Pierre Hubert SUBLEYRAS (1699-1749) Vue de Tivoli, vers 1745 Toile 35,6 x 46,4 cm Provenance : - Londres, collection John Lischawa. - Vente Christie’s, New York, 29 janvier 2014, n° 58. Bibliographie : - P. Conisbee et al., In the Light of Italy: Corot and Early Open-Air Painting, Washington, National Gallery of Arts - Brooklyn, The Brooklyn Art Museum - Saint Louis, The Saint Louis Art Museum, Yale University press, 1996-1997, p. 113, n° 2. - P. Conisbee, La Peinture de plein air avant Corot, Corot, un artiste et son temps, actes du colloque (Paris, musée du Louvre, et Rome, Villa Médicis, 1996), sous la direction de V. Pomarède, C. Stefani et G. de Wallens, Paris, 1998, p. 364, n° 12. Exposition : In the Light of Italy: Corot and Early Open-Air Painting, Washington, National Gallery of Arts - Brooklyn, The Brooklyn Art Museum - Saint Louis, The Saint Louis Art Museum, 1996-1997, n° 2. Cette petite étude peinte a été publiée pour la première fois en 1996 par Philip Conisbee dans le catalogue de l’exposition In the Light of Italy : Corot and Early Open-Air Painting. Si la pratique de la peinture en plein-air date du XVIIe siècle, Vernet fut l’un des premiers artistes à la théoriser, comme l’attestent une lettre sur la peinture de paysage qui lui est attribuée et les témoignages des contemporains (dont Joshua Reynolds : « I would recommend you, above all things, to paint from Nature, instead of drawing; to carry your palette and pencils to the waterside. This was the practice of Vernet, whom I knew at Rome: he there showed me his studies in colours, which struck me very much for the truth which those works only have which are produced while the impression is warm from Nature ». Lettre de J. Reynolds à Nicolas Pocock, 1780, cité dans Claude-Joseph Vernet. 1714-1789, Londres, Kenwood House, 1976, n. p. : « Je vous recommanderais par-dessus toutes choses de peindre d’après nature, au lieu de dessiner, de porter votre palette et vos pinceaux au bord de l’eau. C’était la pratique de Vernet que j’ai connu à Rome; il m’y montra ses études en couleur qui me frappèrent beaucoup par cette vérité qu’ont seules les œuvres produites lorsque l’impression de la nature est encore chaude »). Ou encore Charles-Nicolas Cochin : « C’est une des choses les plus essentielles que l’effet de la lumière et de la couleur, et c’est ce dont un peintre a toujours le plus besoin [...]. C’est par ces soins que M. Vernet s’est rendu la nature si familière [...]. Lorsqu’il n’avoit pas le temps de faire un morceau coloré, il écrivoit sur son dessin les tons des couleurs ». Originaire d’Avignon, ville appartenant alors au pape, Vernet séjourna en Italie, surtout à Rome, près de vingt ans de 1734 à 1752. Le style de notre « étude d’après nature » est proche de celui de l’arrière-plan de ses tableaux des années 1740, en particulier la paire Le Ponte Rotto à Rome et Le Pont et le château Saint-Ange à Rome (Paris, musée du Louvre) et l’École des Beaux-Arts possède un dessin du temple de Vesta, pris depuis un angle différent. Sans doute est-ce durant ses années italiennes que Vernet se constitua un répertoire d’esquisses, peintes sur le motif, qu’il réutilise dans ses grandes compositions en les mettant en scène avec des personnages. En 1789, le catalogue de la vente après décès de Vernet mentionne « 33 Tableaux & études, peints d’après nature, tant à Rome qu’à Naples, de différentes grandeurs, sur toile, sans cadre ». Puis la trace de ces esquisses se perd, et leur importance dans l’histoire de la peinture de paysage est oubliée, aucune d’entre elles, signée ou documentée, n’étant apparue. Notre étude par sa fraicheur, son cadrage, sa luminosité limpide annonce les huiles sur papier de Wilson, valenciennes, Granet, Corot et d’autres « voyageurs étrangers » jusqu’à tard dans le XIXe siècle. Le site de Tivoli attire dès la Renaissance les artistes, car il intéresse aussi bien les tenants du paysage naturaliste, avant tout flamand et néerlandais, que ceux du paysage idéal, romain et français. Le temple de la Sybille est alors utilisé comme motif pittoresque, illustré par les artistes pendant plusieurs siècles.
Estimation
60 000 € - 80 000 €
Résultat
76 800 €
Frais de vente
28%
Pierre Hubert SUBLEYRAS (1699-1749)
Vue de Tivoli, vers 1745
Toile
35,6 x 46,4 cm
Provenance :
- Londres, collection John Lischawa.
- Vente Christie’s, New York, 29 janvier 2014, n° 58.
Bibliographie :
- P. Conisbee et al., In the Light of Italy: Corot and Early Open-Air Painting, Washington, National Gallery of Arts - Brooklyn, The Brooklyn Art Museum - Saint Louis, The Saint Louis Art Museum, Yale University press, 1996-1997, p. 113, n° 2.
- P. Conisbee, La Peinture de plein air avant Corot, Corot, un artiste et son temps, actes du colloque (Paris, musée du Louvre, et Rome, Villa Médicis, 1996), sous la direction de V. Pomarède, C. Stefani et G. de Wallens, Paris, 1998, p. 364, n° 12.
Exposition :
In the Light of Italy: Corot and Early Open-Air Painting, Washington, National Gallery of Arts - Brooklyn, The Brooklyn Art Museum - Saint Louis, The Saint Louis Art Museum, 1996-1997, n° 2.
Cette petite étude peinte a été publiée pour la première fois en 1996 par Philip Conisbee dans le catalogue de l’exposition In the Light of Italy : Corot and Early Open-Air Painting. Si la pratique de la peinture en plein-air date du XVIIe siècle, Vernet fut l’un des premiers artistes à la théoriser, comme l’attestent une lettre sur la peinture de paysage qui lui est attribuée et les témoignages des contemporains (dont Joshua Reynolds : « I would recommend you, above all things, to paint from Nature, instead of drawing; to carry your palette and pencils to the waterside. This was the practice of Vernet, whom I knew at Rome: he there showed me his studies in colours, which struck me very much for the truth which those works only have which are produced while the impression is warm from Nature ». Lettre de J. Reynolds à Nicolas Pocock, 1780, cité dans Claude-Joseph Vernet. 1714-1789, Londres, Kenwood House, 1976, n. p. : « Je vous recommanderais par-dessus toutes choses de peindre d’après nature, au lieu de dessiner, de porter votre palette et vos pinceaux au bord de l’eau. C’était la pratique de Vernet que j’ai connu à Rome; il m’y montra ses études en couleur qui me frappèrent beaucoup par cette vérité qu’ont seules les œuvres produites lorsque l’impression de la nature est encore chaude »).
Ou encore Charles-Nicolas Cochin : « C’est une des choses les plus essentielles que l’effet de la lumière et de la couleur, et c’est ce dont un peintre a toujours le plus besoin [...]. C’est par ces soins que M. Vernet s’est rendu la nature si familière [...]. Lorsqu’il n’avoit pas le temps de faire un morceau coloré, il écrivoit sur son dessin les tons des couleurs ». Originaire d’Avignon, ville appartenant alors au pape, Vernet séjourna en Italie, surtout à Rome, près de vingt ans de 1734 à 1752. Le style de notre « étude d’après nature » est proche de celui de l’arrière-plan de ses tableaux des années 1740, en particulier la paire Le Ponte Rotto à Rome et Le Pont et le château Saint-Ange à Rome (Paris, musée du Louvre) et l’École des Beaux-Arts possède un dessin du temple de Vesta, pris depuis un angle différent.
Sans doute est-ce durant ses années italiennes que Vernet se constitua un répertoire d’esquisses, peintes sur le motif, qu’il réutilise dans ses grandes compositions en les mettant en scène avec des personnages. En 1789, le catalogue de la vente après décès de Vernet mentionne « 33 Tableaux & études, peints d’après nature, tant à Rome qu’à Naples, de différentes grandeurs, sur toile, sans cadre ». Puis la trace de ces esquisses se perd, et leur importance dans l’histoire de la peinture de paysage est oubliée, aucune d’entre elles, signée ou documentée, n’étant apparue. Notre étude par sa fraicheur, son cadrage, sa luminosité limpide annonce les huiles sur papier de Wilson, valenciennes, Granet, Corot et d’autres « voyageurs étrangers » jusqu’à tard dans le XIXe siècle.
Le site de Tivoli attire dès la Renaissance les artistes, car il intéresse aussi bien les tenants du paysage naturaliste, avant tout flamand et néerlandais, que ceux du paysage idéal, romain et français. Le temple de la Sybille est alors utilisé comme motif pittoresque, illustré par les artistes pendant plusieurs siècles.
Vente
mardi 21 mars 2023・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris