Louis VALTAT (1869 - 1952)
Au Moulin Rouge (recto); Scène de café (verso), 1895
Pastel - Pastel et aquarelle sur papier brun.
Timbré en bas à droite.
64,5 x 49,5 cm

Provenance : 
- Probablement Collection Ambroise Vollard, Paris.
- Probablement Madame de Galéa, Paris. Par descendance, à son fils Robert de Galéa, Poissy et Chantilly.
- Schröder & Leisewitz Kunsthandel, Brême, 1979.
- Collection privée, nord de l’Allemagne.

Exposition : 
Louis Valtat 1869-1952, Galerie Durand-Ruel, Paris, 21 mars - 11 avril 1963, n° 6.

Un avis d’inclusion aux Archives de l’Association des Amis de Louis Valtat, en date du 28 septembre 2023, sera remis à l’acquéreur.

Louis Valtat expose régulièrement au Salon des Indépendants à partir de 1893 et présente des peintures et des gravures au Salon des Cent en 1894. La même année, il travaille aux côtés de Toulouse-Lautrec et d’André sur le décor de la première production du Chariot de terre cuite d’Aurélien Lugné-Poë au Théâtre de l’Œuvre à Paris. L’influence de Lautrec se reflète dans le choix des motifs de Valtat et dans ses images de la vie nocturne animée de la ville avec ses boulevards, ses bars, ses cafés-concerts, ses clubs, ses spectacles de variétés et ses salles de danse. Des huiles comme Le Couple au Lapin Agile et Chez Maxim’s - toutes deux exécutées en 1895 - le voient adopter les formes simplifiées et les aplats de couleur qu’il avait vus dans l’œuvre de Lautrec. Mais cette approche lautréenne est de courte durée. Seul un petit nombre d’œuvres de Valtat s’apparentent stylistiquement à notre feuille. L’une d’entre elles est le pastel Aux Courses, exécuté en 1895. 

Le recto de notre feuille illustre avec une apparente nonchalance une scène de la vie nocturne parisienne qui capture l’atmosphère d’une soirée au Moulin Rouge. Le centre de l’image est occupé par une femme vêtue d’une cape, assise sur un banc. Ses lèvres sont peintes en rouge vif et ses cheveux bruns sont couronnés d’une coiffe florale. Un voile de gaze cache partiellement son regard attentif. À sa gauche, un personnage dessiné à la hâte, au menton pointu, aux traits aigus semblables à ceux d’un masque et portant une coiffe de forme étrange, se tourne vers elle. Le dossier incurvé d’une chaise est représenté au premier plan à droite, tandis que les contours d’un bras, tronqué à l’épaule, suggèrent la présence d’une figure masculine assise. Une paire de colonnes jaunes délimite le second plan, où des groupes de convives sont assis. Derrière eux, une foule se presse sur la piste de danse. On ne sait pas si la scène représentée derrière la femme est vue directement ou s’il s’agit en réalité d’un reflet dans un miroir. Le célèbre tableau de Lautrec, Au Moulin Rouge, dépeint une situation spatiale tout aussi ambiguë. Dans un essai intitulé « Dance Halls » publié dans le catalogue de l’exposition Toulouse-Lautrec et Montmartre en 2005, Richard Thomson décrit le Moulin Rouge et son public de la sorte : « Le Moulin Rouge a été ouvert par Charles Zidler et son associé Joseph Oller en octobre 1889... Comme le Jardin de Paris, le Moulin Rouge propose une série d’attractions. La piste de danse accueille des danseuses de haut vol comme La Goulue ou la Môme Fromage ; une scène accueille des cafés-concerts avec des chanteurs allant de la populaire Yvette Guilbert au célèbre Le Pétomane ; le jardin propose des promenades à dos d’âne et des jeux de quilles ; et de nouveaux divertissements comme des cortèges et des bals costumés viennent régulièrement attirer l’attention du public. [...] Oller et Zidler ont astucieusement installé leur nouveau centre de loisirs sur le boulevard de Clichy, l’un des boulevards extérieurs qui séparent le centre cossu de Paris du quartier plus populaire de Montmartre. [...] Les propriétaires devaient sans nul doute être conscients que leurs attractions tape-à-l’œil prospéraient grâce à la prostitution. Bien qu’ils ne profitaient pas directement de ce marché, la présence à peine dissimulée de prostituées en leurs murs servait d’appât à leur clientèle ».

Dans son tableau L’Anglais au Moulin Rouge, Lautrec représente un étranger élégant s’adressant à deux vamps élégamment vêtues. Le moment ici saisi par Valtat est figé dans le temps et son issue est laissée à l’imagination du spectateur. La juxtaposition du pastel bleu vif avec des touches de jaunes, la robustesse de la touche, la force de la liberté du trait, ainsi que le choix du papier brun-gris, révèlent la réelle étendue de l’influence stylistique de Lautrec sur le jeune Valtat. À ce titre, la comparaison entre ce pastel de Valtat et le portrait à l’huile et au pastel de May Milton réalisé par Lautrec est éclairante.
La Scène de Café de Valtat - exécutée à l’aquarelle et au pastel au verso de cette feuille - es
Live vendredi 22 mars 2024・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°170

Louis VALTAT (1869 - 1952) Au Moulin Rouge (recto); Scène de café (verso), 1895 Pastel - Pastel et aquarelle sur papier brun. Timbré en bas à droite. 64,5 x 49,5 cm Provenance : - Probablement Collection Ambroise Vollard, Paris. - Probablement Madame de Galéa, Paris. Par descendance, à son fils Robert de Galéa, Poissy et Chantilly. - Schröder & Leisewitz Kunsthandel, Brême, 1979. - Collection privée, nord de l’Allemagne. Exposition : Louis Valtat 1869-1952, Galerie Durand-Ruel, Paris, 21 mars - 11 avril 1963, n° 6. Un avis d’inclusion aux Archives de l’Association des Amis de Louis Valtat, en date du 28 septembre 2023, sera remis à l’acquéreur. Louis Valtat expose régulièrement au Salon des Indépendants à partir de 1893 et présente des peintures et des gravures au Salon des Cent en 1894. La même année, il travaille aux côtés de Toulouse-Lautrec et d’André sur le décor de la première production du Chariot de terre cuite d’Aurélien Lugné-Poë au Théâtre de l’Œuvre à Paris. L’influence de Lautrec se reflète dans le choix des motifs de Valtat et dans ses images de la vie nocturne animée de la ville avec ses boulevards, ses bars, ses cafés-concerts, ses clubs, ses spectacles de variétés et ses salles de danse. Des huiles comme Le Couple au Lapin Agile et Chez Maxim’s - toutes deux exécutées en 1895 - le voient adopter les formes simplifiées et les aplats de couleur qu’il avait vus dans l’œuvre de Lautrec. Mais cette approche lautréenne est de courte durée. Seul un petit nombre d’œuvres de Valtat s’apparentent stylistiquement à notre feuille. L’une d’entre elles est le pastel Aux Courses, exécuté en 1895. Le recto de notre feuille illustre avec une apparente nonchalance une scène de la vie nocturne parisienne qui capture l’atmosphère d’une soirée au Moulin Rouge. Le centre de l’image est occupé par une femme vêtue d’une cape, assise sur un banc. Ses lèvres sont peintes en rouge vif et ses cheveux bruns sont couronnés d’une coiffe florale. Un voile de gaze cache partiellement son regard attentif. À sa gauche, un personnage dessiné à la hâte, au menton pointu, aux traits aigus semblables à ceux d’un masque et portant une coiffe de forme étrange, se tourne vers elle. Le dossier incurvé d’une chaise est représenté au premier plan à droite, tandis que les contours d’un bras, tronqué à l’épaule, suggèrent la présence d’une figure masculine assise. Une paire de colonnes jaunes délimite le second plan, où des groupes de convives sont assis. Derrière eux, une foule se presse sur la piste de danse. On ne sait pas si la scène représentée derrière la femme est vue directement ou s’il s’agit en réalité d’un reflet dans un miroir. Le célèbre tableau de Lautrec, Au Moulin Rouge, dépeint une situation spatiale tout aussi ambiguë. Dans un essai intitulé « Dance Halls » publié dans le catalogue de l’exposition Toulouse-Lautrec et Montmartre en 2005, Richard Thomson décrit le Moulin Rouge et son public de la sorte : « Le Moulin Rouge a été ouvert par Charles Zidler et son associé Joseph Oller en octobre 1889... Comme le Jardin de Paris, le Moulin Rouge propose une série d’attractions. La piste de danse accueille des danseuses de haut vol comme La Goulue ou la Môme Fromage ; une scène accueille des cafés-concerts avec des chanteurs allant de la populaire Yvette Guilbert au célèbre Le Pétomane ; le jardin propose des promenades à dos d’âne et des jeux de quilles ; et de nouveaux divertissements comme des cortèges et des bals costumés viennent régulièrement attirer l’attention du public. [...] Oller et Zidler ont astucieusement installé leur nouveau centre de loisirs sur le boulevard de Clichy, l’un des boulevards extérieurs qui séparent le centre cossu de Paris du quartier plus populaire de Montmartre. [...] Les propriétaires devaient sans nul doute être conscients que leurs attractions tape-à-l’œil prospéraient grâce à la prostitution. Bien qu’ils ne profitaient pas directement de ce marché, la présence à peine dissimulée de prostituées en leurs murs servait d’appât à leur clientèle ». Dans son tableau L’Anglais au Moulin Rouge, Lautrec représente un étranger élégant s’adressant à deux vamps élégamment vêtues. Le moment ici saisi par Valtat est figé dans le temps et son issue est laissée à l’imagination du spectateur. La juxtaposition du pastel bleu vif avec des touches de jaunes, la robustesse de la touche, la force de la liberté du trait, ainsi que le choix du papier brun-gris, révèlent la réelle étendue de l’influence stylistique de Lautrec sur le jeune Valtat. À ce titre, la comparaison entre ce pastel de Valtat et le portrait à l’huile et au pastel de May Milton réalisé par Lautrec est éclairante. La Scène de Café de Valtat - exécutée à l’aquarelle et au pastel au verso de cette feuille - es

Résultat
104 000 €
Frais de vente
30%
Louis VALTAT (1869 - 1952) Au Moulin Rouge (recto); Scène de café (verso), 1895 Pastel - Pastel et aquarelle sur papier brun. Timbré en bas à droite. 64,5 x 49,5 cm Provenance : - Probablement Collection Ambroise Vollard, Paris. - Probablement Madame de Galéa, Paris. Par descendance, à son fils Robert de Galéa, Poissy et Chantilly. - Schröder & Leisewitz Kunsthandel, Brême, 1979. - Collection privée, nord de l’Allemagne. Exposition : Louis Valtat 1869-1952, Galerie Durand-Ruel, Paris, 21 mars - 11 avril 1963, n° 6. Un avis d’inclusion aux Archives de l’Association des Amis de Louis Valtat, en date du 28 septembre 2023, sera remis à l’acquéreur. Louis Valtat expose régulièrement au Salon des Indépendants à partir de 1893 et présente des peintures et des gravures au Salon des Cent en 1894. La même année, il travaille aux côtés de Toulouse-Lautrec et d’André sur le décor de la première production du Chariot de terre cuite d’Aurélien Lugné-Poë au Théâtre de l’Œuvre à Paris. L’influence de Lautrec se reflète dans le choix des motifs de Valtat et dans ses images de la vie nocturne animée de la ville avec ses boulevards, ses bars, ses cafés-concerts, ses clubs, ses spectacles de variétés et ses salles de danse. Des huiles comme Le Couple au Lapin Agile et Chez Maxim’s - toutes deux exécutées en 1895 - le voient adopter les formes simplifiées et les aplats de couleur qu’il avait vus dans l’œuvre de Lautrec. Mais cette approche lautréenne est de courte durée. Seul un petit nombre d’œuvres de Valtat s’apparentent stylistiquement à notre feuille. L’une d’entre elles est le pastel Aux Courses, exécuté en 1895. Le recto de notre feuille illustre avec une apparente nonchalance une scène de la vie nocturne parisienne qui capture l’atmosphère d’une soirée au Moulin Rouge. Le centre de l’image est occupé par une femme vêtue d’une cape, assise sur un banc. Ses lèvres sont peintes en rouge vif et ses cheveux bruns sont couronnés d’une coiffe florale. Un voile de gaze cache partiellement son regard attentif. À sa gauche, un personnage dessiné à la hâte, au menton pointu, aux traits aigus semblables à ceux d’un masque et portant une coiffe de forme étrange, se tourne vers elle. Le dossier incurvé d’une chaise est représenté au premier plan à droite, tandis que les contours d’un bras, tronqué à l’épaule, suggèrent la présence d’une figure masculine assise. Une paire de colonnes jaunes délimite le second plan, où des groupes de convives sont assis. Derrière eux, une foule se presse sur la piste de danse. On ne sait pas si la scène représentée derrière la femme est vue directement ou s’il s’agit en réalité d’un reflet dans un miroir. Le célèbre tableau de Lautrec, Au Moulin Rouge, dépeint une situation spatiale tout aussi ambiguë. Dans un essai intitulé « Dance Halls » publié dans le catalogue de l’exposition Toulouse-Lautrec et Montmartre en 2005, Richard Thomson décrit le Moulin Rouge et son public de la sorte : « Le Moulin Rouge a été ouvert par Charles Zidler et son associé Joseph Oller en octobre 1889... Comme le Jardin de Paris, le Moulin Rouge propose une série d’attractions. La piste de danse accueille des danseuses de haut vol comme La Goulue ou la Môme Fromage ; une scène accueille des cafés-concerts avec des chanteurs allant de la populaire Yvette Guilbert au célèbre Le Pétomane ; le jardin propose des promenades à dos d’âne et des jeux de quilles ; et de nouveaux divertissements comme des cortèges et des bals costumés viennent régulièrement attirer l’attention du public. [...] Oller et Zidler ont astucieusement installé leur nouveau centre de loisirs sur le boulevard de Clichy, l’un des boulevards extérieurs qui séparent le centre cossu de Paris du quartier plus populaire de Montmartre. [...] Les propriétaires devaient sans nul doute être conscients que leurs attractions tape-à-l’œil prospéraient grâce à la prostitution. Bien qu’ils ne profitaient pas directement de ce marché, la présence à peine dissimulée de prostituées en leurs murs servait d’appât à leur clientèle ». Dans son tableau L’Anglais au Moulin Rouge, Lautrec représente un étranger élégant s’adressant à deux vamps élégamment vêtues. Le moment ici saisi par Valtat est figé dans le temps et son issue est laissée à l’imagination du spectateur. La juxtaposition du pastel bleu vif avec des touches de jaunes, la robustesse de la touche, la force de la liberté du trait, ainsi que le choix du papier brun-gris, révèlent la réelle étendue de l’influence stylistique de Lautrec sur le jeune Valtat. À ce titre, la comparaison entre ce pastel de Valtat et le portrait à l’huile et au pastel de May Milton réalisé par Lautrec est éclairante. La Scène de Café de Valtat - exécutée à l’aquarelle et au pastel au verso de cette feuille - es
Vente vendredi 22 mars 2024・14:00 (Europe/Paris)
Salle 1 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris