire, mâle et femelle, étaient installés pour constituer une sorte d’autel au fond du sanctuaire ebanza, lors des cérémonies de deuil ghebenda. Ces représentations du couple primordial de l’humanité, Nzambe Kana, l’ancêtre mâle, et Disumba, l’ancêtre mère - appelées aussi gheonga pour les statues proprement dites -, étaient utilisées à l’occasion d’autres rites du bwiti (culte des ancêtres mombe ou pratiques thérapeutiques). Elle repose sur un socle de Kichizo Inagaki.
Commentaire de Louis Perrois, avril 2013
Tsogho, Gabon
Bois, incrustations métalliques dans les yeux, légère érosion de surface, fines fentes d’ancienneté, belle patine d’usageAncien numéro d’inventaire inscrit à l’encre blanche sous la base (n° 22).
H. : 42 cm
Provenance :
- Charles Ratton, Paris
- Collection Marceau Rivière, Paris
Sotheby’s, Paris, 18 juin 2013, n° 100
- Collection privée, Paris
Publications et Expositions :
- Mont-de-Marsan, Musée Despiau-Wlérick, Belles d’Afrique, 25 janvier - 30 mars 2002
Vente
mercredi 25 juin 2025・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris