Raymonde VINCENT (1908-1985) romancière. 11 L.A.S., 1937-1939, à Maurice Delamain ; 75 pages in-8 ou in-4, 5 enveloppes. Très belle correspondance à propos de son livre Campagne qui obtiendra le prix Femina en 1937. Elle envoie son manuscrit, encouragée par son mari Albert Béguin (elle signe ses lettres Raymonde Béguin) : « ce livre que je n'ai commencé à écrire qu'il y a quatre ans, prend ses racines très loin dans le passé ; c'est pourquoi je n'ai pu rester tout à fait indépendante de lui ». Elle serait enchantée d'avoir une préface de Claudel qu'elle admire sans limites ; Mauriac ne lui déplairait pas « mais nous n'avons pas, lui et moi, tout à fait le même sentiment de la religion » ; elle redoute Ramuz : « il a des manies de langage qui m'agacent ». Se pose aussi le choix du titre : Les Chaumes ou Campagne ? Elle répugne à faire la publicité : « Si j'avais su d'avance que le fait de publier mon livre m'obligerait à révéler toute ma vie - ou du moins l'un des moments les plus pénibles de ma vie - j'aurais gardé mon manuscrit ». Elle va cependant envoyer des photos d'elle jeune, et propose de faire des photos des lieux où se déroule le roman. Dans une longue lettre de juillet 1937, elle raconte son arrivée à Paris à 17 ans, et sa désillusion, alors qu'elle s'attendait à voir une « ville lumière ». Campagne paraît en août 1937 : « Je n'arrivais pas à croire que j'étais l'auteur de ce beau livre ni à m'en persuader tout à fait » ; en septembre, elle sait être en bonne place pour le Prix Femina : « Chardonne se donne beaucoup de mal pour mon livre. [...] Moi qui me croyais insensible à la terrible fièvre des Auteurs, je crains qu'elle ne finisse par me saisir ». En 1938, elle s'installe dans sa maison du Berry : « Les gens de Châteauroux sont charmants avec moi, on me traite en écrivain célèbre. C'est que tous les paysans de la contrée ont lu Campagne. Tous sont fiers de moi. Je suis des leurs et ils pensent qu'eux aussi produisent des poètes »... Elle a écrit son deuxième livre : « Cette pe
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800 € - 1 000 €
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750 €
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Raymonde VINCENT (1908-1985)
romancière. 11 L.A.S., 1937-1939, à Maurice Delamain ; 75 pages in-8 ou in-4, 5 enveloppes. Très belle correspondance à propos de son livre Campagne qui obtiendra le prix Femina en 1937. Elle envoie son manuscrit, encouragée par son mari Albert Béguin (elle signe ses lettres Raymonde Béguin) : « ce livre que je n'ai commencé à écrire qu'il y a quatre ans, prend ses racines très loin dans le passé ; c'est pourquoi je n'ai pu rester tout à fait indépendante de lui ». Elle serait enchantée d'avoir une préface de Claudel qu'elle admire sans limites ; Mauriac ne lui déplairait pas « mais nous n'avons pas, lui et moi, tout à fait le même sentiment de la religion » ; elle redoute Ramuz : « il a des manies de langage qui m'agacent ». Se pose aussi le choix du titre : Les Chaumes ou Campagne ? Elle répugne à faire la publicité : « Si j'avais su d'avance que le fait de publier mon livre m'obligerait à révéler toute ma vie - ou du moins l'un des moments les plus pénibles de ma vie - j'aurais gardé mon manuscrit ». Elle va cependant envoyer des photos d'elle jeune, et propose de faire des photos des lieux où se déroule le roman. Dans une longue lettre de juillet 1937, elle raconte son arrivée à Paris à 17 ans, et sa désillusion, alors qu'elle s'attendait à voir une « ville lumière ». Campagne paraît en août 1937 : « Je n'arrivais pas à croire que j'étais l'auteur de ce beau livre ni à m'en persuader tout à fait » ; en septembre, elle sait être en bonne place pour le Prix Femina : « Chardonne se donne beaucoup de mal pour mon livre. [...] Moi qui me croyais insensible à la terrible fièvre des Auteurs, je crains qu'elle ne finisse par me saisir ». En 1938, elle s'installe dans sa maison du Berry : « Les gens de Châteauroux sont charmants avec moi, on me traite en écrivain célèbre. C'est que tous les paysans de la contrée ont lu Campagne. Tous sont fiers de moi. Je suis des leurs et ils pensent qu'eux aussi produisent des poètes »... Elle a écrit son deuxième livre : « Cette pe
Vente
jeudi 13 décembre 2012・15:00 (Europe/Paris)
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3, rue Favart
75002 Paris