Léon BLOY (1846-1917). L.A.S. « L.B. » (minute), [14 décembre 1876], à Mme de Nomaison à Périgueux ; 1 page grand in-8. Brouillon avec ratures et corrections, d’une écriture minuscule (60 lignes). Il lui demande d’intervenir auprès de son amie Mme Krantz, laquelle pourrait à son tour user des relations de son mari pour faire obtenir un bureau de tabac à sa mère, Marie-Anne-Césarine Bloy ; démarche qui semble n’avoir pas abouti. [Krantz était ingénieur en chef des Ponts et Chaussées à Périgueux, chef de Bloy père]. Le ton est pathétique : « En vous écrivant cela, en ce moment même à deux heures après minuit, je me sens tellement accablé et navré que j’ai presque envie d’aller me jeter sur mon grabat de misère pour y fondre en larmes. Hélas ! mon Dieu, comme tout se paye chèrement même dès ce monde. Toutes les douleurs souffertes à cause de moi et qui furent mon ouvrage, douleurs sans nombre et sans mesure connues de moi, tous les actes d’ingratitude, de révolte, de mépris, toutes les négligences, par lesquelles j’ai torturé le cœur de mes vieux parents, tout ce que j’aurais pu faire et que je n’ai point fait, toute ma vie enfin se dresse devant moi et stationne inexorablement au fond de ma conscience épouvantée. Une vieillesse pauvre et solitaire, voilà le salaire de ceux qui m’ont mis au monde et élevé avec tant de vaillance, de sollicitude et de tendresse. Voilà ce qui soufflète sur les deux joues mon infâme orgueil. Mon père, ce pauvre héros inconnu va peut-être mourir sans me revoir »… Etc.
Estimation
250 € - 300 €
Résultat
256 €
Frais de vente
28%
Léon BLOY (1846-1917). L.A.S. « L.B. » (minute), [14 décembre 1876], à Mme de Nomaison à Périgueux ; 1 page grand in-8.
Brouillon avec ratures et corrections, d’une écriture minuscule (60 lignes). Il lui demande d’intervenir auprès de son amie Mme Krantz, laquelle pourrait à son tour user des relations de son mari pour faire obtenir un bureau de tabac à sa mère, Marie-Anne-Césarine Bloy ; démarche qui semble n’avoir pas abouti. [Krantz était ingénieur en chef des Ponts et Chaussées à Périgueux, chef de Bloy père]. Le ton est pathétique : « En vous écrivant cela, en ce moment même à deux heures après minuit, je me sens tellement accablé et navré que j’ai presque envie d’aller me jeter sur mon grabat de misère pour y fondre en larmes. Hélas ! mon Dieu, comme tout se paye chèrement même dès ce monde. Toutes les douleurs souffertes à cause de moi et qui furent mon ouvrage, douleurs sans nombre et sans mesure connues de moi, tous les actes d’ingratitude, de révolte, de mépris, toutes les négligences, par lesquelles j’ai torturé le cœur de mes vieux parents, tout ce que j’aurais pu faire et que je n’ai point fait, toute ma vie enfin se dresse devant moi et stationne inexorablement au fond de ma conscience épouvantée. Une vieillesse pauvre et solitaire, voilà le salaire de ceux qui m’ont mis au monde et élevé avec tant de vaillance, de sollicitude et de tendresse. Voilà ce qui soufflète sur les deux joues mon infâme orgueil. Mon père, ce pauvre héros inconnu va peut-être mourir sans me revoir »… Etc.
Vente
mardi 4 juillet 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris