André LEBEY (1877-1938). 39 L.A.S., 1894-1918, à Pierre Louÿs; 84pages formats divers, dont 2 cartes postales, enveloppes et adresses.
Belle correspondance amicale et littéraire. 
La première lettre est écrite de Dieppe en 1894 alors que Louÿs est en Algérie; Régnier a appris à Lebey que Louÿs avait «fait un rapt dangereux; si j’étais du dix-huitième, je dirais votre aventure piquante»… – 6 octobre 1895, invitation de Jean de Tinan à venir dîner au d’Harcourt, Louÿs pourra «y amener toutes les Madeleines du monde ou d’autres bébés»…
1896. – 23 mars, projet de rencontre avec Tinan. –16 juin. «Le récit des aventures stellaires est trop long pour être raconté par lettre»… – 27 août (Louÿs est à Séville). Lebey termine son roman «cahin-caha en baillant»; il se plaint des femmes, assommantes… – 30 août, il vient d’achever Les Premières Luttes; Tinan est à Jumièges… «Melle Stella – Pétrole de luxe pour les amateurs de lampe, pneumatique, pour les amateurs de bicyclette écrit à son ancien amant […] et se console en se faisant tirer un tout autre coup de pistolet que celui dont elle avait parlé par les pistoletiers habituels du régiment d’Harcourt»… Nouvelles d’Henri Albert, de Viélé-Griffin… – 6 septembre. Il a «passé la nuit avec une vague Juliette – une nouvelle – aux petits nichons»; scène de Stella… Il part pour la Normandie écrire un petit roman, Les Étapes sentimentales de mon ami»… À propos de La Femme et le Pantin: «Bravo pour Conchita! Dis lui que je l’aime de loin, – et amène la donc à Paris cet hiver»… – 3 décembre (à en-tête de Pan): «Tu es à la fois trop aimable et trop indulgent; tu vois toujours ton ami à travers l’auteur. Je serais trop heureux si vraiment je pouvais croire sans trop m’illusionner que mon livre n’est pas tout à fait mauvais!»… – 26 décembre. Il vit la nuit: «Comme dit si bien Tinan: nous tomberons par la queue comme les poires!»; correction des épreuves de son livre… «Travaille à l’Andalouse – alias Sevillanne»…
1897. – 1er janvier (Louÿs est en Algérie). Vadrouilles montmartroises de Tinan et Lebey: «on ne pourra pas dire que nous n’avons pas agité notre vie, v-i-e avant de nous en servir!»… – 9 janvier. Il est heureux que Louÿs accepte la dédicace de son prochain livre, il est en pleine correction. «Les Aphrodites de Calbet font merveille aux devantures»… – 2 février. Il a dû donner le bon à tirer (prière d’insérer des Premières Luttes joint)… «je t’en supplie, ne laisse pas l’Andalouse ainsi en rade; on en parle déjà à Paris et tu te dois à la “gloire” – je ne ris pas – de ne pas nous revenir la serviette vide»; conseils pour soigner une maladie vénérienne… – 9 février. Inquiétudes pour la santé de Louÿs. – 5 juin, adressée à «Monsieur de Ronsard. Je ne suis qu’un simple lecteur mais je voulais vous faire part de toute l’admiration vouée par moi à vos amours de Marie. Ce sont des vers fort beaux, ma foi, bien qu’inspirés beaucoup de Mr Moréas». – 23 octobre. Sur Jean de Tinan: «Son cœur est le bûcher permanent de mille Phénix d’amour, qui se succèdent avec une rapidité tout de même un peu choquante […] Quand parait Bilitis? Travailles-tu à l’Andalouse?»…
18 décembre 1898. Il vient de relire La Femme et le Pantin: «Comme c’est bien et comme tu es gentil de me l’avoir dédiée»… Il a eu une explication avec Debussy. – 2 avril 1900: «tu es mon ami – complètement. Je déteste encore plus que toi la morale protestante, car j’exècre en même temps ta mère: le christianisme et ta sœur rouge: le christianisme; et ça date de loin»… – Novembre 1900, priant Louÿs de recommander le roman de Toulet chez Borel. – 27 avril 1901. Il rappelle la promesse d’un «paquet d’épreuve de Pausole». Amusant commentaire du salon des Indépendants, et des tableaux du Douanier Rousseau: «Il y a un douanier tyrolien irrésistible tirant sur un ours et faisant apparaître une femme nue. C’est génial». – 27 juin 1901, sur l’Homme de pourpre et Pausole. – [1902?]. Brouille: «Ta lettre me montre que la dislocation d’une amitié de huit ans n’est pas grand-chose à tes yeux. […] Bien que tu m’aies qualifié d’assassin avec une certaine aigreur incompréhensible, je ne saurais pour ma part détruire par morceaux et petit à petit l’affection totale et profonde que j’ai pour toi»… – 30 avril 1907, longue lettre de réconfort moral et de conseils… Etc.
On joint 3 L.A.S. de Pierre Louÿs à André Lebey (1918), plus la reproduction d’une photographie de Louÿs dédicacée à André Lebey (tampon H. Martinie).
Live jeudi 13 février 2025・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°206

André LEBEY (1877-1938). 39 L.A.S., 1894-1918, à Pierre Louÿs; 84pages formats divers, dont 2 cartes postales, enveloppes et adresses. Belle correspondance amicale et littéraire. La première lettre est écrite de Dieppe en 1894 alors que Louÿs est en Algérie; Régnier a appris à Lebey que Louÿs avait «fait un rapt dangereux; si j’étais du dix-huitième, je dirais votre aventure piquante»… – 6 octobre 1895, invitation de Jean de Tinan à venir dîner au d’Harcourt, Louÿs pourra «y amener toutes les Madeleines du monde ou d’autres bébés»… 1896. – 23 mars, projet de rencontre avec Tinan. –16 juin. «Le récit des aventures stellaires est trop long pour être raconté par lettre»… – 27 août (Louÿs est à Séville). Lebey termine son roman «cahin-caha en baillant»; il se plaint des femmes, assommantes… – 30 août, il vient d’achever Les Premières Luttes; Tinan est à Jumièges… «Melle Stella – Pétrole de luxe pour les amateurs de lampe, pneumatique, pour les amateurs de bicyclette écrit à son ancien amant […] et se console en se faisant tirer un tout autre coup de pistolet que celui dont elle avait parlé par les pistoletiers habituels du régiment d’Harcourt»… Nouvelles d’Henri Albert, de Viélé-Griffin… – 6 septembre. Il a «passé la nuit avec une vague Juliette – une nouvelle – aux petits nichons»; scène de Stella… Il part pour la Normandie écrire un petit roman, Les Étapes sentimentales de mon ami»… À propos de La Femme et le Pantin: «Bravo pour Conchita! Dis lui que je l’aime de loin, – et amène la donc à Paris cet hiver»… – 3 décembre (à en-tête de Pan): «Tu es à la fois trop aimable et trop indulgent; tu vois toujours ton ami à travers l’auteur. Je serais trop heureux si vraiment je pouvais croire sans trop m’illusionner que mon livre n’est pas tout à fait mauvais!»… – 26 décembre. Il vit la nuit: «Comme dit si bien Tinan: nous tomberons par la queue comme les poires!»; correction des épreuves de son livre… «Travaille à l’Andalouse – alias Sevillanne»… 1897. – 1er janvier (Louÿs est en Algérie). Vadrouilles montmartroises de Tinan et Lebey: «on ne pourra pas dire que nous n’avons pas agité notre vie, v-i-e avant de nous en servir!»… – 9 janvier. Il est heureux que Louÿs accepte la dédicace de son prochain livre, il est en pleine correction. «Les Aphrodites de Calbet font merveille aux devantures»… – 2 février. Il a dû donner le bon à tirer (prière d’insérer des Premières Luttes joint)… «je t’en supplie, ne laisse pas l’Andalouse ainsi en rade; on en parle déjà à Paris et tu te dois à la “gloire” – je ne ris pas – de ne pas nous revenir la serviette vide»; conseils pour soigner une maladie vénérienne… – 9 février. Inquiétudes pour la santé de Louÿs. – 5 juin, adressée à «Monsieur de Ronsard. Je ne suis qu’un simple lecteur mais je voulais vous faire part de toute l’admiration vouée par moi à vos amours de Marie. Ce sont des vers fort beaux, ma foi, bien qu’inspirés beaucoup de Mr Moréas». – 23 octobre. Sur Jean de Tinan: «Son cœur est le bûcher permanent de mille Phénix d’amour, qui se succèdent avec une rapidité tout de même un peu choquante […] Quand parait Bilitis? Travailles-tu à l’Andalouse?»… 18 décembre 1898. Il vient de relire La Femme et le Pantin: «Comme c’est bien et comme tu es gentil de me l’avoir dédiée»… Il a eu une explication avec Debussy. – 2 avril 1900: «tu es mon ami – complètement. Je déteste encore plus que toi la morale protestante, car j’exècre en même temps ta mère: le christianisme et ta sœur rouge: le christianisme; et ça date de loin»… – Novembre 1900, priant Louÿs de recommander le roman de Toulet chez Borel. – 27 avril 1901. Il rappelle la promesse d’un «paquet d’épreuve de Pausole». Amusant commentaire du salon des Indépendants, et des tableaux du Douanier Rousseau: «Il y a un douanier tyrolien irrésistible tirant sur un ours et faisant apparaître une femme nue. C’est génial». – 27 juin 1901, sur l’Homme de pourpre et Pausole. – [1902?]. Brouille: «Ta lettre me montre que la dislocation d’une amitié de huit ans n’est pas grand-chose à tes yeux. […] Bien que tu m’aies qualifié d’assassin avec une certaine aigreur incompréhensible, je ne saurais pour ma part détruire par morceaux et petit à petit l’affection totale et profonde que j’ai pour toi»… – 30 avril 1907, longue lettre de réconfort moral et de conseils… Etc. On joint 3 L.A.S. de Pierre Louÿs à André Lebey (1918), plus la reproduction d’une photographie de Louÿs dédicacée à André Lebey (tampon H. Martinie).

Estimation
500 € - 700 €
Résultat
1 040 €
Frais de vente
30%
André LEBEY (1877-1938). 39 L.A.S., 1894-1918, à Pierre Louÿs; 84pages formats divers, dont 2 cartes postales, enveloppes et adresses. Belle correspondance amicale et littéraire. La première lettre est écrite de Dieppe en 1894 alors que Louÿs est en Algérie; Régnier a appris à Lebey que Louÿs avait «fait un rapt dangereux; si j’étais du dix-huitième, je dirais votre aventure piquante»… – 6 octobre 1895, invitation de Jean de Tinan à venir dîner au d’Harcourt, Louÿs pourra «y amener toutes les Madeleines du monde ou d’autres bébés»… 1896. – 23 mars, projet de rencontre avec Tinan. –16 juin. «Le récit des aventures stellaires est trop long pour être raconté par lettre»… – 27 août (Louÿs est à Séville). Lebey termine son roman «cahin-caha en baillant»; il se plaint des femmes, assommantes… – 30 août, il vient d’achever Les Premières Luttes; Tinan est à Jumièges… «Melle Stella – Pétrole de luxe pour les amateurs de lampe, pneumatique, pour les amateurs de bicyclette écrit à son ancien amant […] et se console en se faisant tirer un tout autre coup de pistolet que celui dont elle avait parlé par les pistoletiers habituels du régiment d’Harcourt»… Nouvelles d’Henri Albert, de Viélé-Griffin… – 6 septembre. Il a «passé la nuit avec une vague Juliette – une nouvelle – aux petits nichons»; scène de Stella… Il part pour la Normandie écrire un petit roman, Les Étapes sentimentales de mon ami»… À propos de La Femme et le Pantin: «Bravo pour Conchita! Dis lui que je l’aime de loin, – et amène la donc à Paris cet hiver»… – 3 décembre (à en-tête de Pan): «Tu es à la fois trop aimable et trop indulgent; tu vois toujours ton ami à travers l’auteur. Je serais trop heureux si vraiment je pouvais croire sans trop m’illusionner que mon livre n’est pas tout à fait mauvais!»… – 26 décembre. Il vit la nuit: «Comme dit si bien Tinan: nous tomberons par la queue comme les poires!»; correction des épreuves de son livre… «Travaille à l’Andalouse – alias Sevillanne»… 1897. – 1er janvier (Louÿs est en Algérie). Vadrouilles montmartroises de Tinan et Lebey: «on ne pourra pas dire que nous n’avons pas agité notre vie, v-i-e avant de nous en servir!»… – 9 janvier. Il est heureux que Louÿs accepte la dédicace de son prochain livre, il est en pleine correction. «Les Aphrodites de Calbet font merveille aux devantures»… – 2 février. Il a dû donner le bon à tirer (prière d’insérer des Premières Luttes joint)… «je t’en supplie, ne laisse pas l’Andalouse ainsi en rade; on en parle déjà à Paris et tu te dois à la “gloire” – je ne ris pas – de ne pas nous revenir la serviette vide»; conseils pour soigner une maladie vénérienne… – 9 février. Inquiétudes pour la santé de Louÿs. – 5 juin, adressée à «Monsieur de Ronsard. Je ne suis qu’un simple lecteur mais je voulais vous faire part de toute l’admiration vouée par moi à vos amours de Marie. Ce sont des vers fort beaux, ma foi, bien qu’inspirés beaucoup de Mr Moréas». – 23 octobre. Sur Jean de Tinan: «Son cœur est le bûcher permanent de mille Phénix d’amour, qui se succèdent avec une rapidité tout de même un peu choquante […] Quand parait Bilitis? Travailles-tu à l’Andalouse?»… 18 décembre 1898. Il vient de relire La Femme et le Pantin: «Comme c’est bien et comme tu es gentil de me l’avoir dédiée»… Il a eu une explication avec Debussy. – 2 avril 1900: «tu es mon ami – complètement. Je déteste encore plus que toi la morale protestante, car j’exècre en même temps ta mère: le christianisme et ta sœur rouge: le christianisme; et ça date de loin»… – Novembre 1900, priant Louÿs de recommander le roman de Toulet chez Borel. – 27 avril 1901. Il rappelle la promesse d’un «paquet d’épreuve de Pausole». Amusant commentaire du salon des Indépendants, et des tableaux du Douanier Rousseau: «Il y a un douanier tyrolien irrésistible tirant sur un ours et faisant apparaître une femme nue. C’est génial». – 27 juin 1901, sur l’Homme de pourpre et Pausole. – [1902?]. Brouille: «Ta lettre me montre que la dislocation d’une amitié de huit ans n’est pas grand-chose à tes yeux. […] Bien que tu m’aies qualifié d’assassin avec une certaine aigreur incompréhensible, je ne saurais pour ma part détruire par morceaux et petit à petit l’affection totale et profonde que j’ai pour toi»… – 30 avril 1907, longue lettre de réconfort moral et de conseils… Etc. On joint 3 L.A.S. de Pierre Louÿs à André Lebey (1918), plus la reproduction d’une photographie de Louÿs dédicacée à André Lebey (tampon H. Martinie).
Vente jeudi 13 février 2025・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris