Frédéric BAZILLE (1841-1870) Fin d’un après-midi d’été ou Portrait de Louise Westphal, 1866-67 Huile sur toile. Non signée. (Restauration). 59.5 x 51.5 cm Provenance : René Leenhardt, cousin de la famille Bazille. Par succession, ses descendants Idelette Leenhardt et Alexandre Westphal. Par descendance jusqu’à aujourd’hui. Un certificat de Monsieur Michel Schulman, en date du 21 janvier 2022, sera remis à l’acquéreur. L’oeuvre est répertoriée dans le catalogue raisonné numérique de Frédéric Bazille par Michel Schulman, sous le n° 89 : www.bazille-catalogue.com « Il y a beaucoup de lumière, de soleil, il cherche ce que nous avons si souvent cherché : mettre une figure en plein air » écrivait Berthe Morisot à sa sœur le 1er mai 1869. À travers ces mots, l’artiste touchait sans doute du doigt la singularité qui se dégage de la courte carrière du peintre Frédéric Bazille. Natif de Montpellier, Bazille est issu de la haute bourgeoisie protestante locale, constituée de grandes familles de notables unies par les liens étroits du mariage, notamment entre les familles Bazille, Castelnau, Leenhardt et Westphal. Son père, avocat devenu agronome et entrepreneur viticole, est investi dans la vie politique locale avant de devenir sénateur. Bazille s’installe à Paris en 1862, vivant et travaillant sa technique avec ses amis et compagnons d’atelier que sont notamment Renoir, Manet puis Monet. Le peintre s’évade chaque été de la capitale pour retrouver son pays languedocien durant de longs séjours. Le domaine de Méric ainsi que la Villa Louise voisine, importantes propriétés situées en périphérie de Montpellier, accueillent certaines réunions estivales des familles précédemment citées, durant lesquelles le jeune artiste y retrouve paix et inspiration avant de s’exercer à marier peinture de plein air et peinture de portrait : comme le souligne François Daulte dans son ouvrage Frédéric Bazille et son temps, « cette nouvelle manière de faire répondait à une double exigence : d’une part, une volonté de peindre plus clair, plus lumineux et, d’autre part, un désir d’associer à des éléments de poésie éternelle une image juste de la vie contemporaine1 ». Au cœur de sa rare production artistique (environ 60 œuvres en moins de 8 ans), les tableaux La Terrasse de Méric, 1867, la Réunion de famille, 1868 ou encore Vue de village, 1868, marquent cette recherche d’une peinture libérée d’un académisme désuet : graduation des teintes et des tons, travail sur le motif, disparition progressive des contours nets, actant ainsi les prémisses de l’impressionnisme. Fin d’un après-midi d’été s’inscrit dans cette même lignée. Le spécialiste Michel Schulman a authentifié notre œuvre avant d’approuver la nouvelle identification du modèle. Le tableau ayant demeuré jusqu’à nos jours au sein de la famille Westphal, cousine des Bazille, l’identité de la jeune femme a toutefois longtemps été questionnée. De récentes découvertes dans les archives photographiques familiales nous permettent d’affirmer que le modèle s’avère être l’une des lointaines jeunes cousines de l’artiste, Louise, alors âgée de 15 ans. Ce tableau intimiste, destiné à être exposé dans l’environnement familial, s’éloigne du traitement académique et hiératique alors réservé aux autres œuvres présentées au Salon. Le cadrage et la mise en scène sont très similaires au portrait intitulé Thérèse lisant dans le parc de Méric et réalisé en 1867, comme en témoigne le traitement du plissement de la robe. En outre, la version finale de notre tableau présente le sujet assis sur un banc, quand les analyses radiographiques réalisées par le C2RMF ont montré que ce banc était à l’origine une chaise en osier, identique à celle du tableau Thérèse lisant. Nous retrouvons ce même banc dans certaines œuvres que Frédéric Bazille réalise à cette époque dans la vieille propriété, à l’instar de son célèbre tableau La Réunion de famille ou Les Lauriers-roses. Notre jeune femme, assise au cœur du jardin, sa lecture suspendue par ses pensées, est la représentation d’une poésie intimiste : l'art de traduire, par une technique nouvelle, le momentané et le fugitif en saisissant picturalement la fraîcheur spontanée de l’instant. La création de l'atmosphère - l'impression - dans ce tableau pose ainsi les jalons de l’impressionnisme naissant. Pour de plus amples détails sur l'œuvre, se référer au catalogue PDF.
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Frédéric BAZILLE (1841-1870)
Fin d’un après-midi d’été ou Portrait de Louise Westphal, 1866-67
Huile sur toile.
Non signée.
(Restauration).
59.5 x 51.5 cm
Provenance :
René Leenhardt, cousin de la famille Bazille. Par succession, ses descendants Idelette Leenhardt et Alexandre Westphal. Par descendance jusqu’à aujourd’hui.
Un certificat de Monsieur Michel Schulman, en date du 21 janvier 2022, sera remis à l’acquéreur. L’oeuvre est répertoriée dans le catalogue raisonné numérique de Frédéric Bazille par Michel Schulman, sous le n° 89 : www.bazille-catalogue.com
« Il y a beaucoup de lumière, de soleil, il cherche ce que nous avons si souvent cherché : mettre une figure en plein air » écrivait Berthe Morisot à sa sœur le 1er mai 1869. À travers ces mots, l’artiste touchait sans doute du doigt la singularité qui se dégage de la courte carrière du peintre Frédéric Bazille.
Natif de Montpellier, Bazille est issu de la haute bourgeoisie protestante locale, constituée de grandes familles de notables unies par les liens étroits du mariage, notamment entre les familles Bazille, Castelnau, Leenhardt et Westphal. Son père, avocat devenu agronome et entrepreneur viticole, est investi dans la vie politique locale avant de devenir sénateur.
Bazille s’installe à Paris en 1862, vivant et travaillant sa technique avec ses amis et compagnons d’atelier que sont notamment Renoir, Manet puis Monet. Le peintre s’évade chaque été de la capitale pour retrouver son pays languedocien durant de longs séjours. Le domaine de Méric ainsi que la Villa Louise voisine, importantes propriétés situées en périphérie de Montpellier, accueillent certaines réunions estivales des familles précédemment citées, durant lesquelles le jeune artiste y retrouve paix et inspiration avant de s’exercer à marier peinture de plein air et peinture de portrait : comme le souligne François Daulte dans son ouvrage Frédéric Bazille et son temps, « cette nouvelle manière de faire répondait à une double exigence : d’une part, une volonté de peindre plus clair, plus lumineux et, d’autre part, un désir d’associer à des éléments de poésie éternelle une image juste de la vie contemporaine1 ». Au cœur de sa rare production artistique (environ 60 œuvres en moins de 8 ans), les tableaux La Terrasse de Méric, 1867, la Réunion de famille, 1868 ou encore Vue de village, 1868, marquent cette recherche d’une peinture libérée d’un académisme désuet : graduation des teintes et des tons, travail sur le motif, disparition progressive des contours nets, actant ainsi les prémisses de l’impressionnisme. Fin d’un après-midi d’été s’inscrit dans cette même lignée.
Le spécialiste Michel Schulman a authentifié notre œuvre avant d’approuver la nouvelle identification du modèle. Le tableau ayant demeuré jusqu’à nos jours au sein de la famille Westphal, cousine des Bazille, l’identité de la jeune femme a toutefois longtemps été questionnée. De récentes découvertes dans les archives photographiques familiales nous permettent d’affirmer que le modèle s’avère être l’une des lointaines jeunes cousines de l’artiste, Louise, alors âgée de 15 ans. Ce tableau intimiste, destiné à être exposé dans l’environnement familial, s’éloigne du traitement académique et hiératique alors réservé aux autres œuvres présentées au Salon. Le cadrage et la mise en scène sont très similaires au portrait intitulé Thérèse lisant dans le parc de Méric et réalisé en 1867, comme en témoigne le traitement du plissement de la robe. En outre, la version finale de notre tableau présente le sujet assis sur un banc, quand les analyses radiographiques réalisées par le C2RMF ont montré que ce banc était à l’origine une chaise en osier, identique à celle du tableau Thérèse lisant. Nous retrouvons ce même banc dans certaines œuvres que Frédéric Bazille réalise à cette époque dans la vieille propriété, à l’instar de son célèbre tableau La Réunion de famille ou Les Lauriers-roses. Notre jeune femme, assise au cœur du jardin, sa lecture suspendue par ses pensées, est la représentation d’une poésie intimiste : l'art de traduire, par une technique nouvelle, le momentané et le fugitif en saisissant picturalement la fraîcheur spontanée de l’instant. La création de l'atmosphère - l'impression - dans ce tableau pose ainsi les jalons de l’impressionnisme naissant.
Pour de plus amples détails sur l'œuvre, se référer au catalogue PDF.
Vente
mardi 27 mai 2025・14:00 (Europe/Paris)
Salle 5 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris