Jean COCTEAU. L.A.S. « Jean », Roquebrune septembre 1929, à Max Jacob ; 1 page in-4. Très belle lettre à Max Jacob. « Max chéri, Je suis heureux de ton amitié avec Kit [le peintre Christopher Wood]. Il est pur. C’est un enfant et rien de mal ne le visite jamais. Il aime peu de monde et se fiche du reste. Que tu es brave ! Je disais à Jeanjean qu’au point d’amitié où nous en sommes il se fait une sorte de mélange de corps immatérielle – que par exemple – tu m’habites et que jamais je ne reste une seconde sans toi – même si je ne pense pas du tout à toi – je veux dire que quelque chose de toi, toujours présent en moi, partage mes moindres joies ou mes moindres peines. Cette certitude instinctive rend l’amitié paresseuse. Je pense que tu sais d’avance tout ce que je te raconterai. Mais je ne souffre pas le détail de ta convalescence et je me reproche brusquement de me contenter des nouvelles trop vagues enregistrées par le cœur. Rien de Pierre [Reverdy] ni de Maurice [Sachs]. Je crois qu’ils ne se voient plus. Dans sa dernière lettre, Maurice ne me parle pas de la rue Cambon [Gabrielle Chanel]. Je suis triste de ce mic-mac car je dois tant à notre amie. […] je t’aime et je t’embrasse »…
Estimation
500 € - 700 €
Résultat
1 152 €
Frais de vente
28%
Jean COCTEAU. L.A.S. « Jean », Roquebrune septembre 1929, à Max Jacob ; 1 page in-4.
Très belle lettre à Max Jacob.
« Max chéri, Je suis heureux de ton amitié avec Kit [le peintre Christopher Wood]. Il est pur. C’est un enfant et rien de mal ne le visite jamais. Il aime peu de monde et se fiche du reste. Que tu es brave ! Je disais à Jeanjean qu’au point d’amitié où nous en sommes il se fait une sorte de mélange de corps immatérielle – que par exemple – tu m’habites et que jamais je ne reste une seconde sans toi – même si je ne pense pas du tout à toi – je veux dire que quelque chose de toi, toujours présent en moi, partage mes moindres joies ou mes moindres peines. Cette certitude instinctive rend l’amitié paresseuse. Je pense que tu sais d’avance tout ce que je te raconterai. Mais je ne souffre pas le détail de ta convalescence et je me reproche brusquement de me contenter des nouvelles trop vagues enregistrées par le cœur. Rien de Pierre [Reverdy] ni de Maurice [Sachs]. Je crois qu’ils ne se voient plus. Dans sa dernière lettre, Maurice ne me parle pas de la rue Cambon [Gabrielle Chanel]. Je suis triste de ce mic-mac car je dois tant à notre amie. […] je t’aime et je t’embrasse »…
Vente
mardi 4 juillet 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris