Alexandre-François CAMINADE (Paris, 1783 - Versailles, 1862) La Basilique Sainte-Françoise-Romaine vue depuis les Jardins Farnèse, avant 1813 Papier marouflé sur toile Signé en bas à droite : « CAMINADE » Cachet de cire rouge de la collection Corot 18,6 x 34,5 cm Provenance : - Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875). - Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Mes Boussaton et Baubigny, troisième partie, 7-9 juin 1875, lot 655 (adjugé 21 francs à « Vandame »). Bibliographie : A. Robaut, L’œuvre de Corot : catalogue raisonné et illustré, vol. IV, Paris, 1905, p. 257, n° 655. Déjà initiée au XVIIe siècle, la peinture sur le motif se développe au cours du siècle suivant. Dès les années 1720, le directeur de l’Académie de France à Rome, Nicolas Vleughels (1668-1737), invite ses élèves à pratiquer cet exercice. Si certains artistes sont des paysagistes, tout au long de leur carrière, d’autres se consacrent à ce genre essentiellement durant leur séjour romain, comme Léon Cogniet, Jean Alaux, Théodore Géricault mais aussi Alexandre-François Caminade. Notre représentation de la Basilique Sainte-Françoise-Romaine est un exemple caractéristique d’une « vue ajustée » faite à partir d’une esquisse à l’huile exécutée en plein air. Caminade recadre ici dans un panorama général une vue partant du campanile roman de Sainte-Françoise restitué dans sa splendeur originelle, en masquant habilement sa nef et sa façade baroque. Puis, il prolonge sa composition jusqu’aux vestiges du temple de Vénus. Se faisant, il réussit à isoler le clocher en calant sa composition à partir du dôme d’une des chapelles palatines de Sainte-Marie-Majeure aujourd’hui cachée par des constructions modernes, déclinant ainsi un vaste panorama où l’on reconnait la pointe de la colonne de la Paix à la gauche du campanile, la tour des Capocci, le chevet de l’église Saint-Martin-des-Monts et l’ancien amphithéâtre Flavien autrement dit le Colisée. Or, l’état ici représenté est celui d’avant sa restauration confiée aux architectes Stern, Camporesi et Valladier réalisée en 1813 sous l’administration du préfet de Rome, Camille de Tournon. Dans la vue que nous restitue Caminade, la présence de nombreuses toitures entre le Colisée et les ruines du temple de Vénus implique que celui-ci n’a pas encore été dégagé et surtout, l’absence de l’étai de briques au niveau du Colisée implique que notre tableau a été peint avant 1813. Plus qu’un collectionneur, Corot conservait, comme la plupart des peintres de son époque, des oeuvres d’autres artistes traduisant leur amitié. Corot a un goût du travail en communauté et des échanges avec d’autres peintres comme on peut le voir avec les famille Dutilleux, Desavary ou Robaut. En effet, lorsqu’il voyage en Italie et à Rome entre 1825 et 1829, Corot peint sur le motif en compagnie de Caminade. C’est probablement à ce moment que les trois paysages de Caminade entrent dans la collection de Corot, gages de l’amitié liant les deux artistes.
Estimation
8 000 € - 12 000 €
Résultat
43 520 €
Frais de vente
28%
Alexandre-François CAMINADE (Paris, 1783 - Versailles, 1862)
La Basilique Sainte-Françoise-Romaine vue depuis les Jardins Farnèse, avant 1813
Papier marouflé sur toile
Signé en bas à droite : « CAMINADE »
Cachet de cire rouge de la collection Corot
18,6 x 34,5 cm
Provenance :
- Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875).
- Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Mes Boussaton et Baubigny, troisième partie, 7-9 juin 1875, lot 655 (adjugé 21 francs à
« Vandame »).
Bibliographie :
A. Robaut, L’œuvre de Corot : catalogue raisonné et illustré, vol. IV, Paris, 1905, p. 257, n° 655.
Déjà initiée au XVIIe siècle, la peinture sur le motif se développe au cours du siècle suivant. Dès les années 1720, le directeur de l’Académie de France à Rome, Nicolas Vleughels (1668-1737), invite ses élèves à pratiquer cet exercice. Si certains artistes sont des paysagistes, tout au long de leur carrière, d’autres se consacrent à ce genre essentiellement durant leur séjour romain, comme Léon Cogniet, Jean Alaux, Théodore Géricault mais aussi Alexandre-François Caminade.
Notre représentation de la Basilique Sainte-Françoise-Romaine est un exemple caractéristique d’une « vue ajustée » faite à partir d’une esquisse à l’huile exécutée en plein air. Caminade recadre ici dans un panorama général une vue partant du campanile roman de Sainte-Françoise restitué dans sa splendeur originelle, en masquant habilement sa nef et sa façade baroque. Puis, il prolonge sa composition jusqu’aux vestiges du temple de Vénus. Se faisant, il réussit à isoler le clocher en calant sa composition à partir du dôme d’une des chapelles palatines de Sainte-Marie-Majeure aujourd’hui cachée par des constructions modernes, déclinant ainsi un vaste panorama où l’on reconnait la pointe de la colonne de la Paix à la gauche du campanile, la tour des Capocci, le chevet de l’église Saint-Martin-des-Monts et l’ancien amphithéâtre Flavien autrement dit le Colisée. Or, l’état ici représenté est celui d’avant sa restauration confiée aux architectes Stern, Camporesi et Valladier réalisée en 1813 sous l’administration du préfet de Rome, Camille de Tournon. Dans la vue que nous restitue Caminade, la présence de nombreuses toitures entre le Colisée et les ruines du temple de Vénus implique que celui-ci n’a pas encore été dégagé et surtout, l’absence de l’étai de briques au niveau du Colisée implique que notre tableau a été peint avant 1813.
Plus qu’un collectionneur, Corot conservait, comme la plupart des peintres de son époque, des oeuvres d’autres artistes traduisant leur amitié. Corot a un goût du travail en communauté et des échanges avec d’autres peintres comme on peut le voir avec les famille Dutilleux, Desavary ou Robaut. En effet, lorsqu’il voyage en Italie et à Rome entre 1825 et 1829, Corot peint sur le motif en compagnie de Caminade. C’est probablement à ce moment que les trois paysages de Caminade entrent dans la collection de Corot, gages de l’amitié liant les deux artistes.
Vente
mardi 21 mars 2023・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris