Jacques LACAN (1901-1981) psychiatre et psychanalyste. Manuscrit autographe ; 28 pages in-4.


 Important texte sur les pulsions, avec références à Jérôme Bosch et à Freud, qui semble inédit.
 Ce manuscrit, au stylo bille bleu, a dû servir à préparer une " leçon " ou un séminaire ; de tout premier jet, d'une écriture rapide parfois difficilement déchiffrable, il présente de nombreuses ratures et corrections, certaines au stylo rouge. 
 Réflexions sur la pulsion, que Lacan considère comme l'un des quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Il reprend les théories de Freud pour les corroborer ou s'en dégager ; il s'intéresse aux échanges entre le Ça et le Moi, entre la sexualité et la mort et souligne l'importance du langage... 
 " Ainsi voici ce que signifient précisément ce qu'on appelle en psychanalyse les pulsions. Ce sont des tensions liées aux relations entre [le sujet et son Umwelt biffé] -? - milieu extérieur. La doctrine freudienne semble le formuler. Et nous savons que beaucoup de nos confrères freudiens des pays anglo-saxons continuent à penser en termes d'épreuves de la réalité donnée comme pure et simple - les formes constituées du sujet qui leur apportent l'adaptation ".
 Ces pulsions sont régies par le souvenir des puissances " sources de son bien-être - et donc les puissances parentales ". Ces pulsions primitives se retrouvent " dans ce rapport imaginaire ", et dans " un échange avec le milieu qui se définit par les orifices du corps - bouche, anus, organe sexuel ". Le psychanalyste se pique de biologie comme référence " pour expliquer la crainte de la pénétration chez la femelle et les réalités de l'organisme en danger. [...] Les Pulsions représentent bien en effet le Ça [...] Ça mange - Ça chie - ça décharge "...
 Lacan, évoquant les " mystères intrigants du libertinage de la chair où seuls les adeptes prétendent trouver la libération de l'esprit ", fait référence au célèbre tableau de Jérôme Bosch : " Le Jardin des délices du Musée de Madrid nous montre toutes les concupiscences dans ces œufs béants [...]ces soufflets infernaux et ces entonnoirs obscènes. Ces corps pantelants aux membres suppliciés [...] tordus par le spasme "...
 Puis il cite le cas de certains de ses patients, comme une femme qui se souvient de sa petite enfance : " Elle suçotait son pouce - forme supposée de la masturbation ", ou cet homme dans " un délire de jalousie ", qu'il définit comme " une fixation prégénitale à l'autre.
 Plus loin, il en vient au Moi "  reconnu depuis Hegel ", et le " sentiment universel de son objet fantasmatique. [...] Le moi est un discours exprimé par des choses, une ceinture biographique où les signes marquent des négations "...
 Il s'intéresse ensuite longuement à L'Homme aux Loups (récit par Freud des cinq psychanalyses de son patient Sergueï Pankejeff), dans lequel " la dialectique, tout ce contact, toute cette éducation qu'il faut faire rentrer à un sujet d'une culture étrangère sont passés sous silence [...] En fait, entre la dialectique et l'organisme, il y a très précisément ce moi dont nous avons montré la fonction [...] il y a une névrose obsessionnelle. On a souvent admiré la rigueur le scrupule de la discussion que mène Freud pour trancher de la réalité ou non de la scène primitive, qui est comme chacun sait en ce cas la scène observée d'un coït anal entre les parents "... Lacan met en avant " la notion de vérité réalisée par le discours [...] Car assurément il ne s'agit point de fantasmes. La distinction entre le fantasme et l'imago est dores et déjà très bien faite "... Pour le patient, " la scène a été refoulée - à cause de significations homosexuelles, de l'identification qu'il y éprouve à la mère. En fait la réaction se fait sur le plan d'un schèze hystérique. Un appareil est affecté par cette contemplation traumatisante, l'appareil digestif. La réaction immédiate, l'incontinence anale [...] noyau hystérique perceptible à l'origine de toute Zwangsneurose. La scène est perçue dans le registre narcissique préspéculaire de l'assimilation à un objet "...
 Et Lacan insiste sur le rôle de l'inconscient dans  " cette rencontre avec un événement significatif qui arrache aux lois de l'harmonie la sexualité du sujet à l'agi de l'impuissance. C'est ce qu'on appelle une fatalité. Mieux encore un destin [...] L'auteur le rencontre avec l'image de la mort qui préside aux premières clefs de la vie "... Etc.
Live mercredi 6 décembre 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°206

Jacques LACAN (1901-1981) psychiatre et psychanalyste. Manuscrit autographe ; 28 pages in-4. Important texte sur les pulsions, avec références à Jérôme Bosch et à Freud, qui semble inédit. Ce manuscrit, au stylo bille bleu, a dû servir à préparer une " leçon " ou un séminaire ; de tout premier jet, d'une écriture rapide parfois difficilement déchiffrable, il présente de nombreuses ratures et corrections, certaines au stylo rouge. Réflexions sur la pulsion, que Lacan considère comme l'un des quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Il reprend les théories de Freud pour les corroborer ou s'en dégager ; il s'intéresse aux échanges entre le Ça et le Moi, entre la sexualité et la mort et souligne l'importance du langage... " Ainsi voici ce que signifient précisément ce qu'on appelle en psychanalyse les pulsions. Ce sont des tensions liées aux relations entre [le sujet et son Umwelt biffé] -? - milieu extérieur. La doctrine freudienne semble le formuler. Et nous savons que beaucoup de nos confrères freudiens des pays anglo-saxons continuent à penser en termes d'épreuves de la réalité donnée comme pure et simple - les formes constituées du sujet qui leur apportent l'adaptation ". Ces pulsions sont régies par le souvenir des puissances " sources de son bien-être - et donc les puissances parentales ". Ces pulsions primitives se retrouvent " dans ce rapport imaginaire ", et dans " un échange avec le milieu qui se définit par les orifices du corps - bouche, anus, organe sexuel ". Le psychanalyste se pique de biologie comme référence " pour expliquer la crainte de la pénétration chez la femelle et les réalités de l'organisme en danger. [...] Les Pulsions représentent bien en effet le Ça [...] Ça mange - Ça chie - ça décharge "... Lacan, évoquant les " mystères intrigants du libertinage de la chair où seuls les adeptes prétendent trouver la libération de l'esprit ", fait référence au célèbre tableau de Jérôme Bosch : " Le Jardin des délices du Musée de Madrid nous montre toutes les concupiscences dans ces œufs béants [...]ces soufflets infernaux et ces entonnoirs obscènes. Ces corps pantelants aux membres suppliciés [...] tordus par le spasme "... Puis il cite le cas de certains de ses patients, comme une femme qui se souvient de sa petite enfance : " Elle suçotait son pouce - forme supposée de la masturbation ", ou cet homme dans " un délire de jalousie ", qu'il définit comme " une fixation prégénitale à l'autre. Plus loin, il en vient au Moi " reconnu depuis Hegel ", et le " sentiment universel de son objet fantasmatique. [...] Le moi est un discours exprimé par des choses, une ceinture biographique où les signes marquent des négations "... Il s'intéresse ensuite longuement à L'Homme aux Loups (récit par Freud des cinq psychanalyses de son patient Sergueï Pankejeff), dans lequel " la dialectique, tout ce contact, toute cette éducation qu'il faut faire rentrer à un sujet d'une culture étrangère sont passés sous silence [...] En fait, entre la dialectique et l'organisme, il y a très précisément ce moi dont nous avons montré la fonction [...] il y a une névrose obsessionnelle. On a souvent admiré la rigueur le scrupule de la discussion que mène Freud pour trancher de la réalité ou non de la scène primitive, qui est comme chacun sait en ce cas la scène observée d'un coït anal entre les parents "... Lacan met en avant " la notion de vérité réalisée par le discours [...] Car assurément il ne s'agit point de fantasmes. La distinction entre le fantasme et l'imago est dores et déjà très bien faite "... Pour le patient, " la scène a été refoulée - à cause de significations homosexuelles, de l'identification qu'il y éprouve à la mère. En fait la réaction se fait sur le plan d'un schèze hystérique. Un appareil est affecté par cette contemplation traumatisante, l'appareil digestif. La réaction immédiate, l'incontinence anale [...] noyau hystérique perceptible à l'origine de toute Zwangsneurose. La scène est perçue dans le registre narcissique préspéculaire de l'assimilation à un objet "... Et Lacan insiste sur le rôle de l'inconscient dans " cette rencontre avec un événement significatif qui arrache aux lois de l'harmonie la sexualité du sujet à l'agi de l'impuissance. C'est ce qu'on appelle une fatalité. Mieux encore un destin [...] L'auteur le rencontre avec l'image de la mort qui préside aux premières clefs de la vie "... Etc.

Estimation
4 000 € - 5 000 €
Résultat
6 656 €
Frais de vente
28%
Jacques LACAN (1901-1981) psychiatre et psychanalyste. Manuscrit autographe ; 28 pages in-4. Important texte sur les pulsions, avec références à Jérôme Bosch et à Freud, qui semble inédit. Ce manuscrit, au stylo bille bleu, a dû servir à préparer une " leçon " ou un séminaire ; de tout premier jet, d'une écriture rapide parfois difficilement déchiffrable, il présente de nombreuses ratures et corrections, certaines au stylo rouge. Réflexions sur la pulsion, que Lacan considère comme l'un des quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Il reprend les théories de Freud pour les corroborer ou s'en dégager ; il s'intéresse aux échanges entre le Ça et le Moi, entre la sexualité et la mort et souligne l'importance du langage... " Ainsi voici ce que signifient précisément ce qu'on appelle en psychanalyse les pulsions. Ce sont des tensions liées aux relations entre [le sujet et son Umwelt biffé] -? - milieu extérieur. La doctrine freudienne semble le formuler. Et nous savons que beaucoup de nos confrères freudiens des pays anglo-saxons continuent à penser en termes d'épreuves de la réalité donnée comme pure et simple - les formes constituées du sujet qui leur apportent l'adaptation ". Ces pulsions sont régies par le souvenir des puissances " sources de son bien-être - et donc les puissances parentales ". Ces pulsions primitives se retrouvent " dans ce rapport imaginaire ", et dans " un échange avec le milieu qui se définit par les orifices du corps - bouche, anus, organe sexuel ". Le psychanalyste se pique de biologie comme référence " pour expliquer la crainte de la pénétration chez la femelle et les réalités de l'organisme en danger. [...] Les Pulsions représentent bien en effet le Ça [...] Ça mange - Ça chie - ça décharge "... Lacan, évoquant les " mystères intrigants du libertinage de la chair où seuls les adeptes prétendent trouver la libération de l'esprit ", fait référence au célèbre tableau de Jérôme Bosch : " Le Jardin des délices du Musée de Madrid nous montre toutes les concupiscences dans ces œufs béants [...]ces soufflets infernaux et ces entonnoirs obscènes. Ces corps pantelants aux membres suppliciés [...] tordus par le spasme "... Puis il cite le cas de certains de ses patients, comme une femme qui se souvient de sa petite enfance : " Elle suçotait son pouce - forme supposée de la masturbation ", ou cet homme dans " un délire de jalousie ", qu'il définit comme " une fixation prégénitale à l'autre. Plus loin, il en vient au Moi " reconnu depuis Hegel ", et le " sentiment universel de son objet fantasmatique. [...] Le moi est un discours exprimé par des choses, une ceinture biographique où les signes marquent des négations "... Il s'intéresse ensuite longuement à L'Homme aux Loups (récit par Freud des cinq psychanalyses de son patient Sergueï Pankejeff), dans lequel " la dialectique, tout ce contact, toute cette éducation qu'il faut faire rentrer à un sujet d'une culture étrangère sont passés sous silence [...] En fait, entre la dialectique et l'organisme, il y a très précisément ce moi dont nous avons montré la fonction [...] il y a une névrose obsessionnelle. On a souvent admiré la rigueur le scrupule de la discussion que mène Freud pour trancher de la réalité ou non de la scène primitive, qui est comme chacun sait en ce cas la scène observée d'un coït anal entre les parents "... Lacan met en avant " la notion de vérité réalisée par le discours [...] Car assurément il ne s'agit point de fantasmes. La distinction entre le fantasme et l'imago est dores et déjà très bien faite "... Pour le patient, " la scène a été refoulée - à cause de significations homosexuelles, de l'identification qu'il y éprouve à la mère. En fait la réaction se fait sur le plan d'un schèze hystérique. Un appareil est affecté par cette contemplation traumatisante, l'appareil digestif. La réaction immédiate, l'incontinence anale [...] noyau hystérique perceptible à l'origine de toute Zwangsneurose. La scène est perçue dans le registre narcissique préspéculaire de l'assimilation à un objet "... Et Lacan insiste sur le rôle de l'inconscient dans " cette rencontre avec un événement significatif qui arrache aux lois de l'harmonie la sexualité du sujet à l'agi de l'impuissance. C'est ce qu'on appelle une fatalité. Mieux encore un destin [...] L'auteur le rencontre avec l'image de la mort qui préside aux premières clefs de la vie "... Etc.
Vente mercredi 6 décembre 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris