Francis CARCO (1886-1958). L.A.S., Villefranche 1er juillet 1911, à Robert de La Vaissière, à la « Banque de l’Afrique Occidentale » ; 7 pages in-8 à en-tête Chambre des Députés, enveloppe. 
On joint 2 L.A.S. : 25 avril 1938

Belle et longue lettre amicale et littéraire du jeune Carco, à son ancien condisciple et ami du lycée d’Agen… Carco craint d’avoir « fait une boulette » en quittant Paris trop vite : « mes amis sont en train de me fermer plusieurs salons par leurs éloges perfides. Hein, les crapules ! On prétend que mes “lèvres minces”, mon “sourire canaille” cachent une belle vache prête à tout. J’en ai moi-même la conviction profonde, mais c’est pas des boniments à faire quand je ne suis pas là. Il y aura des représailles, nom de Dieu ! Et tout cela est venu de cette sacrée Revue » où il s’était déguisé en apache. Il pense rentrer bientôt pour tout arranger… Il évoque une « mince intrigue », avec « la sœur d’une personne qui a un salon utile d’où les camarades cherchent à me débiner […] À se tordre… Je suis l’ami avec lequel on ne couche pas mais qui permet d’oublier le mari etc. Bref cette charmante enfant va peut-être tout rétablir en me faisant avoir la commande d’une Revue de rentrée […] Naturellement la commère sera la maitresse de maison. Les copains auront les rôles dangereux, les petits casse gueule des sous entendus. Nous rirons bien »… Il a encore d’autres projets, notamment une petite anthologie avec Pellerin et Tristan Derème, et une préface de Hirsch : « Les copains vont la boucler ! ». Avec eux, il espère également « lancer une feuille sur le boulevard », dans laquelle il propose à son ami une chronique assez mordante « par exemple les Morts Vivants, vous vous feriez la main au journalisme », ou des échos : « A cinq ou six, nous pourrions avoir un organe d’une grande portée pour Paris. La feuille serait exclusivement rédigée par nous seuls. On ferait rater les prix littéraires en les donnant à l’avance. […] A chaque n° un éreintement de bas-bleu, les théâtres, les romans, un article de fond sur nous (bien entendu) et des vacheries comme les Morts Vivants »… Il propose le titre de Paris l’hiver, 5 centimes le numéro, crié sur les Boulevards et en kiosque ; avec comme salle de rédaction un café du boulevard : « Il faut créer pour notre génération un café du boulevard et non plus des greniers de quartier. Le tout serait tenu secret. Je crois l’affaire réalisable. De là nous irions très facilement au journalisme qui paie et fait connaître »… La Vaissière pourrait ainsi peut-être lâcher son emploi à la banque, où l’avait placé son oncle…
On joint 2 L.A.S. : 25 avril 1938, refusant une invitation, pris « par mon film dans lequel je me suis engagé à tourner »… 10 avril 1945, à Jean Réande, l’autorisant à « reproduire le IVe chapitre de Nostalgie de Paris dans l’ouvrage que vous préparez »…
Live mardi 4 juillet 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°161

Francis CARCO (1886-1958). L.A.S., Villefranche 1er juillet 1911, à Robert de La Vaissière, à la « Banque de l’Afrique Occidentale » ; 7 pages in-8 à en-tête Chambre des Députés, enveloppe. On joint 2 L.A.S. : 25 avril 1938 Belle et longue lettre amicale et littéraire du jeune Carco, à son ancien condisciple et ami du lycée d’Agen… Carco craint d’avoir « fait une boulette » en quittant Paris trop vite : « mes amis sont en train de me fermer plusieurs salons par leurs éloges perfides. Hein, les crapules ! On prétend que mes “lèvres minces”, mon “sourire canaille” cachent une belle vache prête à tout. J’en ai moi-même la conviction profonde, mais c’est pas des boniments à faire quand je ne suis pas là. Il y aura des représailles, nom de Dieu ! Et tout cela est venu de cette sacrée Revue » où il s’était déguisé en apache. Il pense rentrer bientôt pour tout arranger… Il évoque une « mince intrigue », avec « la sœur d’une personne qui a un salon utile d’où les camarades cherchent à me débiner […] À se tordre… Je suis l’ami avec lequel on ne couche pas mais qui permet d’oublier le mari etc. Bref cette charmante enfant va peut-être tout rétablir en me faisant avoir la commande d’une Revue de rentrée […] Naturellement la commère sera la maitresse de maison. Les copains auront les rôles dangereux, les petits casse gueule des sous entendus. Nous rirons bien »… Il a encore d’autres projets, notamment une petite anthologie avec Pellerin et Tristan Derème, et une préface de Hirsch : « Les copains vont la boucler ! ». Avec eux, il espère également « lancer une feuille sur le boulevard », dans laquelle il propose à son ami une chronique assez mordante « par exemple les Morts Vivants, vous vous feriez la main au journalisme », ou des échos : « A cinq ou six, nous pourrions avoir un organe d’une grande portée pour Paris. La feuille serait exclusivement rédigée par nous seuls. On ferait rater les prix littéraires en les donnant à l’avance. […] A chaque n° un éreintement de bas-bleu, les théâtres, les romans, un article de fond sur nous (bien entendu) et des vacheries comme les Morts Vivants »… Il propose le titre de Paris l’hiver, 5 centimes le numéro, crié sur les Boulevards et en kiosque ; avec comme salle de rédaction un café du boulevard : « Il faut créer pour notre génération un café du boulevard et non plus des greniers de quartier. Le tout serait tenu secret. Je crois l’affaire réalisable. De là nous irions très facilement au journalisme qui paie et fait connaître »… La Vaissière pourrait ainsi peut-être lâcher son emploi à la banque, où l’avait placé son oncle… On joint 2 L.A.S. : 25 avril 1938, refusant une invitation, pris « par mon film dans lequel je me suis engagé à tourner »… 10 avril 1945, à Jean Réande, l’autorisant à « reproduire le IVe chapitre de Nostalgie de Paris dans l’ouvrage que vous préparez »…

Estimation
300 € - 400 €
Résultat
358 €
Frais de vente
28%
Francis CARCO (1886-1958). L.A.S., Villefranche 1er juillet 1911, à Robert de La Vaissière, à la « Banque de l’Afrique Occidentale » ; 7 pages in-8 à en-tête Chambre des Députés, enveloppe. On joint 2 L.A.S. : 25 avril 1938 Belle et longue lettre amicale et littéraire du jeune Carco, à son ancien condisciple et ami du lycée d’Agen… Carco craint d’avoir « fait une boulette » en quittant Paris trop vite : « mes amis sont en train de me fermer plusieurs salons par leurs éloges perfides. Hein, les crapules ! On prétend que mes “lèvres minces”, mon “sourire canaille” cachent une belle vache prête à tout. J’en ai moi-même la conviction profonde, mais c’est pas des boniments à faire quand je ne suis pas là. Il y aura des représailles, nom de Dieu ! Et tout cela est venu de cette sacrée Revue » où il s’était déguisé en apache. Il pense rentrer bientôt pour tout arranger… Il évoque une « mince intrigue », avec « la sœur d’une personne qui a un salon utile d’où les camarades cherchent à me débiner […] À se tordre… Je suis l’ami avec lequel on ne couche pas mais qui permet d’oublier le mari etc. Bref cette charmante enfant va peut-être tout rétablir en me faisant avoir la commande d’une Revue de rentrée […] Naturellement la commère sera la maitresse de maison. Les copains auront les rôles dangereux, les petits casse gueule des sous entendus. Nous rirons bien »… Il a encore d’autres projets, notamment une petite anthologie avec Pellerin et Tristan Derème, et une préface de Hirsch : « Les copains vont la boucler ! ». Avec eux, il espère également « lancer une feuille sur le boulevard », dans laquelle il propose à son ami une chronique assez mordante « par exemple les Morts Vivants, vous vous feriez la main au journalisme », ou des échos : « A cinq ou six, nous pourrions avoir un organe d’une grande portée pour Paris. La feuille serait exclusivement rédigée par nous seuls. On ferait rater les prix littéraires en les donnant à l’avance. […] A chaque n° un éreintement de bas-bleu, les théâtres, les romans, un article de fond sur nous (bien entendu) et des vacheries comme les Morts Vivants »… Il propose le titre de Paris l’hiver, 5 centimes le numéro, crié sur les Boulevards et en kiosque ; avec comme salle de rédaction un café du boulevard : « Il faut créer pour notre génération un café du boulevard et non plus des greniers de quartier. Le tout serait tenu secret. Je crois l’affaire réalisable. De là nous irions très facilement au journalisme qui paie et fait connaître »… La Vaissière pourrait ainsi peut-être lâcher son emploi à la banque, où l’avait placé son oncle… On joint 2 L.A.S. : 25 avril 1938, refusant une invitation, pris « par mon film dans lequel je me suis engagé à tourner »… 10 avril 1945, à Jean Réande, l’autorisant à « reproduire le IVe chapitre de Nostalgie de Paris dans l’ouvrage que vous préparez »…
Vente mardi 4 juillet 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris