Honoré-Gabriel de Riquetti, comte de mirabeau (1749-1791) L.A.S. «Gabriel», [donjon de Vincennes] 16 février 1779, à Sophie Monnier; 8 pages in-4 remplies d?une petite écriture (petits manques avec perte de qqs lettres, pli fendu au dernier feuillet). Longue et magnifique lettre d?amour écrite de la prison de Vincennes.{CR}Il lui écrit par M. B.[Boucher, premier secrétaire du Lieutenant de police, leur «bon ange»]; elle est pardonnée, mais il avoue les affres qu?il a connues: «mon imagination impétueuse, qui toujours porte à l?extrême ce qui intéresse mon coeur, s?est mise en mouvement. Je t?ai crue - que sais-je moi ? - morte, malade ou mourante ?»... M. B. pouvait seul éclairer le retard dans leur courrier mais les hasards sont toujours contre Mirabeau: «on ne l?a trouvé que le mardi 9; parce que le Roi et la reine étoient venus le lundi 8 à Paris [après la naissance de Madame Royale] essayer de faire 100 couples d?heureux, tandis que tant d?autres couples d?innocens gémissent dans les fers (et voilà comme les Rois sont bons - comme on trompe jusqu?à leur générosité !)»... Après dix jours et onze nuits dans les agonies de la douleur et de l?incertitude, uniquement occupé de Sophie et dans «les délires même de cette imagination que toi seule embrase», il reçoit sa lettre qui calme son coeur assombri: «je dirois volontiers comme Oreste: mon innocence enfin commence à me peser. Il n?est point de repos avec mes implacables ennemis; il n?en sera que dans la tombe. Aucune pitié ne sauroit pénétrer dans leur ame pétrie de fiel: aussi barbares qu?injustes, ce que leur iniquité refuse, leur commisération ne l?accordera jamais. [...] Je ne sais si proscrit par un destin supérieur, par cette nécessité fatale qui laisse triompher le crime et gémir l?innocence, je suis destiné à mourir de désespoir, ou à mériter mon sort par un crime»...{CR}Il exhale son indignation et sa haine contre son père, le commandant, le médecin, le chirurgien, etc.; il ne se familiarisera jamais avec l?idée de n?attendre le repos que de la mort d?un père ! E
Estimation
4 000 € - 5 000 €
Résultat
16 000 €
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Honoré-Gabriel de Riquetti, comte de mirabeau (1749-1791)
L.A.S. «Gabriel», [donjon de Vincennes] 16 février 1779, à Sophie Monnier; 8 pages in-4 remplies d?une petite écriture (petits manques avec perte de qqs lettres, pli fendu au dernier feuillet). Longue et magnifique lettre d?amour écrite de la prison de Vincennes.{CR}Il lui écrit par M. B.[Boucher, premier secrétaire du Lieutenant de police, leur «bon ange»]; elle est pardonnée, mais il avoue les affres qu?il a connues: «mon imagination impétueuse, qui toujours porte à l?extrême ce qui intéresse mon coeur, s?est mise en mouvement. Je t?ai crue - que sais-je moi ? - morte, malade ou mourante ?»... M. B. pouvait seul éclairer le retard dans leur courrier mais les hasards sont toujours contre Mirabeau: «on ne l?a trouvé que le mardi 9; parce que le Roi et la reine étoient venus le lundi 8 à Paris [après la naissance de Madame Royale] essayer de faire 100 couples d?heureux, tandis que tant d?autres couples d?innocens gémissent dans les fers (et voilà comme les Rois sont bons - comme on trompe jusqu?à leur générosité !)»... Après dix jours et onze nuits dans les agonies de la douleur et de l?incertitude, uniquement occupé de Sophie et dans «les délires même de cette imagination que toi seule embrase», il reçoit sa lettre qui calme son coeur assombri: «je dirois volontiers comme Oreste: mon innocence enfin commence à me peser. Il n?est point de repos avec mes implacables ennemis; il n?en sera que dans la tombe. Aucune pitié ne sauroit pénétrer dans leur ame pétrie de fiel: aussi barbares qu?injustes, ce que leur iniquité refuse, leur commisération ne l?accordera jamais. [...] Je ne sais si proscrit par un destin supérieur, par cette nécessité fatale qui laisse triompher le crime et gémir l?innocence, je suis destiné à mourir de désespoir, ou à mériter mon sort par un crime»...{CR}Il exhale son indignation et sa haine contre son père, le commandant, le médecin, le chirurgien, etc.; il ne se familiarisera jamais avec l?idée de n?attendre le repos que de la mort d?un père ! E
Vente
jeudi 21 février 2013・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris