Charles Méryon (1821-1868) 
San Francisco. 1855-1856. Eau-forte sur acier (d’après 5 daguerréotypes). 990 x 240. Delteil 73 ; Schneiderman 54. Très belle épreuve d’un tirage postérieur sur japon vergé. Fins et longs plis cassés verticaux (l’épreuve ayant été anciennement roulée). Légère trace d’oxydation aux bords du feuillet. Petit accroc en pied. Belles marges [1185 x 365]. 

Cette eau-forte fut commandée par les banquiers J. Beyerque et F.-A. Pioche. En avril 1856, dans une lettre à son père, Méryon écrit : « Je travaille toujours à ma vue de San-Francisco. J’y ajoute des travaux qui ont pour but de la colorer ; je vais donc prochainement lui faire subir une morsure secondaire pour laquelle j’aurai besoin encore d’une assez grande attention, comme aussi d’un peu de chance. Ce sera la planche qui m’aura coûté les plus vives émotions. » À la même époque (décembre 1855), Charles a été déclaré comme « entièrement aliéné ». Vers septembre 1856, dans une lettre non datée, adressée à son père, Méryon revient sur la peine que lui a donnée cette planche : « Je vous en ai déjà parlé : c’est une grande vue de San Francisco, dont le dessin m’avait été donné en cinq épreuves juxtaposées de daguerréotype. Comme ces épreuves ne se raccordaient que difficilement tant à cause de la déviation des lignes que de la confusion qui existe toujours aux limites, il m’a fallu une peine inouïe pour en faire un seul dessin à peu près correct. » Les petites plaques daguerréotypées se raccordaient en effet assez mal, car l’opérateur les avait certainement, selon l’artiste, prises à des heures différentes de la journée. Il poursuit sa lettre en expliquant que dans le but d’obtenir un grand nombre d’épreuves, avec une finesse de détail suffisante, il a entrepris de graver pour la première fois sur acier. Finalement, Méryon écrit en mars 1857 : « … j’ai terminé ma vue de San Francisco à mon grand soulagement (…) ma persévérance a été suivie par un succès inattendu… »

« Ainsi, cette eau-forte de San Francisco représente un an de travail d’un des plus grands graveurs de l’école française (…) Quatre des dessins préparatoires sont conservés à the Art Institute of Chicago. » (Jean Ducros, Charles Meryon, officier de marine, peintre-graveur, 1821-1868, cat. d’exposition, musée de la Marine, Paris, octobre, 1968-janvier 1969, n° 764).
Live mercredi 29 novembre 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°173

Charles Méryon (1821-1868) San Francisco. 1855-1856. Eau-forte sur acier (d’après 5 daguerréotypes). 990 x 240. Delteil 73 ; Schneiderman 54. Très belle épreuve d’un tirage postérieur sur japon vergé. Fins et longs plis cassés verticaux (l’épreuve ayant été anciennement roulée). Légère trace d’oxydation aux bords du feuillet. Petit accroc en pied. Belles marges [1185 x 365]. Cette eau-forte fut commandée par les banquiers J. Beyerque et F.-A. Pioche. En avril 1856, dans une lettre à son père, Méryon écrit : « Je travaille toujours à ma vue de San-Francisco. J’y ajoute des travaux qui ont pour but de la colorer ; je vais donc prochainement lui faire subir une morsure secondaire pour laquelle j’aurai besoin encore d’une assez grande attention, comme aussi d’un peu de chance. Ce sera la planche qui m’aura coûté les plus vives émotions. » À la même époque (décembre 1855), Charles a été déclaré comme « entièrement aliéné ». Vers septembre 1856, dans une lettre non datée, adressée à son père, Méryon revient sur la peine que lui a donnée cette planche : « Je vous en ai déjà parlé : c’est une grande vue de San Francisco, dont le dessin m’avait été donné en cinq épreuves juxtaposées de daguerréotype. Comme ces épreuves ne se raccordaient que difficilement tant à cause de la déviation des lignes que de la confusion qui existe toujours aux limites, il m’a fallu une peine inouïe pour en faire un seul dessin à peu près correct. » Les petites plaques daguerréotypées se raccordaient en effet assez mal, car l’opérateur les avait certainement, selon l’artiste, prises à des heures différentes de la journée. Il poursuit sa lettre en expliquant que dans le but d’obtenir un grand nombre d’épreuves, avec une finesse de détail suffisante, il a entrepris de graver pour la première fois sur acier. Finalement, Méryon écrit en mars 1857 : « … j’ai terminé ma vue de San Francisco à mon grand soulagement (…) ma persévérance a été suivie par un succès inattendu… » « Ainsi, cette eau-forte de San Francisco représente un an de travail d’un des plus grands graveurs de l’école française (…) Quatre des dessins préparatoires sont conservés à the Art Institute of Chicago. » (Jean Ducros, Charles Meryon, officier de marine, peintre-graveur, 1821-1868, cat. d’exposition, musée de la Marine, Paris, octobre, 1968-janvier 1969, n° 764).

Estimation
800 € - 1 000 €
Résultat
1 024 €
Frais de vente
28%
Charles Méryon (1821-1868) San Francisco. 1855-1856. Eau-forte sur acier (d’après 5 daguerréotypes). 990 x 240. Delteil 73 ; Schneiderman 54. Très belle épreuve d’un tirage postérieur sur japon vergé. Fins et longs plis cassés verticaux (l’épreuve ayant été anciennement roulée). Légère trace d’oxydation aux bords du feuillet. Petit accroc en pied. Belles marges [1185 x 365]. Cette eau-forte fut commandée par les banquiers J. Beyerque et F.-A. Pioche. En avril 1856, dans une lettre à son père, Méryon écrit : « Je travaille toujours à ma vue de San-Francisco. J’y ajoute des travaux qui ont pour but de la colorer ; je vais donc prochainement lui faire subir une morsure secondaire pour laquelle j’aurai besoin encore d’une assez grande attention, comme aussi d’un peu de chance. Ce sera la planche qui m’aura coûté les plus vives émotions. » À la même époque (décembre 1855), Charles a été déclaré comme « entièrement aliéné ». Vers septembre 1856, dans une lettre non datée, adressée à son père, Méryon revient sur la peine que lui a donnée cette planche : « Je vous en ai déjà parlé : c’est une grande vue de San Francisco, dont le dessin m’avait été donné en cinq épreuves juxtaposées de daguerréotype. Comme ces épreuves ne se raccordaient que difficilement tant à cause de la déviation des lignes que de la confusion qui existe toujours aux limites, il m’a fallu une peine inouïe pour en faire un seul dessin à peu près correct. » Les petites plaques daguerréotypées se raccordaient en effet assez mal, car l’opérateur les avait certainement, selon l’artiste, prises à des heures différentes de la journée. Il poursuit sa lettre en expliquant que dans le but d’obtenir un grand nombre d’épreuves, avec une finesse de détail suffisante, il a entrepris de graver pour la première fois sur acier. Finalement, Méryon écrit en mars 1857 : « … j’ai terminé ma vue de San Francisco à mon grand soulagement (…) ma persévérance a été suivie par un succès inattendu… » « Ainsi, cette eau-forte de San Francisco représente un an de travail d’un des plus grands graveurs de l’école française (…) Quatre des dessins préparatoires sont conservés à the Art Institute of Chicago. » (Jean Ducros, Charles Meryon, officier de marine, peintre-graveur, 1821-1868, cat. d’exposition, musée de la Marine, Paris, octobre, 1968-janvier 1969, n° 764).
Vente mercredi 29 novembre 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris