Live jeudi 10 avril 2025・17:00 (Europe/Paris)
Lot n°236

Edward Weston (1886-1958) Nude (Charis, Santa Monica), 1936. Épreuve argentique, tirée par Cole Weston (c. 1970), contrecollée sur carton, signée, titrée et datée par Cole Weston au crayon avec le numéro de négatif " 227N " au verso du montage avec le tampon " Negative by - Edward Weston " et " Print by [Cole Weston] ". 24,2 x 19 cm Bibliographie : - Nancy Newhall, Edward Weston, Photographer, New York, Grossman, 1965, pg. 60. - Charis Wilson, Edward Weston Nudes, Aperture, 1977, p. 82. - Amy Conger, Edward Weston: Photographs from the Collection of the Center for Creative Photography, 1992, fig. 968. - Matthieu Humery, 100 chefs-d'œuvre de la photographie. Collection Pinault, Dilecta, 2024, couverture. Pourquoi certaines images deviennent des icônes prescriptrices, maintes fois reproduites, inspirant des générations d'artistes ? Si la réponse se situe souvent dans l'intrication d'enjeux socio-culturels et médiatiques en partie insaisissables, elle est parfois plus évidente tant l'œuvre concernée marque l'aboutissement formel d'un cheminement créatif fondateur. C'est le cas de cette photographie d'Edward Weston représentant sa seconde épouse, Charis Wilson, assise à même le sol, sur le balcon de leur maison de Santa Monica en Californie. De l'étude obsessionnelle des nautilus aux abstractions charnelles de Miriam Lerner, des raccourcis saisissants des nus de Tina Modotti à la théorisation du mouvement f/64, la quête moderne de pureté optique du photographe s'exprime pleinement dans cette image. Jambes croisées et repliées, perspectives aplaties, coiffure géométrique en guise de visage : les qualités plastiques du corps anonymisé sont en réalité l'occasion d'affirmer les spécificités physiques propres du médium. En 1970, lors de la première édition des Rencontres photographiques, et sous la houlette de Lucien Clergue, 36 épreuves d'Edward Weston y sont exposées. On réalise rétrospectivement qu'il s'agissait pour l'arlésien de présenter l'œuvre peu connue en France d'un photographe pourtant majeur, tout en revendiquant l'influence déterminante de ce travail sur le sien. Preuve de son admiration constante, il mène en 1989 - 30 ans après la disparition d'Edward Weston - une interview de Charis Wilson chez elle à Santa Cruz. En 2019, pour la 50e édition du festival, Sam Stourdzé - alors directeur de la manifestation - confronte les tirages des deux hommes à partir de la sélection historique. Qu'il s'agisse de nus ou de natures mortes, on discerne clairement l'écho des recherches esthétiques et intellectuelles d'Edward Weston dans celles de Lucien Clergue, qui s'en saisi pour élaborer son propre langage photographique (l'emploi du terme langage a rarement été aussi adapté).La présence de ce tirage dans sa collection est à voir comme l'expression sensible et complexe de ce que procure pour un artiste la possession de l'œuvre d'un de ses modèles.

Estimation
4 000 € - 6 000 €
Résultat
24 700 €
Frais de vente
30%
Edward Weston (1886-1958) Nude (Charis, Santa Monica), 1936. Épreuve argentique, tirée par Cole Weston (c. 1970), contrecollée sur carton, signée, titrée et datée par Cole Weston au crayon avec le numéro de négatif " 227N " au verso du montage avec le tampon " Negative by - Edward Weston " et " Print by [Cole Weston] ". 24,2 x 19 cm Bibliographie : - Nancy Newhall, Edward Weston, Photographer, New York, Grossman, 1965, pg. 60. - Charis Wilson, Edward Weston Nudes, Aperture, 1977, p. 82. - Amy Conger, Edward Weston: Photographs from the Collection of the Center for Creative Photography, 1992, fig. 968. - Matthieu Humery, 100 chefs-d'œuvre de la photographie. Collection Pinault, Dilecta, 2024, couverture. Pourquoi certaines images deviennent des icônes prescriptrices, maintes fois reproduites, inspirant des générations d'artistes ? Si la réponse se situe souvent dans l'intrication d'enjeux socio-culturels et médiatiques en partie insaisissables, elle est parfois plus évidente tant l'œuvre concernée marque l'aboutissement formel d'un cheminement créatif fondateur. C'est le cas de cette photographie d'Edward Weston représentant sa seconde épouse, Charis Wilson, assise à même le sol, sur le balcon de leur maison de Santa Monica en Californie. De l'étude obsessionnelle des nautilus aux abstractions charnelles de Miriam Lerner, des raccourcis saisissants des nus de Tina Modotti à la théorisation du mouvement f/64, la quête moderne de pureté optique du photographe s'exprime pleinement dans cette image. Jambes croisées et repliées, perspectives aplaties, coiffure géométrique en guise de visage : les qualités plastiques du corps anonymisé sont en réalité l'occasion d'affirmer les spécificités physiques propres du médium. En 1970, lors de la première édition des Rencontres photographiques, et sous la houlette de Lucien Clergue, 36 épreuves d'Edward Weston y sont exposées. On réalise rétrospectivement qu'il s'agissait pour l'arlésien de présenter l'œuvre peu connue en France d'un photographe pourtant majeur, tout en revendiquant l'influence déterminante de ce travail sur le sien. Preuve de son admiration constante, il mène en 1989 - 30 ans après la disparition d'Edward Weston - une interview de Charis Wilson chez elle à Santa Cruz. En 2019, pour la 50e édition du festival, Sam Stourdzé - alors directeur de la manifestation - confronte les tirages des deux hommes à partir de la sélection historique. Qu'il s'agisse de nus ou de natures mortes, on discerne clairement l'écho des recherches esthétiques et intellectuelles d'Edward Weston dans celles de Lucien Clergue, qui s'en saisi pour élaborer son propre langage photographique (l'emploi du terme langage a rarement été aussi adapté).La présence de ce tirage dans sa collection est à voir comme l'expression sensible et complexe de ce que procure pour un artiste la possession de l'œuvre d'un de ses modèles.
Vente jeudi 10 avril 2025・17:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 17, rue de la Grange-Batelière 75009 Paris