Marie-Thérèse-Sophie Richard de Ruffey Marquise de Monnier, dite Sophie MONNIER (1754-1789) maîtresse de Mirabeau. L.A.S. «Sophie Gabrielle», [mars-avril 1780], à Mirabeau, sous couvert de «Madame Bernard Menk chez Madame Gérard la Mère platrière à Vincennes»; 2 pages et demie gr. in-4 très remplies, adresse, marque postale Gien, cachet cire rouge à son chiffre (bord inférieur un peu effrangé). Longue et belle lettre d?amour à Mirabeau, emprisonné au donjon de Vincennes.{CR}Elle lui reproche la brièveté de ses lettres, et espère qu?il n?est pas malade. Elle-même a attendu de consulter un médecin, que ses règles fussent terminées; elle lui détaille ses maux, les symptômes et les remèdes... «Je ne veux pas te dire que je crois que que si mercredy dernier j?avois reçu de toy une jolie lettre bien tandre, au lieu d?un billet sec où tu me dit être faché contre moy, je ne serois pas malade, mais je te dirai seulement qu?il ne tient qu?à toy de me guérir, je suis bien inquiete aussi de ta santé ô mon ange [...] Mimi ne sois donc plus faché»... Elle ne comprend pas non plus le retard de ses lettres. «Ô non, mon Gabriel la stérilité n?est pas dans mon coeur, mais puisque tu le sens pourquoi agis tu donc comme si tu croyois le contraire ? Mon fanfan je ne mérite pas souvant des reproches»... Elle l?entretient longuement de leur correspondance, de lettres perdues, du chiffre à employer, de leurs intermédiaires, des précautions qu?elle prend pour qu?on ne puisse ouvrir ses missives. Surtout «je crains de voir continuer ton laconisme, mon ami, si tu savoit combien il me fait de peine tu ne me puniroit pas ainsi»... Mirabeau ne voulant pas lui envoyer de brouillon, Sophie lui soumet la lettre qu?elle va écrire à sa propre mère pour sortir du couvent de Gien où elle est enfermée, en intervenant auprès du lieutenant de police Le Noir pour la faire entrer dans un couvent parisien. Elle y jure de ne pas méditer une nouvelle fuite: «mes projest pour l?avenir sont au contraire très paisibles, si je puis recouvrer la tranqui
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Marie-Thérèse-Sophie Richard de Ruffey
Marquise de Monnier, dite Sophie MONNIER (1754-1789) maîtresse de Mirabeau. L.A.S. «Sophie Gabrielle», [mars-avril 1780], à Mirabeau, sous couvert de «Madame Bernard Menk chez Madame Gérard la Mère platrière à Vincennes»; 2 pages et demie gr. in-4 très remplies, adresse, marque postale Gien, cachet cire rouge à son chiffre (bord inférieur un peu effrangé). Longue et belle lettre d?amour à Mirabeau, emprisonné au donjon de Vincennes.{CR}Elle lui reproche la brièveté de ses lettres, et espère qu?il n?est pas malade. Elle-même a attendu de consulter un médecin, que ses règles fussent terminées; elle lui détaille ses maux, les symptômes et les remèdes... «Je ne veux pas te dire que je crois que que si mercredy dernier j?avois reçu de toy une jolie lettre bien tandre, au lieu d?un billet sec où tu me dit être faché contre moy, je ne serois pas malade, mais je te dirai seulement qu?il ne tient qu?à toy de me guérir, je suis bien inquiete aussi de ta santé ô mon ange [...] Mimi ne sois donc plus faché»... Elle ne comprend pas non plus le retard de ses lettres. «Ô non, mon Gabriel la stérilité n?est pas dans mon coeur, mais puisque tu le sens pourquoi agis tu donc comme si tu croyois le contraire ? Mon fanfan je ne mérite pas souvant des reproches»... Elle l?entretient longuement de leur correspondance, de lettres perdues, du chiffre à employer, de leurs intermédiaires, des précautions qu?elle prend pour qu?on ne puisse ouvrir ses missives. Surtout «je crains de voir continuer ton laconisme, mon ami, si tu savoit combien il me fait de peine tu ne me puniroit pas ainsi»... Mirabeau ne voulant pas lui envoyer de brouillon, Sophie lui soumet la lettre qu?elle va écrire à sa propre mère pour sortir du couvent de Gien où elle est enfermée, en intervenant auprès du lieutenant de police Le Noir pour la faire entrer dans un couvent parisien. Elle y jure de ne pas méditer une nouvelle fuite: «mes projest pour l?avenir sont au contraire très paisibles, si je puis recouvrer la tranqui
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jeudi 21 février 2013・14:00 (Europe/Paris)
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3, rue Favart
75002 Paris