Une coupe à pigments ornée d’une tête de crocodile et d’une tête humaine. En guise de poignée est sculptée une très belle tête de crocodile dont le dessus du crâne se prolonge dans la continuité du creuset de la coupe. Son œil droit conserve encore une incrustation de nacre. Sa sculpture est nerveuse, expressive et détaillée. À l’arrière de la coupe est sculptée une superbe tête d’homme d’un style très archaïque. Ses bras, gravés en relief et repliés sous la tête constituent un buste comme la poupe d’un bateau, et à travers lesquels au niveau du cou une perforation fait office de bélière. Une forme ovoïde en bourrelet est sculptée au-dessous constituant le socle pour stabiliser la coupe. Il s’agit d’un réel chef-d’œuvre des arts du Moyen Sépik, une œuvre « pré-contact », expression chère aux spécialistes des arts du Sépik. Cette coupe est publiée et commentée « godet à pigments » par Maurice Leenhardt dans son ouvrage Arts de l’Océanie publié en 1947. Un ouvrage publié dans la collection Arts Du Monde sous la direction de Georges de Miré dont l’œil n’est certainement pas étranger à la sélection de cette œuvre pour cette publication. Notre coupe avait déjà été exposée au musée de l’Homme lors de l’exposition Voyage de la Korrigane en Océanie entre juin et octobre 1938, on peut la voir photographiée dans une des vitrines de cette exposition en brillante compagnie, notamment avec le crochet à crâne Sawos que Jacques Kerchache avait choisi pour sa sélection originelle du Pavillon des Cessions, première version… Quel parcours pour cette coupe, ce « godet à pigment », depuis les rives du fleuve Sépik et sa collecte en 1935 par Régine et Charles van den Broek, dont les photos et la documentation de leur brève incursion sur le fleuve Sépik restent jusqu’à aujourd’hui d’après les spécialistes un témoignage irremplaçable. Il n’est pas étonnant que ce soit cet objet du voyage de la Korrigane que Jean Roudillon, son « inventeur », ait gardé le plus longtemps. Dans les notes de Jean Roudillon : « océanie, Nouvelle Guinée Récipient à peinture en bois en forme de crocodile au museau allongé, un œil incrusté de coquille marine. Cet exemplaire est exceptionnellement sculpté à l’emplacement de la queue d’une tête humaine percé à hauteur du cou permettant de suspendre le récipient. Provient du voyage de la Korrigane, D393 1660. » Probablement Iatmul ou Sawos, Moyen sépik, Papouasie-Nouvelle Guinée Bois, nacre, très légers reliquats de pigments blancs au niveau de la gueule du crocodile, belle oxydation d’ancienneté et superbe patine d’usage, objet taillé à la pierre dit « pré-contact ». Anciens numéros d’inventaires du musée de l’Homme inscrits sous la gueule du crocodile : D.39.3 / 1660, et un autre numéro inscrit en rouge sous le socle. L. : 30,5 cm Voir : p. 31 fig. 19 dans Arts de l’Océanie, Maurice Leenhardt, Collection Arts du Monde (sous la direction de Georges de Miré), Les Éditions du Chêne, 1947. Voir : p. 72 à 77 pour le calendrier du voyage dans Le Voyage de la Korrigane dans les mers du Sud, musée de l’Homme, Ed. Hazan Paris 2001 Provenance : - Collecté lors du voyage de La Korrigane (1934-1936), et certainement en octobre 1935 par Régine et Charles van den Broek lors d’une brève excursion en remontant le fleuve Sépik. - Collection Jean Roudillon Exposition et publication : - Voyage de la Korrigane en Océanie, juin à octobre 1938 musée de l’Homme, Paris - Visible en bas à gauche dans une vitrine lors de l’exposition au musée de l’Homme, photo d’Henri Tracol (voir reproduction page précédente). - Arts de l’Océanie, Maurice Leenhardt Collection Arts du Monde, Les Éditions du Chêne, 1947. Reproduit fig.19 p. 31.
Estimation
12 000 € - 15 000 €
Résultat
44 200 €
Frais de vente
30%
Une coupe à pigments ornée d’une tête de crocodile et d’une tête humaine.
En guise de poignée est sculptée une très belle tête de crocodile dont le dessus du crâne se prolonge dans la continuité du creuset de la coupe. Son œil droit conserve encore une incrustation de nacre. Sa sculpture est nerveuse, expressive et détaillée. À l’arrière de la coupe est sculptée une superbe tête d’homme d’un style très archaïque. Ses bras, gravés en relief et repliés sous la tête constituent un buste comme la poupe d’un bateau, et à travers lesquels au niveau du cou une perforation fait office de bélière. Une forme ovoïde en bourrelet est sculptée au-dessous constituant le socle pour stabiliser la coupe.
Il s’agit d’un réel chef-d’œuvre des arts du Moyen Sépik, une œuvre « pré-contact », expression chère aux spécialistes des arts du Sépik.
Cette coupe est publiée et commentée « godet à pigments » par Maurice Leenhardt dans son ouvrage Arts de l’Océanie publié en 1947. Un ouvrage publié dans la collection Arts Du Monde sous la direction de Georges de Miré dont l’œil n’est certainement pas étranger à la sélection de cette œuvre pour cette publication.
Notre coupe avait déjà été exposée au musée de l’Homme lors de l’exposition Voyage de la Korrigane en Océanie entre juin et octobre 1938, on peut la voir photographiée dans une des vitrines de cette exposition en brillante compagnie, notamment avec le crochet à crâne Sawos que Jacques Kerchache avait choisi pour sa sélection originelle du Pavillon des Cessions, première version…
Quel parcours pour cette coupe, ce « godet à pigment », depuis les rives du fleuve Sépik et sa collecte en 1935 par Régine et Charles van den Broek, dont les photos et la documentation de leur brève incursion sur le fleuve Sépik restent jusqu’à aujourd’hui d’après les spécialistes un témoignage irremplaçable.
Il n’est pas étonnant que ce soit cet objet du voyage de la Korrigane que Jean Roudillon, son « inventeur », ait gardé le plus longtemps.
Dans les notes de Jean Roudillon :
« océanie, Nouvelle Guinée
Récipient à peinture en bois en forme de crocodile au museau allongé, un œil incrusté de coquille marine.
Cet exemplaire est exceptionnellement sculpté à l’emplacement de la queue d’une tête humaine percé à hauteur du cou permettant de suspendre le récipient. Provient du voyage de la Korrigane, D393 1660. »
Probablement Iatmul ou Sawos, Moyen sépik, Papouasie-Nouvelle Guinée
Bois, nacre, très légers reliquats de pigments blancs au niveau de la gueule du crocodile, belle oxydation d’ancienneté et superbe patine d’usage, objet taillé à la pierre dit « pré-contact ».
Anciens numéros d’inventaires du musée de l’Homme inscrits sous la gueule du crocodile : D.39.3 / 1660, et un autre numéro inscrit en rouge sous le socle.
L. : 30,5 cm
Voir : p. 31 fig. 19 dans Arts de l’Océanie, Maurice Leenhardt, Collection Arts du Monde (sous la direction de Georges de Miré), Les Éditions du Chêne, 1947.
Voir : p. 72 à 77 pour le calendrier du voyage dans Le Voyage de la Korrigane dans les mers du Sud, musée de l’Homme, Ed. Hazan Paris 2001
Provenance :
- Collecté lors du voyage de La Korrigane (1934-1936), et certainement en octobre 1935 par Régine et Charles van den Broek lors d’une brève excursion en remontant le fleuve Sépik.
- Collection Jean Roudillon
Exposition et publication :
- Voyage de la Korrigane en Océanie, juin à octobre 1938 musée de l’Homme, Paris
- Visible en bas à gauche dans une vitrine lors de l’exposition au musée de l’Homme, photo d’Henri Tracol (voir reproduction page précédente).
- Arts de l’Océanie, Maurice Leenhardt Collection Arts du Monde, Les Éditions du Chêne, 1947. Reproduit fig.19 p. 31.
Vente
jeudi 6 juin 2024・16:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris