Giuseppe MAZZINI (1805-1872) patriote et révolutionnaire italien
L.A.S. «Joseph», [Lausanne] 30 novembre [1849], à George Sand; 2 pages et demie in-8, adresse. Belle et longue lettre sur la situation politique et sur son portrait. Il commence par la féliciter chaleureusement sur François le Champi [créé à l'Odéon le 23 novembre]: «ce doit être une bonne oeuvre. Acceptez donc un serrement de main de votre ami, et puisse votre succès vous encourager au travail! Puisqu'on vous comprend, le travail, aujourd'hui même, n'est pas inutile»... Il n'a pu lire l'article de Sand Aux modérés. Il approuve le projet d'un Journal du Progrès, dont Louis Blanc ou Ledru-Rollin a dû l'informer: «en ralliant sous ce drapeau quelques noms connus de tous les pays, on donnerait une sorte de gage d'union, d'activité commune fort petite hélas! en réalité, mais significative aux yeux de ceux qui ne nous voient pas de près. Or, bien souvent, l'opinion qu'un fait exige, engendre le fait». Puis il aborde le sujet de son portrait, sur lequel il refuse de porter un jugement, puisqu'il s'agit justement de son portrait: «Made Hawkes m'aime beaucoup; elle a fait ce portrait par affection; elle a dans sa maison un peintre, Frank Stone, qui fait rage à Londres, ce qui ne prouve rien, mais ce qui contribue à maintenir l'artiste dans son erreur, si erreur il y a: - elle a eu le suffrage de Delaroche - elle a donné les 2000 fr. à Calamatta - elle en a dépensé je ne sais combien, avec le graveur anglais - elle a envoyé un certain nombre d'exemplaires à ma mère pour qu'elle les vende au profit de l'émigration romaine, - elle en fait de même ailleurs - elle se comporte envers moi avec toute la délicatesse d'une affection pure et dévouée, envers nous tous avec toute la noblesse d'une femme qui adore notre idéal. Et moi, incapable de savoir par moi-même ce qui en est, moi qui ne peux regarder un portrait de moi sans avoir envie de me moquer de moi, irais-je dire à cette femme: vous m'avez mal peint: Calamatta a raison de changer, de modifier votre oeuvre; et vous avez tort
Live jeudi 14 juin 2012・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°213

Giuseppe MAZZINI (1805-1872) patriote et révolutionnaire italien L.A.S. «Joseph», [Lausanne] 30 novembre [1849], à George Sand; 2 pages et demie in-8, adresse. Belle et longue lettre sur la situation politique et sur son portrait. Il commence par la féliciter chaleureusement sur François le Champi [créé à l'Odéon le 23 novembre]: «ce doit être une bonne oeuvre. Acceptez donc un serrement de main de votre ami, et puisse votre succès vous encourager au travail! Puisqu'on vous comprend, le travail, aujourd'hui même, n'est pas inutile»... Il n'a pu lire l'article de Sand Aux modérés. Il approuve le projet d'un Journal du Progrès, dont Louis Blanc ou Ledru-Rollin a dû l'informer: «en ralliant sous ce drapeau quelques noms connus de tous les pays, on donnerait une sorte de gage d'union, d'activité commune fort petite hélas! en réalité, mais significative aux yeux de ceux qui ne nous voient pas de près. Or, bien souvent, l'opinion qu'un fait exige, engendre le fait». Puis il aborde le sujet de son portrait, sur lequel il refuse de porter un jugement, puisqu'il s'agit justement de son portrait: «Made Hawkes m'aime beaucoup; elle a fait ce portrait par affection; elle a dans sa maison un peintre, Frank Stone, qui fait rage à Londres, ce qui ne prouve rien, mais ce qui contribue à maintenir l'artiste dans son erreur, si erreur il y a: - elle a eu le suffrage de Delaroche - elle a donné les 2000 fr. à Calamatta - elle en a dépensé je ne sais combien, avec le graveur anglais - elle a envoyé un certain nombre d'exemplaires à ma mère pour qu'elle les vende au profit de l'émigration romaine, - elle en fait de même ailleurs - elle se comporte envers moi avec toute la délicatesse d'une affection pure et dévouée, envers nous tous avec toute la noblesse d'une femme qui adore notre idéal. Et moi, incapable de savoir par moi-même ce qui en est, moi qui ne peux regarder un portrait de moi sans avoir envie de me moquer de moi, irais-je dire à cette femme: vous m'avez mal peint: Calamatta a raison de changer, de modifier votre oeuvre; et vous avez tort

Estimation
1 000 € - 1 500 €
Résultat
2 000 €
Frais de vente
0%
Giuseppe MAZZINI (1805-1872) patriote et révolutionnaire italien L.A.S. «Joseph», [Lausanne] 30 novembre [1849], à George Sand; 2 pages et demie in-8, adresse. Belle et longue lettre sur la situation politique et sur son portrait. Il commence par la féliciter chaleureusement sur François le Champi [créé à l'Odéon le 23 novembre]: «ce doit être une bonne oeuvre. Acceptez donc un serrement de main de votre ami, et puisse votre succès vous encourager au travail! Puisqu'on vous comprend, le travail, aujourd'hui même, n'est pas inutile»... Il n'a pu lire l'article de Sand Aux modérés. Il approuve le projet d'un Journal du Progrès, dont Louis Blanc ou Ledru-Rollin a dû l'informer: «en ralliant sous ce drapeau quelques noms connus de tous les pays, on donnerait une sorte de gage d'union, d'activité commune fort petite hélas! en réalité, mais significative aux yeux de ceux qui ne nous voient pas de près. Or, bien souvent, l'opinion qu'un fait exige, engendre le fait». Puis il aborde le sujet de son portrait, sur lequel il refuse de porter un jugement, puisqu'il s'agit justement de son portrait: «Made Hawkes m'aime beaucoup; elle a fait ce portrait par affection; elle a dans sa maison un peintre, Frank Stone, qui fait rage à Londres, ce qui ne prouve rien, mais ce qui contribue à maintenir l'artiste dans son erreur, si erreur il y a: - elle a eu le suffrage de Delaroche - elle a donné les 2000 fr. à Calamatta - elle en a dépensé je ne sais combien, avec le graveur anglais - elle a envoyé un certain nombre d'exemplaires à ma mère pour qu'elle les vende au profit de l'émigration romaine, - elle en fait de même ailleurs - elle se comporte envers moi avec toute la délicatesse d'une affection pure et dévouée, envers nous tous avec toute la noblesse d'une femme qui adore notre idéal. Et moi, incapable de savoir par moi-même ce qui en est, moi qui ne peux regarder un portrait de moi sans avoir envie de me moquer de moi, irais-je dire à cette femme: vous m'avez mal peint: Calamatta a raison de changer, de modifier votre oeuvre; et vous avez tort
Vente jeudi 14 juin 2012・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris