Pierre PUVIS de CHAVANNES (Lyon, 1824 - Paris, 1898) Projet pour Ludus Pro Patria, vers 1879-1880 Pinceau et plume d’oie sur traits de crayon noir sur toile de soie, marouflé sur châssis. Titré et signé en bas à gauche : « projet pour le tableau des Picards P. Puvis de Chavannes ». (Légèrement insolé). 28,6 x 121,5 cm (châssis : 29,6 x 122,1 cm) Provenance : - Vente anonyme, Hôtel Drouot, 11 avril 1921, n° 83, reproduit (adjugé 6 600 francs à « Le Garrec »). - Ancienne collection Maurice Le Garrec (1881-1937). - Galerie Sagot-Le Garrec, Paris. Bibliographie : - Louise d’Argencourt, Puvis de Chavannes, cat. exp. , Paris, Grand Palais, 1976, p. 169. - Marie-Christine Boucher, Catalogue des dessins et peintures de Puvis de Chavannes, Paris, musée du Petit Palais, 1979, p. 74. - Aimée Brown-Price, Pierre Puvis de Chavannes, Catalogue raisonné of the Painted Work, Yale, 2010, p. 237, cat. 268. Après l’exposition du carton des Jeunes Picards s’exerçant à la lance au Salon de 1880, l’État commande à Puvis l’exécution de la décoration sur le mur nord de la cage d’escalier du musée de Picardie, en face de Ave Picardia Nutrix. Le format gigantesque de l’œuvre finale (4,50 x 17,50 m) fait de l’ensemble du décor une œuvre totale, symbolique de l’art de Puvis. L’étymologie du mot Picard vient des « longues piques que les peuples de Picardie portaient ordinairement à la guerre » (voir : L. d’Argencourt, op. cit., p. 167). Devenu Ludus Pro Patria, soit le « Jeu pour la Patrie », lors de l’inauguration en 1888, le sujet est en fait une référence à la revanche espérée contre les Allemands après la guerre de 1870 et l’amputation de l’Alsace-Lorraine. Dans ce premier projet, les principaux thèmes de l’œuvre finale sont déjà présents ; nombre de personnages anecdotiques disparaitront peu à peu au gré des versions ou seront traités différemment, ce qui confirme la vision essentiellement plastique de Puvis. Ainsi de la femme agitant un linge ou de certains des enfants de la partie droite de l’œuvre. Certains groupes seront aussi inversés, l’évocation de la famille passant de la partie droite à l’opposée. Un espacement progressif aèrera aussi la composition en trois groupes distincts. Seul le groupe central des jeunes hommes s’entraînant à la lance restera à peu près le même dans les versions successives, tout en étant recentré. Malgré les modifications qui seront apportées au premier projet, l’esprit et l’équilibre y sont déjà présents. Le décor est conçu et perçu comme un appel au patriotisme, il deviendra une des œuvres les plus admirées de Puvis à la fin du XIXe siècle pour ses qualités modernes et esthétiques par des personnalités aussi diverses que Péladan, Zola, Vuillard ou Maurice Denis. Le dessin que nous présentons diffère quelque peu de la peinture finale et précède sans doute le grand dessin du musée d’Orsay (RF 1742) et le carton du Salon de 1888 (Bruxelles, musées Royaux d’art et d’Histoire) (voir : A. Brown-Price, op. cit., n° 268-269-270).
Estimation
15 000 € - 20 000 €
Résultat
Non vendu
Frais de vente
28%
Pierre PUVIS de CHAVANNES (Lyon, 1824 - Paris, 1898)
Projet pour Ludus Pro Patria, vers 1879-1880
Pinceau et plume d’oie sur traits de crayon noir sur toile de soie, marouflé sur châssis.
Titré et signé en bas à gauche : « projet pour le tableau des Picards P. Puvis de Chavannes ».
(Légèrement insolé).
28,6 x 121,5 cm (châssis : 29,6 x 122,1 cm)
Provenance :
- Vente anonyme, Hôtel Drouot, 11 avril 1921, n° 83, reproduit (adjugé 6 600 francs à « Le Garrec »).
- Ancienne collection Maurice Le Garrec (1881-1937).
- Galerie Sagot-Le Garrec, Paris.
Bibliographie :
- Louise d’Argencourt, Puvis de Chavannes, cat. exp. , Paris, Grand Palais, 1976, p. 169.
- Marie-Christine Boucher, Catalogue des dessins et peintures de Puvis de Chavannes, Paris, musée du Petit Palais, 1979, p. 74.
- Aimée Brown-Price, Pierre Puvis de Chavannes, Catalogue raisonné of the Painted Work, Yale, 2010, p. 237, cat. 268.
Après l’exposition du carton des Jeunes Picards s’exerçant à la lance au Salon de 1880, l’État commande à Puvis l’exécution de la décoration sur le mur nord de la cage d’escalier du musée de Picardie, en face de Ave Picardia Nutrix. Le format gigantesque de l’œuvre finale (4,50 x 17,50 m) fait de l’ensemble du décor une œuvre totale, symbolique de l’art de Puvis. L’étymologie du mot Picard vient des « longues piques que les peuples de Picardie portaient ordinairement à la guerre » (voir : L. d’Argencourt, op. cit., p. 167). Devenu Ludus Pro Patria, soit le « Jeu pour la Patrie », lors de l’inauguration en 1888, le sujet est en fait une référence à la revanche espérée contre les Allemands après la guerre de 1870 et l’amputation de l’Alsace-Lorraine. Dans ce premier projet, les principaux thèmes de l’œuvre finale sont déjà présents ; nombre de personnages anecdotiques disparaitront peu à peu au gré des versions ou seront traités différemment, ce qui confirme la vision essentiellement plastique de Puvis. Ainsi de la femme agitant un linge ou de certains des enfants de la partie droite de l’œuvre. Certains groupes seront aussi inversés, l’évocation de la famille passant de la partie droite à l’opposée. Un espacement progressif aèrera aussi la composition en trois groupes distincts. Seul le groupe central des jeunes hommes s’entraînant à la lance restera à peu près le même dans les versions successives, tout en étant recentré. Malgré les modifications qui seront apportées au premier projet, l’esprit et l’équilibre y sont déjà présents. Le décor est conçu et perçu comme un appel au patriotisme, il deviendra une des œuvres les plus admirées de Puvis à la fin du XIXe siècle pour ses qualités modernes et esthétiques par des personnalités aussi diverses que Péladan, Zola, Vuillard ou Maurice Denis. Le dessin que nous présentons diffère quelque peu de la peinture finale et précède sans doute le grand dessin du musée d’Orsay (RF 1742) et le carton du Salon de 1888 (Bruxelles, musées Royaux d’art et d’Histoire) (voir : A. Brown-Price, op. cit., n° 268-269-270).
Vente
jeudi 23 mars 2023・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris