Frédéric-Melchior, baron de GRIMM (1723-1807).
L.A., Paris 14 mai 1772, à Ernest II, duc de Saxe-Gotha-Altenbourg; 7 pages in-8; en français. Longue et intéressante lettre au jeune prince. Grimm le remercie son de ses grâces et de ses compliments à propos du brevet (il avait été fait baron de l'Empire): « je baise la main qui a signé ce brevet; mais daignez, Monseigneur, mettre des bornes à vos bontés pour moi et ne me réduisez plus à en rougir sans cesse et à n'oser lever les yeux sur mon Prince chéri. Vous savez que la justice est la premiere vertu des Souverains, qu'une faveur accordée sans autre motif qu'un excès de bonté dont je n'ai que trop souvent et à ma confusion éprouvé les effets, est un mal en ce qu'il encourage tous ceux qui pourraient avoir un défaut de titre pareil au mien à espérer les mêmes graces »... Il se réjouit de la nouvelle de la grossesse de la Duchesse. Puis il en vient à un sujet plus politique: « Vous voulez affaiblir, Monseigneur, ce que vous avez fait pour le pays d'Altenbourg; mais vous ne savez pas encore calomnier avec assez d'adresse mon souverain. Je serais bien moins charmé du don que du prêt qu'il a fait à ses sujets. Il n'y a guere que des fainéans qui aient besoin de dons, mais des hommes industrieux, laborieux peuvent avoir besoin de secours. C'est remplir un devoir bien doux que de venir à propos au secours de tels hommes; voilà pourquoi, entre mille autres raisons, je desire si vivement que les finances soient toujours dans le plus grand ordre et dans le meilleur état, parce qu'on a alors les moyens de donner ces secours. Mais changer ces secours en dons n'aurait peut-être d'autre effet que de relâcher le ressort de l'industrie si précieux à conserver et à augmenter parmi ce peuple »... Quant à l'état du Gymnasium, Grimm rappelle ce que lui disait Geysler: « que tous ceux qui présidaient aux classes inférieures étaient des gens incapables de leurs places. C'est une chose à éclaircir, car il vaut mieux renvoyer ces gens-là en leur laissant leurs pensions [...] que de les
Catalogue mardi 13 décembre 2011・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°158

Frédéric-Melchior, baron de GRIMM (1723-1807). L.A., Paris 14 mai 1772, à Ernest II, duc de Saxe-Gotha-Altenbourg; 7 pages in-8; en français. Longue et intéressante lettre au jeune prince. Grimm le remercie son de ses grâces et de ses compliments à propos du brevet (il avait été fait baron de l'Empire): « je baise la main qui a signé ce brevet; mais daignez, Monseigneur, mettre des bornes à vos bontés pour moi et ne me réduisez plus à en rougir sans cesse et à n'oser lever les yeux sur mon Prince chéri. Vous savez que la justice est la premiere vertu des Souverains, qu'une faveur accordée sans autre motif qu'un excès de bonté dont je n'ai que trop souvent et à ma confusion éprouvé les effets, est un mal en ce qu'il encourage tous ceux qui pourraient avoir un défaut de titre pareil au mien à espérer les mêmes graces »... Il se réjouit de la nouvelle de la grossesse de la Duchesse. Puis il en vient à un sujet plus politique: « Vous voulez affaiblir, Monseigneur, ce que vous avez fait pour le pays d'Altenbourg; mais vous ne savez pas encore calomnier avec assez d'adresse mon souverain. Je serais bien moins charmé du don que du prêt qu'il a fait à ses sujets. Il n'y a guere que des fainéans qui aient besoin de dons, mais des hommes industrieux, laborieux peuvent avoir besoin de secours. C'est remplir un devoir bien doux que de venir à propos au secours de tels hommes; voilà pourquoi, entre mille autres raisons, je desire si vivement que les finances soient toujours dans le plus grand ordre et dans le meilleur état, parce qu'on a alors les moyens de donner ces secours. Mais changer ces secours en dons n'aurait peut-être d'autre effet que de relâcher le ressort de l'industrie si précieux à conserver et à augmenter parmi ce peuple »... Quant à l'état du Gymnasium, Grimm rappelle ce que lui disait Geysler: « que tous ceux qui présidaient aux classes inférieures étaient des gens incapables de leurs places. C'est une chose à éclaircir, car il vaut mieux renvoyer ces gens-là en leur laissant leurs pensions [...] que de les

Estimation
1 000 € - 1 200 €
Résultat
1 600 €
Frais de vente
0%
Frédéric-Melchior, baron de GRIMM (1723-1807). L.A., Paris 14 mai 1772, à Ernest II, duc de Saxe-Gotha-Altenbourg; 7 pages in-8; en français. Longue et intéressante lettre au jeune prince. Grimm le remercie son de ses grâces et de ses compliments à propos du brevet (il avait été fait baron de l'Empire): « je baise la main qui a signé ce brevet; mais daignez, Monseigneur, mettre des bornes à vos bontés pour moi et ne me réduisez plus à en rougir sans cesse et à n'oser lever les yeux sur mon Prince chéri. Vous savez que la justice est la premiere vertu des Souverains, qu'une faveur accordée sans autre motif qu'un excès de bonté dont je n'ai que trop souvent et à ma confusion éprouvé les effets, est un mal en ce qu'il encourage tous ceux qui pourraient avoir un défaut de titre pareil au mien à espérer les mêmes graces »... Il se réjouit de la nouvelle de la grossesse de la Duchesse. Puis il en vient à un sujet plus politique: « Vous voulez affaiblir, Monseigneur, ce que vous avez fait pour le pays d'Altenbourg; mais vous ne savez pas encore calomnier avec assez d'adresse mon souverain. Je serais bien moins charmé du don que du prêt qu'il a fait à ses sujets. Il n'y a guere que des fainéans qui aient besoin de dons, mais des hommes industrieux, laborieux peuvent avoir besoin de secours. C'est remplir un devoir bien doux que de venir à propos au secours de tels hommes; voilà pourquoi, entre mille autres raisons, je desire si vivement que les finances soient toujours dans le plus grand ordre et dans le meilleur état, parce qu'on a alors les moyens de donner ces secours. Mais changer ces secours en dons n'aurait peut-être d'autre effet que de relâcher le ressort de l'industrie si précieux à conserver et à augmenter parmi ce peuple »... Quant à l'état du Gymnasium, Grimm rappelle ce que lui disait Geysler: « que tous ceux qui présidaient aux classes inférieures étaient des gens incapables de leurs places. C'est une chose à éclaircir, car il vaut mieux renvoyer ces gens-là en leur laissant leurs pensions [...] que de les
Vente mardi 13 décembre 2011・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris