Henry de Groux (1866-1930) Le Christ aux outrages. 1926. Eau-forte. 795 x 640. Belle épreuve sur vélin mince chamois, largement rehaussée à la gouache et à l’encre dorée et argentée pailletée, titrée au crayon brun puis signée et datée au crayon rouge (la signature passée). Oxydation marquée autour du sujet. Plusieurs déchirures aux bords du feuillet, certaines pénétrant dans le sujet, consolidées au verso. Une petite fracture verticale dans le sujet, consolidée au verso. Toutes marges. Cette gravure est dérivée du tableau éponyme datant de 1888-1889, conservé au musée Calvet d’Avignon, qui valut à l’artiste une soudaine notoriété tant à Paris qu’à Bruxelles. L’artiste en produisit plus tard d’autres versions dont une, non datée, est conservée au musée d’Orsay et une autre, datée de 1925, est conservée aux Musées royaux des Beaux-arts de Bruxelles. « Il s’agit incontestablement d’un jalon important du symbolisme pictural, comme en témoigne une fortune critique sans beaucoup d’équivalents à l’époque ». (R. Rapetti, « Un chef-d’œuvre pour ces temps d’incertitude : Le Christ aux outrages d’Henry de Groux », in La Revue de l’Art, 1992, n° 96, p. 40). Le tableau inspira Ensor pour son Homme des douleurs. La gravure enluminée à l’instar de l’imagerie médiévale est un rendu fidèle des versions peintes et, comme les toiles, elle évoque à la fois Rubens, Delacroix et les maîtres flamands tels que Bosch et Bruegel, tout en déroulant un imaginaire foisonnant digne des surréalistes. « … l’œuvre fut d’emblée perçue comme répondant aux préoccupations profondes de l’époque, au point que les critiques les plus significatifs considèrent de Groux comme un artiste génial. Peut-être cette absence de méthode constitutive, cette attitude comme à l’écart des formes répertoriées, alliées à un impact expressif remettant en cause la rhétorique picturale incarnaient-elles, tout ensemble, les hésitations d’une période de conflits stylistiques et l’étendue de ses vastes aspirations : celles d’une peinture symboliste à laquelle aucune évocation n’était interdite. Camille Mauclair résuma en une phrase la situation du Christ aux outrages dans son époque : «Un chef-d’œuvre pour ces temps d’incertitude». » (R. Rapetti, op. cit., p. 48).
Estimation
1 000 € - 1 200 €
Résultat
2 860 €
Frais de vente
30%
Henry de Groux (1866-1930)
Le Christ aux outrages. 1926. Eau-forte. 795 x 640. Belle épreuve sur vélin mince chamois, largement rehaussée à la gouache et à l’encre dorée et argentée pailletée, titrée au crayon brun puis signée et datée au crayon rouge (la signature passée). Oxydation marquée autour du sujet. Plusieurs déchirures aux bords du feuillet, certaines pénétrant dans le sujet, consolidées au verso. Une petite fracture verticale dans le sujet, consolidée au verso. Toutes marges.
Cette gravure est dérivée du tableau éponyme datant de 1888-1889, conservé au musée Calvet d’Avignon, qui valut à l’artiste une soudaine notoriété tant à Paris qu’à Bruxelles. L’artiste en produisit plus tard d’autres versions dont une, non datée, est conservée au musée d’Orsay et une autre, datée de 1925, est conservée aux Musées royaux des Beaux-arts de Bruxelles. « Il s’agit incontestablement d’un jalon important du symbolisme pictural, comme en témoigne une fortune critique sans beaucoup d’équivalents à l’époque ». (R. Rapetti, « Un chef-d’œuvre pour ces temps d’incertitude : Le Christ aux outrages d’Henry de Groux », in La Revue de l’Art, 1992, n° 96, p. 40). Le tableau inspira Ensor pour son Homme des douleurs. La gravure enluminée à l’instar de l’imagerie médiévale est un rendu fidèle des versions peintes et, comme les toiles, elle évoque à la fois Rubens, Delacroix et les maîtres flamands tels que Bosch et Bruegel, tout en déroulant un imaginaire foisonnant digne des surréalistes. « … l’œuvre fut d’emblée perçue comme répondant aux préoccupations profondes de l’époque, au point que les critiques les plus significatifs considèrent de Groux comme un artiste génial. Peut-être cette absence de méthode constitutive, cette attitude comme à l’écart des formes répertoriées, alliées à un impact expressif remettant en cause la rhétorique picturale incarnaient-elles, tout ensemble, les hésitations d’une période de conflits stylistiques et l’étendue de ses vastes aspirations : celles d’une peinture symboliste à laquelle aucune évocation n’était interdite. Camille Mauclair résuma en une phrase la situation du Christ aux outrages dans son époque : «Un chef-d’œuvre pour ces temps d’incertitude». » (R. Rapetti, op. cit., p. 48).
Vente
mercredi 28 mai 2025・14:00 (Europe/Paris)
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3, rue Favart
75002 Paris