Charles MERYON (1821-1868) Rébus: Béranger ne fut véritablement fort, car il n?eut jamais la clé des champs. 1863. Eau-forte. 150 x 306. D. 101; S. 90. Très belle épreuve sur vergé. Belles marges. Joint: Rébus: Ci-gît la vendetta surannée. 1862. Eau-forte et burin. 75 x 80. D. 100; S. 86. Très belle épreuve imprimée en deux tons (le mot «rébus» en sanguine, le reste du sujet en noir) sur vergé filigrané «D C Blauw». Très claire trace d?oxydation à l?ouverture d?un ancien montage. Très grandes marges. Ens. 2 p. «La folie du rébus court pendant tout le xixe siècle, et on le retrouve jusque sur nos assiettes. Il est vrai qu?il avait auparavant conquis la manufacture de porcelaine de Sèvres: on connaît en effet plusieurs tasses à café ainsi que leurs soucoupes décorées de rébus (toujours fort aisés à déchiffrer); mais cette mode n?avait duré que pendant trois ans, de 1787 à 1789, pour ne jamais revenir. Eugène Delacroix, dont on sait qu?il aimait les calembours (du niveau des blagues de potaches de notre enfance: le père Tuisane, l?abbé Vue, Lord Angoutang, etc., vous voyez le genre), a utilisé à plusieurs reprises dans sa correspondance une signature en rébus relativement simpliste: le chiffre 2 suivi de la note la puis d?une croix. Le sombre Meryon lui-même, à la fin de sa vie, tenta de s?égayer en gravant des rébus aux titres alambiqués: ?Cigît la vendetta surannée? (1863), ?Béranger ne fut véritablement fort, car il n?eut jamais la clé des champs [ou "chants"]? (1863), et ?Non, Morny n?est pas mort, car il noce encore!? (1866).» (Maxime Préaud, «Brève histoire du rébus français, suivie de quelques exemples de rébus pour la plupart inédits», Revue de la Bibliothèque nationale de France, n° 18, 2004, p. 21).
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Charles MERYON (1821-1868)
Rébus: Béranger ne fut véritablement fort, car il n?eut jamais la clé des champs. 1863. Eau-forte. 150 x 306. D. 101; S. 90. Très belle épreuve sur vergé. Belles marges. Joint: Rébus: Ci-gît la vendetta surannée. 1862. Eau-forte et burin. 75 x 80. D. 100; S. 86. Très belle épreuve imprimée en deux tons (le mot «rébus» en sanguine, le reste du sujet en noir) sur vergé filigrané «D C Blauw». Très claire trace d?oxydation à l?ouverture d?un ancien montage. Très grandes marges. Ens. 2 p. «La folie du rébus court pendant tout le xixe siècle, et on le retrouve jusque sur nos assiettes. Il est vrai qu?il avait auparavant conquis la manufacture de porcelaine de Sèvres: on connaît en effet plusieurs tasses à café ainsi que leurs soucoupes décorées de rébus (toujours fort aisés à déchiffrer); mais cette mode n?avait duré que pendant trois ans, de 1787 à 1789, pour ne jamais revenir. Eugène Delacroix, dont on sait qu?il aimait les calembours (du niveau des blagues de potaches de notre enfance: le père Tuisane, l?abbé Vue, Lord Angoutang, etc., vous voyez le genre), a utilisé à plusieurs reprises dans sa correspondance une signature en rébus relativement simpliste: le chiffre 2 suivi de la note la puis d?une croix. Le sombre Meryon lui-même, à la fin de sa vie, tenta de s?égayer en gravant des rébus aux titres alambiqués: ?Cigît la vendetta surannée? (1863), ?Béranger ne fut véritablement fort, car il n?eut jamais la clé des champs [ou "chants"]? (1863), et ?Non, Morny n?est pas mort, car il noce encore!? (1866).» (Maxime Préaud, «Brève histoire du rébus français, suivie de quelques exemples de rébus pour la plupart inédits», Revue de la Bibliothèque nationale de France, n° 18, 2004, p. 21).
Vente
mercredi 12 décembre 2012・14:00 (Europe/Paris)
Salle 2 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris