Henry de MONTHERLANT
[L?honnêteté de Don Alvaro]. Manuscrit autographe; 4 pages in-4, avec de nombreuses ratures et corrections. Intéressante analyse du personnage de Don Alvaro, héros de la pièce Le Maître de Santiago; le début de ce manuscrit très corrigé se retrouve dans les premières lignes du texte «Alvaro et l?honnêteté» publié en annexe de la pièce dans le Théâtre (Pléiade, p. 550), mais la suite est toute différente. {CR} Don Alvaro «est avant tout quelqu?un qui a besoin d?honnêteté. Son besoin d?honnêteté a quelque chose de dramatique, si l?on songe à quoi mène l?honnêteté. L?honnêteté est une croix, sous laquelle on s?effondre, parmi les quolibets et les crachats des autres. Ensuite ils vous y clouent, et on y meurt»... Montherlant explique pourquoi il écrit des pièces à sujet catholique, alors qu?il n?a pas la foi: «Un sentiment très fort, obsédant, de l?inanité, de l?inutilité et de l?absurde de presque tout m?a dominé depuis ma jeunesse: je l?ai exprimé à vingt-cinq ans dans certaines pages du Songe, puis dans Aux Fontaines du Désir, puis dans Service inutile, et il sera plus âprement encore un des thèmes de ma prochaine pièce, Le Cardinal d?Espagne. Ce n?est pas une vue du monde bien originale: c?est celle de l?Ecclésiaste; seulement j?en suis imprégné; je la vis. J?aime mettre en scène des gens qui sont morts au siècle, ou qui aspirent à l?être: Alvaro, les soeurs de Port-Royal, le cardinal Cisneros, la reine Jeanne de Castille; eux, je sais toujours comment les faire parler; cela coule de source. Cette disposition est appelée par les chrétiens le "mépris du monde", et elle est essentielle dans tout chrétien digne de ce nom. De là que, au départ, je suis porté vers quelque religion ou quelque philosophie que ce soit qui considère le monde du même oeil, et porté en conséquence vers le christianisme. Je partage avec le chrétien tout ce qu?il rejette»... Etc
Live jeudi 21 mars 2013・11:00 (Europe/Paris)
Lot n°399

Henry de MONTHERLANT [L?honnêteté de Don Alvaro]. Manuscrit autographe; 4 pages in-4, avec de nombreuses ratures et corrections. Intéressante analyse du personnage de Don Alvaro, héros de la pièce Le Maître de Santiago; le début de ce manuscrit très corrigé se retrouve dans les premières lignes du texte «Alvaro et l?honnêteté» publié en annexe de la pièce dans le Théâtre (Pléiade, p. 550), mais la suite est toute différente. {CR} Don Alvaro «est avant tout quelqu?un qui a besoin d?honnêteté. Son besoin d?honnêteté a quelque chose de dramatique, si l?on songe à quoi mène l?honnêteté. L?honnêteté est une croix, sous laquelle on s?effondre, parmi les quolibets et les crachats des autres. Ensuite ils vous y clouent, et on y meurt»... Montherlant explique pourquoi il écrit des pièces à sujet catholique, alors qu?il n?a pas la foi: «Un sentiment très fort, obsédant, de l?inanité, de l?inutilité et de l?absurde de presque tout m?a dominé depuis ma jeunesse: je l?ai exprimé à vingt-cinq ans dans certaines pages du Songe, puis dans Aux Fontaines du Désir, puis dans Service inutile, et il sera plus âprement encore un des thèmes de ma prochaine pièce, Le Cardinal d?Espagne. Ce n?est pas une vue du monde bien originale: c?est celle de l?Ecclésiaste; seulement j?en suis imprégné; je la vis. J?aime mettre en scène des gens qui sont morts au siècle, ou qui aspirent à l?être: Alvaro, les soeurs de Port-Royal, le cardinal Cisneros, la reine Jeanne de Castille; eux, je sais toujours comment les faire parler; cela coule de source. Cette disposition est appelée par les chrétiens le "mépris du monde", et elle est essentielle dans tout chrétien digne de ce nom. De là que, au départ, je suis porté vers quelque religion ou quelque philosophie que ce soit qui considère le monde du même oeil, et porté en conséquence vers le christianisme. Je partage avec le chrétien tout ce qu?il rejette»... Etc

Estimation
400 € - 500 €
Résultat
Non vendu
Frais de vente
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Henry de MONTHERLANT [L?honnêteté de Don Alvaro]. Manuscrit autographe; 4 pages in-4, avec de nombreuses ratures et corrections. Intéressante analyse du personnage de Don Alvaro, héros de la pièce Le Maître de Santiago; le début de ce manuscrit très corrigé se retrouve dans les premières lignes du texte «Alvaro et l?honnêteté» publié en annexe de la pièce dans le Théâtre (Pléiade, p. 550), mais la suite est toute différente. {CR} Don Alvaro «est avant tout quelqu?un qui a besoin d?honnêteté. Son besoin d?honnêteté a quelque chose de dramatique, si l?on songe à quoi mène l?honnêteté. L?honnêteté est une croix, sous laquelle on s?effondre, parmi les quolibets et les crachats des autres. Ensuite ils vous y clouent, et on y meurt»... Montherlant explique pourquoi il écrit des pièces à sujet catholique, alors qu?il n?a pas la foi: «Un sentiment très fort, obsédant, de l?inanité, de l?inutilité et de l?absurde de presque tout m?a dominé depuis ma jeunesse: je l?ai exprimé à vingt-cinq ans dans certaines pages du Songe, puis dans Aux Fontaines du Désir, puis dans Service inutile, et il sera plus âprement encore un des thèmes de ma prochaine pièce, Le Cardinal d?Espagne. Ce n?est pas une vue du monde bien originale: c?est celle de l?Ecclésiaste; seulement j?en suis imprégné; je la vis. J?aime mettre en scène des gens qui sont morts au siècle, ou qui aspirent à l?être: Alvaro, les soeurs de Port-Royal, le cardinal Cisneros, la reine Jeanne de Castille; eux, je sais toujours comment les faire parler; cela coule de source. Cette disposition est appelée par les chrétiens le "mépris du monde", et elle est essentielle dans tout chrétien digne de ce nom. De là que, au départ, je suis porté vers quelque religion ou quelque philosophie que ce soit qui considère le monde du même oeil, et porté en conséquence vers le christianisme. Je partage avec le chrétien tout ce qu?il rejette»... Etc
Vente jeudi 21 mars 2013・11:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris