Romain ROLLAND (1866-1944)
L.A.S., Villeneuve (Vaud) 22 octobre 1922, à Paul Petitot ; 4 pages in-8.    Très belle lettre politique, exprimant des réserves sur les communistes, à Paul Petitot (1890-1979), cheminot vésulien, militant syndicaliste et socialiste, passionné de littérature. « Votre belle et bonne lettre m'a vivement touché. Oui, vous me comprenez, nous nous comprenons à demi-mot ; nous sommes de la bonne vieille race de Colas Breugnon - qui est le frère gaulois de Jean-Christophe : car cette race n'est pas limitée à une nation ; elle s'étend à tous ces énergiques et patients travailleurs, dont rien ne peut dompter l'indépendance ni duper la raison. Ils savent [...] qu'on ne transformera pas l'humanité, à coups de décrets, de discours, et même de canons [...] mais par un long travail tenace et obstiné. On nous appelle "mystiques", parce que nous ne croyons pas au mysticisme révolutionnaire, qui nous promet le Paradis pour demain. Quand ce n'est pas un bluff, c'est là un illuminisme dangereux, car il risque de faire tomber ceux qui y ont cru, dans le désespoir, quand vient la désillusion des promesses impossibles »... La victoire viendra, mais plus tard, en son temps : « Nous sommes du temps de la lutte. Il faut aimer la lutte - (le travail en est une) - et lutter, mais sereinement, noblement, sans fièvre, sans peur et sans reproches, [...] dans tous les actes de notre vie, lutter pour la justice, pour la liberté, et pour la vérité, - et d'abord, lutter en nous, car l'ennemi est d'abord en nous [...] - lutter pour nous dégager sans relâche des mensonges, des injustices, des préjugés, des fauves et terribles instincts du passé », car l'humanité a encore bien du chemin à faire pour s'élever loin de l'animalité... « Voilà mon mysticisme : ni illusion, ni crainte. Voir la rude ascension qui nous reste [...]. Et joyeusement tailler dans le roc, une à une, quelques marches de plus, par où, nos frères et nous, nous gravissions dans un peu plus de lumière. Mais je crains que la hâte confuse
Live jeudi 13 décembre 2012・15:00 (Europe/Paris)
Lot n°195

Romain ROLLAND (1866-1944) L.A.S., Villeneuve (Vaud) 22 octobre 1922, à Paul Petitot ; 4 pages in-8. Très belle lettre politique, exprimant des réserves sur les communistes, à Paul Petitot (1890-1979), cheminot vésulien, militant syndicaliste et socialiste, passionné de littérature. « Votre belle et bonne lettre m'a vivement touché. Oui, vous me comprenez, nous nous comprenons à demi-mot ; nous sommes de la bonne vieille race de Colas Breugnon - qui est le frère gaulois de Jean-Christophe : car cette race n'est pas limitée à une nation ; elle s'étend à tous ces énergiques et patients travailleurs, dont rien ne peut dompter l'indépendance ni duper la raison. Ils savent [...] qu'on ne transformera pas l'humanité, à coups de décrets, de discours, et même de canons [...] mais par un long travail tenace et obstiné. On nous appelle "mystiques", parce que nous ne croyons pas au mysticisme révolutionnaire, qui nous promet le Paradis pour demain. Quand ce n'est pas un bluff, c'est là un illuminisme dangereux, car il risque de faire tomber ceux qui y ont cru, dans le désespoir, quand vient la désillusion des promesses impossibles »... La victoire viendra, mais plus tard, en son temps : « Nous sommes du temps de la lutte. Il faut aimer la lutte - (le travail en est une) - et lutter, mais sereinement, noblement, sans fièvre, sans peur et sans reproches, [...] dans tous les actes de notre vie, lutter pour la justice, pour la liberté, et pour la vérité, - et d'abord, lutter en nous, car l'ennemi est d'abord en nous [...] - lutter pour nous dégager sans relâche des mensonges, des injustices, des préjugés, des fauves et terribles instincts du passé », car l'humanité a encore bien du chemin à faire pour s'élever loin de l'animalité... « Voilà mon mysticisme : ni illusion, ni crainte. Voir la rude ascension qui nous reste [...]. Et joyeusement tailler dans le roc, une à une, quelques marches de plus, par où, nos frères et nous, nous gravissions dans un peu plus de lumière. Mais je crains que la hâte confuse

Estimation
800 € - 900 €
Résultat
1 000 €
Frais de vente
0%
Romain ROLLAND (1866-1944) L.A.S., Villeneuve (Vaud) 22 octobre 1922, à Paul Petitot ; 4 pages in-8. Très belle lettre politique, exprimant des réserves sur les communistes, à Paul Petitot (1890-1979), cheminot vésulien, militant syndicaliste et socialiste, passionné de littérature. « Votre belle et bonne lettre m'a vivement touché. Oui, vous me comprenez, nous nous comprenons à demi-mot ; nous sommes de la bonne vieille race de Colas Breugnon - qui est le frère gaulois de Jean-Christophe : car cette race n'est pas limitée à une nation ; elle s'étend à tous ces énergiques et patients travailleurs, dont rien ne peut dompter l'indépendance ni duper la raison. Ils savent [...] qu'on ne transformera pas l'humanité, à coups de décrets, de discours, et même de canons [...] mais par un long travail tenace et obstiné. On nous appelle "mystiques", parce que nous ne croyons pas au mysticisme révolutionnaire, qui nous promet le Paradis pour demain. Quand ce n'est pas un bluff, c'est là un illuminisme dangereux, car il risque de faire tomber ceux qui y ont cru, dans le désespoir, quand vient la désillusion des promesses impossibles »... La victoire viendra, mais plus tard, en son temps : « Nous sommes du temps de la lutte. Il faut aimer la lutte - (le travail en est une) - et lutter, mais sereinement, noblement, sans fièvre, sans peur et sans reproches, [...] dans tous les actes de notre vie, lutter pour la justice, pour la liberté, et pour la vérité, - et d'abord, lutter en nous, car l'ennemi est d'abord en nous [...] - lutter pour nous dégager sans relâche des mensonges, des injustices, des préjugés, des fauves et terribles instincts du passé », car l'humanité a encore bien du chemin à faire pour s'élever loin de l'animalité... « Voilà mon mysticisme : ni illusion, ni crainte. Voir la rude ascension qui nous reste [...]. Et joyeusement tailler dans le roc, une à une, quelques marches de plus, par où, nos frères et nous, nous gravissions dans un peu plus de lumière. Mais je crains que la hâte confuse
Vente jeudi 13 décembre 2012・15:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris