Henry de MONTHERLANT Les Prisonniers, [août 1940]. Manuscrit autographe; 10 pages et demie in-4 avec ratures et corrections. Important texte rédigé en août 1940, publié le 1er avril 1941 dans la Nouvelle Revue Française, et recueilli en 1953 dans Textes sous une occupation (Essais, Pléiade, p. 1423-1430). {CR} Montherlant rapporte les propos d?un blessé et prisonnier de guerre, obsédé par la situation dans laquelle se trouvent ses enfants et sa femme dont il est sans nouvelles... «Alors il m?apparut tel que le vieux Priam allant réclamer le corps de son fils à Hector qui l?a tué, ou encore comme ce chevalier polonais, personnage d?un des romans de Sienkiewicz, que l?ennemi fait attendre pendant des journées et des nuits, sous la neige, au pied d?un château-fort, et qui accepte tout, parce que l?ennemi lui a fait entendre qu?il lui laisserait peut-être apercevoir sa fille, prisonnière dans le château-fort. Et je me disais que dans cette démission de tout, par amour pour son enfant, qu?elle fût chez ce bourgeois de France ou chez le dur chevalier polonais, il y avait quelque chose de plus maternel que paternel. Mais il y a de la mère dans tout ce qui aime. [...] Je songeais aussi que peut-être, à cette heure, sa femme et ses enfants étaient très heureux (obstinément, il les imaginait malheureux). Je songeais encore que peut-être toute sa souffrance présente n?était rien auprès de sa souffrance de déception, le jour où ils seraient enfin réunis. [...] La forme merveilleuse de l?amour, c?est d?aimer sans qu?on vous le rende en proportion et de n?en souffrir pas»... Il termine par une réflexion sur l?esprit de famille et l?amour de la patrie: «L?amour de la famille devra être surveillé, parce que son excès peut devenir une menace contre la patrie»... Etc
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Henry de MONTHERLANT
Les Prisonniers, [août 1940]. Manuscrit autographe; 10 pages et demie in-4 avec ratures et corrections. Important texte rédigé en août 1940, publié le 1er avril 1941 dans la Nouvelle Revue Française, et recueilli en 1953 dans Textes sous une occupation (Essais, Pléiade, p. 1423-1430). {CR} Montherlant rapporte les propos d?un blessé et prisonnier de guerre, obsédé par la situation dans laquelle se trouvent ses enfants et sa femme dont il est sans nouvelles... «Alors il m?apparut tel que le vieux Priam allant réclamer le corps de son fils à Hector qui l?a tué, ou encore comme ce chevalier polonais, personnage d?un des romans de Sienkiewicz, que l?ennemi fait attendre pendant des journées et des nuits, sous la neige, au pied d?un château-fort, et qui accepte tout, parce que l?ennemi lui a fait entendre qu?il lui laisserait peut-être apercevoir sa fille, prisonnière dans le château-fort. Et je me disais que dans cette démission de tout, par amour pour son enfant, qu?elle fût chez ce bourgeois de France ou chez le dur chevalier polonais, il y avait quelque chose de plus maternel que paternel. Mais il y a de la mère dans tout ce qui aime. [...] Je songeais aussi que peut-être, à cette heure, sa femme et ses enfants étaient très heureux (obstinément, il les imaginait malheureux). Je songeais encore que peut-être toute sa souffrance présente n?était rien auprès de sa souffrance de déception, le jour où ils seraient enfin réunis. [...] La forme merveilleuse de l?amour, c?est d?aimer sans qu?on vous le rende en proportion et de n?en souffrir pas»... Il termine par une réflexion sur l?esprit de famille et l?amour de la patrie: «L?amour de la famille devra être surveillé, parce que son excès peut devenir une menace contre la patrie»... Etc
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jeudi 21 mars 2013・11:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris