Alfred de VIGNY (1797-1863). 53 L.A.S. (4 d’un paraphe, 7 non signées et 5 incomplètes de la fin), 1841-1863, à Céline Chollet ; environ 162 pages in-8, une adresse (à Monsieur Chollet). 
On joint une miniature peinte représentant Céline Chollet (5,5 x 4,7 cm)
Lot vendu en collaboration avec
Jean-Marc DELVAUX
Commissaire-priseur

Importante et exceptionnelle correspondance intime.
Cette mystérieuse correspondante privilégiée était restée inconnue jusqu’en 2000, lorsque la publication de ces 53 lettres inédites par les soins de Jacques Charpentreau en a révélé l’existence. Céline Labatut, Mme Chollet (1809-1875), née à Charleston (Caroline du Sud) de parents chassés de Saint-Domingue, avait épousé à Paris en 1828 Auguste Chollet (1801-après 1856), fonctionnaire au ministère des Finances et musicien amateur, frère du pianiste Louis Chollet. Les Chollet eurent un fils, Charles, né en 1829. Céline Chollet tenait à Paris un petit salon littéraire et musical. C’est en 1841 que commence cette amitié avec Vigny. La famille de Céline Chollet était, semble-t-il, liée ou apparentée aux Clérembault, cousins de Vigny.
Nous ne pouvons donner ici qu’un bref aperçu de ces très belles, et souvent longues, lettres.
1841. 2 octobre. Il envoie le texte d’une « Romance inédite de Sedaine » que Céline Chollet lui avait chantée avec « un talent si naturel et si simple ». Il garde le souvenir de « notre bonne petite soirée de musique et d’intimité »...
1842. – 25 janvier, nouvelles de sa femme Lydia ; il cite Chénier. – 21 mars. La santé de Lydia lui donne de « graves inquiétudes » ; sa présence est « nécessaire comme maître de maison et interprète quelquefois » ; il n’est seul et au calme qu’à « deux heures après minuit »… – [Mai]. Il est pris par la grippe, « ridicule maladie », et rest « comme un animal sauvage et gardé dans ma tannière » ; il évoque la catastrophe ferroviaire de Meudon, « ce volcan industriel »… – 17 août. Il lui portera son travail sur Sedaine. – 29 septembre. Il est à nouveau garde-malade de Lydia. – 28 décembre. Il s’est blessé à la jambe ; les médecins lui interdisent de se tenir debout…
1843. – [23 mars ?]. Il évoque les « pauvres Antilles » et le « bouleversement », tremblement de terre du 8 février… – 10 avril. Il est très occupé par ses affaires de France et par celles d’Angleterre. II cherche « une Française qui ait le goût de l’émigration en Amérique ». – 15 avril. Condoléances après la mort de la mère de Céline. – 22 octobre. Il relate l’accident de Lydia : « une bougie avait mis le feu à ces inutilités de dentelles »... – 10 décembre. Il est encore « garde malade ».
5 août 1844. Il faut lui trouver « une très belle Demoiselle » qu’on lui réclame de Charleston. Il est cloué au lit par une courbature.
1845. – 3 mars. « J’avais bien l’intention formelle de vous aller voir Samedi, Madame, pour vous parler de la France, de l’Amérique et de tout l’univers et de bien d’autres choses encore mais, hélas ! mes fonctions de garde-malade qui ne cessent qu’à moitié quand elles semblent cesser, m’ont retenu chez moi, et quand j’en sors c’est pour courir chez un médecin »… – 26 mars. Il recommande le secret sur M. et Mme de Pellieux : « Qu’ils trouvent au moins la paix dans le nouveau monde ces pauvres jeunes gens puisque l’ancien la leur a refusée ». – 9 septembre. Céline Chollet est « au bord des lacs. « Vous serez peut-être entraînée à rester comme la Dame du Lac, mais moi je me séparerai des bois avec plus de joie mille fois que je n’en ai à les aller chercher ; je vous en réponds, et je trouverai autant de charmes au ruisseau de la Rue St Honoré que Mme de Staël en trouvait à celui de la Rue du Bac qu’elle invoquait au milieu de la Suisse la plus belle et des glaciers et des gazons et des Lacs pareils au vôtre ». Il engage son amie à aller voir l’auberge de ses Amants de Montmorency…
1846. Le Maine-Giraud 24 novembre, « De ma tour dans les bois ». Vigny est dans sa propriété en Charente. Il raconte son voyage en voiture par la Touraine où il a « soixante-quatorze cousines germaines échelonnées sur le cours de la Loire dans des châteaux plus ou moins désagréables dans les temps d’inondations »… Il a vu Blois, Amboise, Chenonceaux, Chaumont (souvenir d’un épisode de Cinq-Mars), Chambord... Il raconte les travaux qu’il a entrepris au Maine-Giraud : « Je sais comment on fait l’eau-de-vie de Cognac dont mes vignes et mes bois sont voisins. J’ai fait achever les vendanges, rebâtir et couvrir d’ardoises une vieille tour, raffermir les portes massives sur leurs gonds de fer ; examiner les caves et les greniers, les vieux chênes et les prés, les fontaines transparentes »… Etc.. Il évoque ses ancêtres Baraudin, la mort de son cousin Bougainville. « J’ai trois sortes d’amis, – ceux qui m’aiment – ceux qui ne m’aiment pas et ceux qui me détestent. Vous êtes de la première classe […] Si vous désirez des œuvres nouvelles qui vous touchent, souhaitez-moi la paix, le calme […] Tout ici roule sur moi, pas une minute sans une
Live mardi 4 juillet 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°357

Alfred de VIGNY (1797-1863). 53 L.A.S. (4 d’un paraphe, 7 non signées et 5 incomplètes de la fin), 1841-1863, à Céline Chollet ; environ 162 pages in-8, une adresse (à Monsieur Chollet). On joint une miniature peinte représentant Céline Chollet (5,5 x 4,7 cm) Lot vendu en collaboration avec Jean-Marc DELVAUX Commissaire-priseur Importante et exceptionnelle correspondance intime. Cette mystérieuse correspondante privilégiée était restée inconnue jusqu’en 2000, lorsque la publication de ces 53 lettres inédites par les soins de Jacques Charpentreau en a révélé l’existence. Céline Labatut, Mme Chollet (1809-1875), née à Charleston (Caroline du Sud) de parents chassés de Saint-Domingue, avait épousé à Paris en 1828 Auguste Chollet (1801-après 1856), fonctionnaire au ministère des Finances et musicien amateur, frère du pianiste Louis Chollet. Les Chollet eurent un fils, Charles, né en 1829. Céline Chollet tenait à Paris un petit salon littéraire et musical. C’est en 1841 que commence cette amitié avec Vigny. La famille de Céline Chollet était, semble-t-il, liée ou apparentée aux Clérembault, cousins de Vigny. Nous ne pouvons donner ici qu’un bref aperçu de ces très belles, et souvent longues, lettres. 1841. 2 octobre. Il envoie le texte d’une « Romance inédite de Sedaine » que Céline Chollet lui avait chantée avec « un talent si naturel et si simple ». Il garde le souvenir de « notre bonne petite soirée de musique et d’intimité »... 1842. – 25 janvier, nouvelles de sa femme Lydia ; il cite Chénier. – 21 mars. La santé de Lydia lui donne de « graves inquiétudes » ; sa présence est « nécessaire comme maître de maison et interprète quelquefois » ; il n’est seul et au calme qu’à « deux heures après minuit »… – [Mai]. Il est pris par la grippe, « ridicule maladie », et rest « comme un animal sauvage et gardé dans ma tannière » ; il évoque la catastrophe ferroviaire de Meudon, « ce volcan industriel »… – 17 août. Il lui portera son travail sur Sedaine. – 29 septembre. Il est à nouveau garde-malade de Lydia. – 28 décembre. Il s’est blessé à la jambe ; les médecins lui interdisent de se tenir debout… 1843. – [23 mars ?]. Il évoque les « pauvres Antilles » et le « bouleversement », tremblement de terre du 8 février… – 10 avril. Il est très occupé par ses affaires de France et par celles d’Angleterre. II cherche « une Française qui ait le goût de l’émigration en Amérique ». – 15 avril. Condoléances après la mort de la mère de Céline. – 22 octobre. Il relate l’accident de Lydia : « une bougie avait mis le feu à ces inutilités de dentelles »... – 10 décembre. Il est encore « garde malade ». 5 août 1844. Il faut lui trouver « une très belle Demoiselle » qu’on lui réclame de Charleston. Il est cloué au lit par une courbature. 1845. – 3 mars. « J’avais bien l’intention formelle de vous aller voir Samedi, Madame, pour vous parler de la France, de l’Amérique et de tout l’univers et de bien d’autres choses encore mais, hélas ! mes fonctions de garde-malade qui ne cessent qu’à moitié quand elles semblent cesser, m’ont retenu chez moi, et quand j’en sors c’est pour courir chez un médecin »… – 26 mars. Il recommande le secret sur M. et Mme de Pellieux : « Qu’ils trouvent au moins la paix dans le nouveau monde ces pauvres jeunes gens puisque l’ancien la leur a refusée ». – 9 septembre. Céline Chollet est « au bord des lacs. « Vous serez peut-être entraînée à rester comme la Dame du Lac, mais moi je me séparerai des bois avec plus de joie mille fois que je n’en ai à les aller chercher ; je vous en réponds, et je trouverai autant de charmes au ruisseau de la Rue St Honoré que Mme de Staël en trouvait à celui de la Rue du Bac qu’elle invoquait au milieu de la Suisse la plus belle et des glaciers et des gazons et des Lacs pareils au vôtre ». Il engage son amie à aller voir l’auberge de ses Amants de Montmorency… 1846. Le Maine-Giraud 24 novembre, « De ma tour dans les bois ». Vigny est dans sa propriété en Charente. Il raconte son voyage en voiture par la Touraine où il a « soixante-quatorze cousines germaines échelonnées sur le cours de la Loire dans des châteaux plus ou moins désagréables dans les temps d’inondations »… Il a vu Blois, Amboise, Chenonceaux, Chaumont (souvenir d’un épisode de Cinq-Mars), Chambord... Il raconte les travaux qu’il a entrepris au Maine-Giraud : « Je sais comment on fait l’eau-de-vie de Cognac dont mes vignes et mes bois sont voisins. J’ai fait achever les vendanges, rebâtir et couvrir d’ardoises une vieille tour, raffermir les portes massives sur leurs gonds de fer ; examiner les caves et les greniers, les vieux chênes et les prés, les fontaines transparentes »… Etc.. Il évoque ses ancêtres Baraudin, la mort de son cousin Bougainville. « J’ai trois sortes d’amis, – ceux qui m’aiment – ceux qui ne m’aiment pas et ceux qui me détestent. Vous êtes de la première classe […] Si vous désirez des œuvres nouvelles qui vous touchent, souhaitez-moi la paix, le calme […] Tout ici roule sur moi, pas une minute sans une

Estimation
9 000 € - 12 000 €
Résultat
Non vendu
Frais de vente
28%
Alfred de VIGNY (1797-1863). 53 L.A.S. (4 d’un paraphe, 7 non signées et 5 incomplètes de la fin), 1841-1863, à Céline Chollet ; environ 162 pages in-8, une adresse (à Monsieur Chollet). On joint une miniature peinte représentant Céline Chollet (5,5 x 4,7 cm) Lot vendu en collaboration avec Jean-Marc DELVAUX Commissaire-priseur Importante et exceptionnelle correspondance intime. Cette mystérieuse correspondante privilégiée était restée inconnue jusqu’en 2000, lorsque la publication de ces 53 lettres inédites par les soins de Jacques Charpentreau en a révélé l’existence. Céline Labatut, Mme Chollet (1809-1875), née à Charleston (Caroline du Sud) de parents chassés de Saint-Domingue, avait épousé à Paris en 1828 Auguste Chollet (1801-après 1856), fonctionnaire au ministère des Finances et musicien amateur, frère du pianiste Louis Chollet. Les Chollet eurent un fils, Charles, né en 1829. Céline Chollet tenait à Paris un petit salon littéraire et musical. C’est en 1841 que commence cette amitié avec Vigny. La famille de Céline Chollet était, semble-t-il, liée ou apparentée aux Clérembault, cousins de Vigny. Nous ne pouvons donner ici qu’un bref aperçu de ces très belles, et souvent longues, lettres. 1841. 2 octobre. Il envoie le texte d’une « Romance inédite de Sedaine » que Céline Chollet lui avait chantée avec « un talent si naturel et si simple ». Il garde le souvenir de « notre bonne petite soirée de musique et d’intimité »... 1842. – 25 janvier, nouvelles de sa femme Lydia ; il cite Chénier. – 21 mars. La santé de Lydia lui donne de « graves inquiétudes » ; sa présence est « nécessaire comme maître de maison et interprète quelquefois » ; il n’est seul et au calme qu’à « deux heures après minuit »… – [Mai]. Il est pris par la grippe, « ridicule maladie », et rest « comme un animal sauvage et gardé dans ma tannière » ; il évoque la catastrophe ferroviaire de Meudon, « ce volcan industriel »… – 17 août. Il lui portera son travail sur Sedaine. – 29 septembre. Il est à nouveau garde-malade de Lydia. – 28 décembre. Il s’est blessé à la jambe ; les médecins lui interdisent de se tenir debout… 1843. – [23 mars ?]. Il évoque les « pauvres Antilles » et le « bouleversement », tremblement de terre du 8 février… – 10 avril. Il est très occupé par ses affaires de France et par celles d’Angleterre. II cherche « une Française qui ait le goût de l’émigration en Amérique ». – 15 avril. Condoléances après la mort de la mère de Céline. – 22 octobre. Il relate l’accident de Lydia : « une bougie avait mis le feu à ces inutilités de dentelles »... – 10 décembre. Il est encore « garde malade ». 5 août 1844. Il faut lui trouver « une très belle Demoiselle » qu’on lui réclame de Charleston. Il est cloué au lit par une courbature. 1845. – 3 mars. « J’avais bien l’intention formelle de vous aller voir Samedi, Madame, pour vous parler de la France, de l’Amérique et de tout l’univers et de bien d’autres choses encore mais, hélas ! mes fonctions de garde-malade qui ne cessent qu’à moitié quand elles semblent cesser, m’ont retenu chez moi, et quand j’en sors c’est pour courir chez un médecin »… – 26 mars. Il recommande le secret sur M. et Mme de Pellieux : « Qu’ils trouvent au moins la paix dans le nouveau monde ces pauvres jeunes gens puisque l’ancien la leur a refusée ». – 9 septembre. Céline Chollet est « au bord des lacs. « Vous serez peut-être entraînée à rester comme la Dame du Lac, mais moi je me séparerai des bois avec plus de joie mille fois que je n’en ai à les aller chercher ; je vous en réponds, et je trouverai autant de charmes au ruisseau de la Rue St Honoré que Mme de Staël en trouvait à celui de la Rue du Bac qu’elle invoquait au milieu de la Suisse la plus belle et des glaciers et des gazons et des Lacs pareils au vôtre ». Il engage son amie à aller voir l’auberge de ses Amants de Montmorency… 1846. Le Maine-Giraud 24 novembre, « De ma tour dans les bois ». Vigny est dans sa propriété en Charente. Il raconte son voyage en voiture par la Touraine où il a « soixante-quatorze cousines germaines échelonnées sur le cours de la Loire dans des châteaux plus ou moins désagréables dans les temps d’inondations »… Il a vu Blois, Amboise, Chenonceaux, Chaumont (souvenir d’un épisode de Cinq-Mars), Chambord... Il raconte les travaux qu’il a entrepris au Maine-Giraud : « Je sais comment on fait l’eau-de-vie de Cognac dont mes vignes et mes bois sont voisins. J’ai fait achever les vendanges, rebâtir et couvrir d’ardoises une vieille tour, raffermir les portes massives sur leurs gonds de fer ; examiner les caves et les greniers, les vieux chênes et les prés, les fontaines transparentes »… Etc.. Il évoque ses ancêtres Baraudin, la mort de son cousin Bougainville. « J’ai trois sortes d’amis, – ceux qui m’aiment – ceux qui ne m’aiment pas et ceux qui me détestent. Vous êtes de la première classe […] Si vous désirez des œuvres nouvelles qui vous touchent, souhaitez-moi la paix, le calme […] Tout ici roule sur moi, pas une minute sans une
Vente mardi 4 juillet 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris