Henri-Joseph HARPIGNIES (Valenciennes, 1819 - Saint-Privé, 1916)
Enseigne de l’Estaminet du Buisson, 1865
Huile, plume et encre brune sur panneau.
Signée et datée en bas à gauche.
Monogrammée et datée dans le paysage, en bas à gauche.
78 x 105,5 cm

Provenance :
- Charles Freund-Deschamps (1846-1921).
- Sa vente, Hôtel Drouot, Paris, 10-11 mai 1912, n° 33.

Bibliographie :
- Figaro, Paris, lundi 9 décembre 1901, p. 1.
- I. Errera, Répertoire des peintures datées, Bruxelles, 1921, [CR}tome II, p. 757.

Nous remercions Monsieur Jean-Pierre Cappoen pour les informations qu’il nous a transmises.

« Cette enseigne était celle d’un café tenu par un Monsieur qui s’appelait Duisson. Harpignies a donc peint un buisson aux branches duquel pendent des écrevisses; à l’entour, comme encadrement, des queues et des billes de billard, un moulin à café et autres accessoires rappellent l’estaminet dont il s’agit » in Catalogue de vente Charles Freund-Deschamps, Hotel Drouot, Paris, 10-11 mai 1912, n°33.

En 1865, de retour d’Italie, Harpignies décide de passer l’été chez sa nourrice à Maresches. L’activité de cette petite cité proche de Valenciennes repose sur l’industrie sucrière. Une vingtaine de débits de boissons y accueillent chaque année des centaines de saisonniers venus récolter les bet­teraves. Sans doute est-ce pour l’un de ces établissements, tenu par un certain monsieur du Buisson, que l’enfant du pays peint cette enseigne dont il a tracé le projet l’année précédente dans un dessin préparatoire ; elle résume les spécialités de la maison : le billard, le café, ainsi que la dégustation d’écrevisses, fort prisées alors, et auxquelles le tableau Chercheurs d’écrevisses, exposé en 1859, faisait déjà allusion. Harpignies n’a pas dédaigné les travaux décoratifs, ainsi ces projets d’éventails, d’abat-jour ou de pare-feu dont l’inspiration japonisante est sensible ici dans le jeu arachnéen des ronces enlevées sur le fond de ciel crépusculaire. On lui doit également des panneaux décoratifs pour l’Opéra et l’escalier du Sénat.
Cette enseigne, unique dans l’œuvre de l’artiste, n’est pas un cas isolé.  Sans remonter à Watteau (un autre Valenciennois !) ou à Chardin, on sait que Prud’hon, David d’Angers, Géricault ou Millet, mus par l’intérêt ou par l’ami­tié, en ont réalisé de remarquables. Mais c’est l’enseigne d’opticien imaginée par Gérôme en 1902 à l’occasion d’un concours dont il était l’instigateur, qu’il convient de rapprocher de notre tableau. On y retrouve un sujet central entouré des attributs de l’acti­vité commerciale, joint à un calembour qui joue sur la rai­son sociale de l’établissement : dans notre tableau, le buis­son d’écrevisses, spécialité du Nord de la France.
Live mardi 21 mars 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°145

Henri-Joseph HARPIGNIES (Valenciennes, 1819 - Saint-Privé, 1916) Enseigne de l’Estaminet du Buisson, 1865 Huile, plume et encre brune sur panneau. Signée et datée en bas à gauche. Monogrammée et datée dans le paysage, en bas à gauche. 78 x 105,5 cm Provenance : - Charles Freund-Deschamps (1846-1921). - Sa vente, Hôtel Drouot, Paris, 10-11 mai 1912, n° 33. Bibliographie : - Figaro, Paris, lundi 9 décembre 1901, p. 1. - I. Errera, Répertoire des peintures datées, Bruxelles, 1921, [CR}tome II, p. 757. Nous remercions Monsieur Jean-Pierre Cappoen pour les informations qu’il nous a transmises. « Cette enseigne était celle d’un café tenu par un Monsieur qui s’appelait Duisson. Harpignies a donc peint un buisson aux branches duquel pendent des écrevisses; à l’entour, comme encadrement, des queues et des billes de billard, un moulin à café et autres accessoires rappellent l’estaminet dont il s’agit » in Catalogue de vente Charles Freund-Deschamps, Hotel Drouot, Paris, 10-11 mai 1912, n°33. En 1865, de retour d’Italie, Harpignies décide de passer l’été chez sa nourrice à Maresches. L’activité de cette petite cité proche de Valenciennes repose sur l’industrie sucrière. Une vingtaine de débits de boissons y accueillent chaque année des centaines de saisonniers venus récolter les bet­teraves. Sans doute est-ce pour l’un de ces établissements, tenu par un certain monsieur du Buisson, que l’enfant du pays peint cette enseigne dont il a tracé le projet l’année précédente dans un dessin préparatoire ; elle résume les spécialités de la maison : le billard, le café, ainsi que la dégustation d’écrevisses, fort prisées alors, et auxquelles le tableau Chercheurs d’écrevisses, exposé en 1859, faisait déjà allusion. Harpignies n’a pas dédaigné les travaux décoratifs, ainsi ces projets d’éventails, d’abat-jour ou de pare-feu dont l’inspiration japonisante est sensible ici dans le jeu arachnéen des ronces enlevées sur le fond de ciel crépusculaire. On lui doit également des panneaux décoratifs pour l’Opéra et l’escalier du Sénat. Cette enseigne, unique dans l’œuvre de l’artiste, n’est pas un cas isolé.  Sans remonter à Watteau (un autre Valenciennois !) ou à Chardin, on sait que Prud’hon, David d’Angers, Géricault ou Millet, mus par l’intérêt ou par l’ami­tié, en ont réalisé de remarquables. Mais c’est l’enseigne d’opticien imaginée par Gérôme en 1902 à l’occasion d’un concours dont il était l’instigateur, qu’il convient de rapprocher de notre tableau. On y retrouve un sujet central entouré des attributs de l’acti­vité commerciale, joint à un calembour qui joue sur la rai­son sociale de l’établissement : dans notre tableau, le buis­son d’écrevisses, spécialité du Nord de la France.

Estimation
8 000 € - 12 000 €
Résultat
10 880 €
Frais de vente
28%
Henri-Joseph HARPIGNIES (Valenciennes, 1819 - Saint-Privé, 1916) Enseigne de l’Estaminet du Buisson, 1865 Huile, plume et encre brune sur panneau. Signée et datée en bas à gauche. Monogrammée et datée dans le paysage, en bas à gauche. 78 x 105,5 cm Provenance : - Charles Freund-Deschamps (1846-1921). - Sa vente, Hôtel Drouot, Paris, 10-11 mai 1912, n° 33. Bibliographie : - Figaro, Paris, lundi 9 décembre 1901, p. 1. - I. Errera, Répertoire des peintures datées, Bruxelles, 1921, [CR}tome II, p. 757. Nous remercions Monsieur Jean-Pierre Cappoen pour les informations qu’il nous a transmises. « Cette enseigne était celle d’un café tenu par un Monsieur qui s’appelait Duisson. Harpignies a donc peint un buisson aux branches duquel pendent des écrevisses; à l’entour, comme encadrement, des queues et des billes de billard, un moulin à café et autres accessoires rappellent l’estaminet dont il s’agit » in Catalogue de vente Charles Freund-Deschamps, Hotel Drouot, Paris, 10-11 mai 1912, n°33. En 1865, de retour d’Italie, Harpignies décide de passer l’été chez sa nourrice à Maresches. L’activité de cette petite cité proche de Valenciennes repose sur l’industrie sucrière. Une vingtaine de débits de boissons y accueillent chaque année des centaines de saisonniers venus récolter les bet­teraves. Sans doute est-ce pour l’un de ces établissements, tenu par un certain monsieur du Buisson, que l’enfant du pays peint cette enseigne dont il a tracé le projet l’année précédente dans un dessin préparatoire ; elle résume les spécialités de la maison : le billard, le café, ainsi que la dégustation d’écrevisses, fort prisées alors, et auxquelles le tableau Chercheurs d’écrevisses, exposé en 1859, faisait déjà allusion. Harpignies n’a pas dédaigné les travaux décoratifs, ainsi ces projets d’éventails, d’abat-jour ou de pare-feu dont l’inspiration japonisante est sensible ici dans le jeu arachnéen des ronces enlevées sur le fond de ciel crépusculaire. On lui doit également des panneaux décoratifs pour l’Opéra et l’escalier du Sénat. Cette enseigne, unique dans l’œuvre de l’artiste, n’est pas un cas isolé.  Sans remonter à Watteau (un autre Valenciennois !) ou à Chardin, on sait que Prud’hon, David d’Angers, Géricault ou Millet, mus par l’intérêt ou par l’ami­tié, en ont réalisé de remarquables. Mais c’est l’enseigne d’opticien imaginée par Gérôme en 1902 à l’occasion d’un concours dont il était l’instigateur, qu’il convient de rapprocher de notre tableau. On y retrouve un sujet central entouré des attributs de l’acti­vité commerciale, joint à un calembour qui joue sur la rai­son sociale de l’établissement : dans notre tableau, le buis­son d’écrevisses, spécialité du Nord de la France.
Vente mardi 21 mars 2023・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris