Catalogue jeudi 26 mai 2011・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°167

Camille SAINT-SAËNS Manuscrit autographe signé, avec L.A.S. d'envoi à Henri Heugel, 27 septembre 1907 ; 2 pages et demie in-4 au dos de papier à en-tête de l'Hôtel Terminus de Bordeaux (bords effrangés et petites fentes réparées), et 1 page in-8. Réflexions sur la publication des OEuvres en prose de Richard Wagner (13 vol., Delagrave, 1907-1925) ; l'article, envoyé le 27 septembre 1907, a paru dans Le Ménestrel du 5 octobre sous le titre La Clarté. Si la traduction des ouvrages théoriques de Wagner a tant tardé à voir le jour, c'est à cause du « style inextricable de l'auteur » qui en rend la lecture laborieuse. « Loin de s'en effrayer, on s'en réjouit dans certains milieux ; on espère en cette lecture pour combattre le goût de la clarté, de la belle ordonnance qui ont passé longtemps pour des qualités françaises [...] Ah ! la clarté ! Il est vrai qu'on l'a un peu trop aimée, un peu trop vantée. La clarté, c'est la santé du style ; il n'est pas besoin d'en parler. Elle tenait lieu de tout, naguères ; pourvu qu'on fût clair, qu'on fût net, il était permis d'être nul, plat, vulgaire même [...] Aujourd'hui, c'est le contraire ; l'absence d'idées mélodiques, l'harmonie incohérente et même discordante, le désordre dans la composition, tout passe, tout est admis en musique pourvu qu'on soit obscur et incompréhensible ; je ne parle pas des autres arts, mais ils sont attaqués de la même maladie. J'oubliais le Symbolisme, brochant sur le tout, et qui excuse tout. Soyez insignifiant, ennuyeux à l'excès, cela n'a pas d'importance, pourvu que vous soyez symbolique. Montrez-nous, si vous voulez, une brave femme mettant des carottes dans son pot-au-feu ; ce sera très profond : cela signifiera que la femme doit apporter de la douceur dans son intérieur, mais une douceur tempérée par une certaine fermeté »... Quittant la dérision, Saint-Saëns affirme : « l'incohérence, le désordre sont les maladies de l'art : tâchons de nous en préserver. Sachons nous ouvrir à toutes les beautés sans oublier pour cela

Estimation
1 000 € - 1 200 €
Résultat
2 000 €
Frais de vente
0%
Camille SAINT-SAËNS Manuscrit autographe signé, avec L.A.S. d'envoi à Henri Heugel, 27 septembre 1907 ; 2 pages et demie in-4 au dos de papier à en-tête de l'Hôtel Terminus de Bordeaux (bords effrangés et petites fentes réparées), et 1 page in-8. Réflexions sur la publication des OEuvres en prose de Richard Wagner (13 vol., Delagrave, 1907-1925) ; l'article, envoyé le 27 septembre 1907, a paru dans Le Ménestrel du 5 octobre sous le titre La Clarté. Si la traduction des ouvrages théoriques de Wagner a tant tardé à voir le jour, c'est à cause du « style inextricable de l'auteur » qui en rend la lecture laborieuse. « Loin de s'en effrayer, on s'en réjouit dans certains milieux ; on espère en cette lecture pour combattre le goût de la clarté, de la belle ordonnance qui ont passé longtemps pour des qualités françaises [...] Ah ! la clarté ! Il est vrai qu'on l'a un peu trop aimée, un peu trop vantée. La clarté, c'est la santé du style ; il n'est pas besoin d'en parler. Elle tenait lieu de tout, naguères ; pourvu qu'on fût clair, qu'on fût net, il était permis d'être nul, plat, vulgaire même [...] Aujourd'hui, c'est le contraire ; l'absence d'idées mélodiques, l'harmonie incohérente et même discordante, le désordre dans la composition, tout passe, tout est admis en musique pourvu qu'on soit obscur et incompréhensible ; je ne parle pas des autres arts, mais ils sont attaqués de la même maladie. J'oubliais le Symbolisme, brochant sur le tout, et qui excuse tout. Soyez insignifiant, ennuyeux à l'excès, cela n'a pas d'importance, pourvu que vous soyez symbolique. Montrez-nous, si vous voulez, une brave femme mettant des carottes dans son pot-au-feu ; ce sera très profond : cela signifiera que la femme doit apporter de la douceur dans son intérieur, mais une douceur tempérée par une certaine fermeté »... Quittant la dérision, Saint-Saëns affirme : « l'incohérence, le désordre sont les maladies de l'art : tâchons de nous en préserver. Sachons nous ouvrir à toutes les beautés sans oublier pour cela
Vente jeudi 26 mai 2011・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris