François TALMA (1763-1826) L.A.S. (paraphe), Paris 14 octobre 1810, [à Madame de Staël]; 2 pages 3/4 in-4. Très belle lettre à Germaine de Staël, qui a consacré à l?acteur un chapitre dans De l?Allemagne.{CR}Il s?excuse longuement de ne pas avoir écrit plus tôt à sa «chere Iphigenie», invoquant ses courses à la campagne, son déménagement, ses études... On lui a communiqué l?article qu?elle lui a consacré dans son livre, et il exprime sa reconnaissance «pour le soin aimable et fraternel que vous avez pris à saisir l?occasion de parler de moi dans un ouvrage où je ne devois pas être. Grâces à vous, chere Iphigénie, me voila en chemin pour la Posterité, que tant de titres vous assurent à vous. Votre imagination si féconde et votre amitié m?ont prêté tout ce qui me manquoit pour y arriver. Nous autres qui n?avons pas d?avenir, nous ne pouvons nous flatter d?aller si loin à moins que quelque grand personnage ne veuille bien nous prendre à sa suite»; ainsi Cicéron et Roscius, Voltaire et Lekain; «et moi je pars avec la femme la plus brillante d?esprit et d?imagination qui jamais ait existé». Il est persuadé que justice sera rendue à Mme de Staël, à qui il veut faire cependant deux légères observations: il rectifie les circonstances d?une réplique; il conseille la suppression de l?expression Midi rêveur, «si la suspension momentanée de votre ouvrage vous donne les moyens de la supprimer». Il parle de sa santé: «Je deviens rond comme un moine, à ce qu?on dit; mais il y a là dessous des nerfs et des agitations qui me tourmentent presque continuellement. La moitié du jour je suis une espece d?imbécille et incapable de rien faire si ce n?est de végéter et cela me rend encore plus paresseux et plus négligent». Il termine: «Adieu, ma chere Iphigénie, votre Oreste est à vos genoux, et si parfois son esprit a des absences, son coeur du moins ne cesse pas de sentir un instant combien il vous aime»
Estimation
1 200 € - 1 500 €
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1 800 €
Frais de vente
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François TALMA (1763-1826)
L.A.S. (paraphe), Paris 14 octobre 1810, [à Madame de Staël]; 2 pages 3/4 in-4. Très belle lettre à Germaine de Staël, qui a consacré à l?acteur un chapitre dans De l?Allemagne.{CR}Il s?excuse longuement de ne pas avoir écrit plus tôt à sa «chere Iphigenie», invoquant ses courses à la campagne, son déménagement, ses études... On lui a communiqué l?article qu?elle lui a consacré dans son livre, et il exprime sa reconnaissance «pour le soin aimable et fraternel que vous avez pris à saisir l?occasion de parler de moi dans un ouvrage où je ne devois pas être. Grâces à vous, chere Iphigénie, me voila en chemin pour la Posterité, que tant de titres vous assurent à vous. Votre imagination si féconde et votre amitié m?ont prêté tout ce qui me manquoit pour y arriver. Nous autres qui n?avons pas d?avenir, nous ne pouvons nous flatter d?aller si loin à moins que quelque grand personnage ne veuille bien nous prendre à sa suite»; ainsi Cicéron et Roscius, Voltaire et Lekain; «et moi je pars avec la femme la plus brillante d?esprit et d?imagination qui jamais ait existé». Il est persuadé que justice sera rendue à Mme de Staël, à qui il veut faire cependant deux légères observations: il rectifie les circonstances d?une réplique; il conseille la suppression de l?expression Midi rêveur, «si la suspension momentanée de votre ouvrage vous donne les moyens de la supprimer». Il parle de sa santé: «Je deviens rond comme un moine, à ce qu?on dit; mais il y a là dessous des nerfs et des agitations qui me tourmentent presque continuellement. La moitié du jour je suis une espece d?imbécille et incapable de rien faire si ce n?est de végéter et cela me rend encore plus paresseux et plus négligent». Il termine: «Adieu, ma chere Iphigénie, votre Oreste est à vos genoux, et si parfois son esprit a des absences, son coeur du moins ne cesse pas de sentir un instant combien il vous aime»
Vente
jeudi 21 février 2013・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris