Paul ELUARD (1895-1952). Poème autographe signé, Comprenne qui voudra…, [1944]; 1page in-fol.
Manuscrit de travail avec ratures et corrections, à l’encre bleu nuit sur papier quadrillé. Le poème a été écrit à la Libération, en réaction au supplice des femmes tondues. 
Il a été publié dans Les Lettres françaises le 2 décembre 1944, et recueilli dans Au rendez-vous allemand (Éditions de Minuit, 1944). Il compte 26 vers. En tête de ce brouillon, Eluard a inscrit les mots: «En ce temps»; l’inscription sera développée dans l’édition: «En ce temps-là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait des filles. On allait même jusqu’à les tondre». On a noté au crayon, en tête, le nom de «Madeleine Legrand à Fresnes».
Le poème a été cité avec émotion par Georges Pompidou lors d’une conférence de presse le 22 septembre 1969, en réponse à une question sur l’affaire Gabrielle Russier.
«Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés»…
Live mardi 18 juin 2024・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°429

Paul ELUARD (1895-1952). Poème autographe signé, Comprenne qui voudra…, [1944]; 1page in-fol. Manuscrit de travail avec ratures et corrections, à l’encre bleu nuit sur papier quadrillé. Le poème a été écrit à la Libération, en réaction au supplice des femmes tondues. Il a été publié dans Les Lettres françaises le 2 décembre 1944, et recueilli dans Au rendez-vous allemand (Éditions de Minuit, 1944). Il compte 26 vers. En tête de ce brouillon, Eluard a inscrit les mots: «En ce temps»; l’inscription sera développée dans l’édition: «En ce temps-là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait des filles. On allait même jusqu’à les tondre». On a noté au crayon, en tête, le nom de «Madeleine Legrand à Fresnes». Le poème a été cité avec émotion par Georges Pompidou lors d’une conférence de presse le 22 septembre 1969, en réponse à une question sur l’affaire Gabrielle Russier. «Comprenne qui voudra Moi mon remords ce fut La malheureuse qui resta Sur le pavé La victime raisonnable À la robe déchirée Au regard d’enfant perdue Découronnée défigurée Celle qui ressemble aux morts Qui sont morts pour être aimés»…

Estimation
1 800 € - 2 000 €
Résultat
4 550 €
Frais de vente
30%
Paul ELUARD (1895-1952). Poème autographe signé, Comprenne qui voudra…, [1944]; 1page in-fol. Manuscrit de travail avec ratures et corrections, à l’encre bleu nuit sur papier quadrillé. Le poème a été écrit à la Libération, en réaction au supplice des femmes tondues. Il a été publié dans Les Lettres françaises le 2 décembre 1944, et recueilli dans Au rendez-vous allemand (Éditions de Minuit, 1944). Il compte 26 vers. En tête de ce brouillon, Eluard a inscrit les mots: «En ce temps»; l’inscription sera développée dans l’édition: «En ce temps-là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait des filles. On allait même jusqu’à les tondre». On a noté au crayon, en tête, le nom de «Madeleine Legrand à Fresnes». Le poème a été cité avec émotion par Georges Pompidou lors d’une conférence de presse le 22 septembre 1969, en réponse à une question sur l’affaire Gabrielle Russier. «Comprenne qui voudra Moi mon remords ce fut La malheureuse qui resta Sur le pavé La victime raisonnable À la robe déchirée Au regard d’enfant perdue Découronnée défigurée Celle qui ressemble aux morts Qui sont morts pour être aimés»…
Vente mardi 18 juin 2024・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris