Émile ZOLA. L.A.S., Médan 11 octobre 1890, [à David Dautresme]; 2pages in-8.
Au sujet de La Bête humaine.
«Vous me demandez une lettre pour la publier en guise de préface, en tête de La Bête humaine, qui va paraître dans Le Petit Rouennais.
En vérité, l’œuvre est aujourd’hui si connue, qu’il m’est difficile d’en parler. La préface que je n’ai pas cru utile de mettre en, tête du volume est encore plus inutile aujourd’hui. Que vos lecteurs prennent seulement l’œuvre comme un drame que j’ai essayé de faire le plus effroyable possible; et, s’il s’en dégage quelque vérité humaine, ils la découvriront bien eux-mêmes. Jamais un auteur ne doit s’expliquer, car c’est avouer que son livre est obscur.
Vous désirez savoir pourquoi j’ai choisi la ligne de Paris au Havre, comme théâtre de mon action. C’est tout bonnement parce qu’elle est la plus courte, la plus complète, la plus typique des lignes de France. J’y avais tout ce qu’il me fallait sous la main; et, de plus, voici dix ans que je l’étudie, à voir et à entendre, chaque jour et chaque nuit, ses deux cents trains passer sous les fenêtres de ma chère retraite de Médan»…
Live lundi 17 juin 2024・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°264

Émile ZOLA. L.A.S., Médan 11 octobre 1890, [à David Dautresme]; 2pages in-8. Au sujet de La Bête humaine. «Vous me demandez une lettre pour la publier en guise de préface, en tête de La Bête humaine, qui va paraître dans Le Petit Rouennais. En vérité, l’œuvre est aujourd’hui si connue, qu’il m’est difficile d’en parler. La préface que je n’ai pas cru utile de mettre en, tête du volume est encore plus inutile aujourd’hui. Que vos lecteurs prennent seulement l’œuvre comme un drame que j’ai essayé de faire le plus effroyable possible; et, s’il s’en dégage quelque vérité humaine, ils la découvriront bien eux-mêmes. Jamais un auteur ne doit s’expliquer, car c’est avouer que son livre est obscur. Vous désirez savoir pourquoi j’ai choisi la ligne de Paris au Havre, comme théâtre de mon action. C’est tout bonnement parce qu’elle est la plus courte, la plus complète, la plus typique des lignes de France. J’y avais tout ce qu’il me fallait sous la main; et, de plus, voici dix ans que je l’étudie, à voir et à entendre, chaque jour et chaque nuit, ses deux cents trains passer sous les fenêtres de ma chère retraite de Médan»…

Estimation
800 € - 1 000 €
Résultat
1 105 €
Frais de vente
30%
Émile ZOLA. L.A.S., Médan 11 octobre 1890, [à David Dautresme]; 2pages in-8. Au sujet de La Bête humaine. «Vous me demandez une lettre pour la publier en guise de préface, en tête de La Bête humaine, qui va paraître dans Le Petit Rouennais. En vérité, l’œuvre est aujourd’hui si connue, qu’il m’est difficile d’en parler. La préface que je n’ai pas cru utile de mettre en, tête du volume est encore plus inutile aujourd’hui. Que vos lecteurs prennent seulement l’œuvre comme un drame que j’ai essayé de faire le plus effroyable possible; et, s’il s’en dégage quelque vérité humaine, ils la découvriront bien eux-mêmes. Jamais un auteur ne doit s’expliquer, car c’est avouer que son livre est obscur. Vous désirez savoir pourquoi j’ai choisi la ligne de Paris au Havre, comme théâtre de mon action. C’est tout bonnement parce qu’elle est la plus courte, la plus complète, la plus typique des lignes de France. J’y avais tout ce qu’il me fallait sous la main; et, de plus, voici dix ans que je l’étudie, à voir et à entendre, chaque jour et chaque nuit, ses deux cents trains passer sous les fenêtres de ma chère retraite de Médan»…
Vente lundi 17 juin 2024・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris