Jean-Andoche JUNOT (1771-1813)
Duc d'Abrantès, général. L.A.S., [Montbard] 6 juillet [1813], à son valet de chambre Joseph, à Gorizia; 2 pages in-4, adresse avec contreseing autographe, cachet cire rouge aux armes (qqs lég. rouss. et fentes, cachet de collection). Étonnante lettre écrite dans un état de folie, peu de temps avant sa mort. [Ayant donné de nombreux signes d'aliénation mentale, Junot avait été relevé récemment de ses fonctions de gouverneur général des Provinces illyriennes; il sera admis à la retraite le 22 juillet 1813, et mourra une semaine plus tard des suites de blessures qu'il s'était infligées lui-même.] Il demande la liste de ce qu'il a emporté en quittant Gorizia. « On me vole je crois, je n'ai plus d'huillier, ni plus d'huile ni sel ni poivre ni sucre, apporte tous les verres que j'ai acheté. Hier encore Orry ma servi avec mon huile mon sel, ma moutarde mon sucre aujourd'hui je n'ai plus rien de cela. Vis vitte, et apportes moi tout ce que j'ai là pour pouvoir bien recevoir le Prince. Adieu et venez tous que personne ne se disent malade car je les regarderai comme morts, cet impertinent Constantin à qui j'avais dit que ce matin je lui donnerais mes six chevaux pour mener le fourgon jusqu'à moitié chemin parce qu'ils étaient malades, part sans me parler et sans se rendre compte, aujourd'hui, cette huile que j'ai apporté cet huillier n'est plus parce que quand le jeanfoutre est parti, tout a été mis à la débandade par les gens de sa maison »... En post-scriptum, et multipliant les signatures, le duc s'inquiète encore: « Le Prince va arriver & il n'y a rien à lui donner à manger. Fais partir quelque chose [...] Fais moi apporter tout de suite des lustres des chandeliers d'argent, mille bouteilles de vin deux cents d'eau de vie 200 de madère, cent de malvoisie, j'en ferai bon usage, mais je réfléchis il faut au contraire les garder à Trieste »... Ancienne collection du Président Robert Schuman, avec transcription de sa main
Live jeudi 28 juin 2012・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°192

Jean-Andoche JUNOT (1771-1813) Duc d'Abrantès, général. L.A.S., [Montbard] 6 juillet [1813], à son valet de chambre Joseph, à Gorizia; 2 pages in-4, adresse avec contreseing autographe, cachet cire rouge aux armes (qqs lég. rouss. et fentes, cachet de collection). Étonnante lettre écrite dans un état de folie, peu de temps avant sa mort. [Ayant donné de nombreux signes d'aliénation mentale, Junot avait été relevé récemment de ses fonctions de gouverneur général des Provinces illyriennes; il sera admis à la retraite le 22 juillet 1813, et mourra une semaine plus tard des suites de blessures qu'il s'était infligées lui-même.] Il demande la liste de ce qu'il a emporté en quittant Gorizia. « On me vole je crois, je n'ai plus d'huillier, ni plus d'huile ni sel ni poivre ni sucre, apporte tous les verres que j'ai acheté. Hier encore Orry ma servi avec mon huile mon sel, ma moutarde mon sucre aujourd'hui je n'ai plus rien de cela. Vis vitte, et apportes moi tout ce que j'ai là pour pouvoir bien recevoir le Prince. Adieu et venez tous que personne ne se disent malade car je les regarderai comme morts, cet impertinent Constantin à qui j'avais dit que ce matin je lui donnerais mes six chevaux pour mener le fourgon jusqu'à moitié chemin parce qu'ils étaient malades, part sans me parler et sans se rendre compte, aujourd'hui, cette huile que j'ai apporté cet huillier n'est plus parce que quand le jeanfoutre est parti, tout a été mis à la débandade par les gens de sa maison »... En post-scriptum, et multipliant les signatures, le duc s'inquiète encore: « Le Prince va arriver & il n'y a rien à lui donner à manger. Fais partir quelque chose [...] Fais moi apporter tout de suite des lustres des chandeliers d'argent, mille bouteilles de vin deux cents d'eau de vie 200 de madère, cent de malvoisie, j'en ferai bon usage, mais je réfléchis il faut au contraire les garder à Trieste »... Ancienne collection du Président Robert Schuman, avec transcription de sa main

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Jean-Andoche JUNOT (1771-1813) Duc d'Abrantès, général. L.A.S., [Montbard] 6 juillet [1813], à son valet de chambre Joseph, à Gorizia; 2 pages in-4, adresse avec contreseing autographe, cachet cire rouge aux armes (qqs lég. rouss. et fentes, cachet de collection). Étonnante lettre écrite dans un état de folie, peu de temps avant sa mort. [Ayant donné de nombreux signes d'aliénation mentale, Junot avait été relevé récemment de ses fonctions de gouverneur général des Provinces illyriennes; il sera admis à la retraite le 22 juillet 1813, et mourra une semaine plus tard des suites de blessures qu'il s'était infligées lui-même.] Il demande la liste de ce qu'il a emporté en quittant Gorizia. « On me vole je crois, je n'ai plus d'huillier, ni plus d'huile ni sel ni poivre ni sucre, apporte tous les verres que j'ai acheté. Hier encore Orry ma servi avec mon huile mon sel, ma moutarde mon sucre aujourd'hui je n'ai plus rien de cela. Vis vitte, et apportes moi tout ce que j'ai là pour pouvoir bien recevoir le Prince. Adieu et venez tous que personne ne se disent malade car je les regarderai comme morts, cet impertinent Constantin à qui j'avais dit que ce matin je lui donnerais mes six chevaux pour mener le fourgon jusqu'à moitié chemin parce qu'ils étaient malades, part sans me parler et sans se rendre compte, aujourd'hui, cette huile que j'ai apporté cet huillier n'est plus parce que quand le jeanfoutre est parti, tout a été mis à la débandade par les gens de sa maison »... En post-scriptum, et multipliant les signatures, le duc s'inquiète encore: « Le Prince va arriver & il n'y a rien à lui donner à manger. Fais partir quelque chose [...] Fais moi apporter tout de suite des lustres des chandeliers d'argent, mille bouteilles de vin deux cents d'eau de vie 200 de madère, cent de malvoisie, j'en ferai bon usage, mais je réfléchis il faut au contraire les garder à Trieste »... Ancienne collection du Président Robert Schuman, avec transcription de sa main
Vente jeudi 28 juin 2012・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris