Georges COURTELINE (1858-1929). Manuscrit autographe signé, L’Escalier ; 4 pages et demie petit in-4, quelques corrections. 

Manuscrit complet du second conte du recueil Les Fourneaux, paru chez Albin-Michel en 1905 (p. 15-28). C’est l’histoire d’un couple infernal, l’oncle et la tante du narrateur : « Entre les murs de cette maison de Janot, l’oncle et la tante vivaient en chat et chien, animés l’un contre l’autre d’une antipathie instinctive qu’avaient lentement aiguisée trente-cinq années de tête-à-tête, le vide d’une existence provinciale formidablement imbécile et dénuée de but. Il suffisait à l’un d’exprimer une façon de penser, pour que l’autre, précipitamment, affichât une manière de voir diamétralement opposée. […] Et ainsi, de parti pris, ils s’exaspéraient mutuellement ; elle, agressive, âpre, hargneuse ; lui, goguenard, dédaigneux, fort pour les haussements d’épaules et les silences insultants ». Pour descendre de leur chambre à coucher à la salle à manger, il fallait emprunter un escalier noir et tortueux au bout d’un long corridor sombre ; la tante décida un jour de relier les deux pièces par un escalier en pas-de-vis, contre l’avis de l’oncle, qui refusa obstinément de l’emprunter. L’oncle mourut des suites d’une chute dans son escalier, et la tante obligea les croque-morts à descendre le défunt par l’escalier en pas-de-vis : « — Je t’avais bien dit que tu y passerais ! murmura cette excellente femme. »
Live mardi 22 février 2022・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°171

Georges COURTELINE (1858-1929). Manuscrit autographe signé, L’Escalier ; 4 pages et demie petit in-4, quelques corrections. Manuscrit complet du second conte du recueil Les Fourneaux, paru chez Albin-Michel en 1905 (p. 15-28). C’est l’histoire d’un couple infernal, l’oncle et la tante du narrateur : « Entre les murs de cette maison de Janot, l’oncle et la tante vivaient en chat et chien, animés l’un contre l’autre d’une antipathie instinctive qu’avaient lentement aiguisée trente-cinq années de tête-à-tête, le vide d’une existence provinciale formidablement imbécile et dénuée de but. Il suffisait à l’un d’exprimer une façon de penser, pour que l’autre, précipitamment, affichât une manière de voir diamétralement opposée. […] Et ainsi, de parti pris, ils s’exaspéraient mutuellement ; elle, agressive, âpre, hargneuse ; lui, goguenard, dédaigneux, fort pour les haussements d’épaules et les silences insultants ». Pour descendre de leur chambre à coucher à la salle à manger, il fallait emprunter un escalier noir et tortueux au bout d’un long corridor sombre ; la tante décida un jour de relier les deux pièces par un escalier en pas-de-vis, contre l’avis de l’oncle, qui refusa obstinément de l’emprunter. L’oncle mourut des suites d’une chute dans son escalier, et la tante obligea les croque-morts à descendre le défunt par l’escalier en pas-de-vis : « — Je t’avais bien dit que tu y passerais ! murmura cette excellente femme. »

Estimation
200 € - 300 €
Résultat
384 €
Frais de vente
28%
Georges COURTELINE (1858-1929). Manuscrit autographe signé, L’Escalier ; 4 pages et demie petit in-4, quelques corrections. Manuscrit complet du second conte du recueil Les Fourneaux, paru chez Albin-Michel en 1905 (p. 15-28). C’est l’histoire d’un couple infernal, l’oncle et la tante du narrateur : « Entre les murs de cette maison de Janot, l’oncle et la tante vivaient en chat et chien, animés l’un contre l’autre d’une antipathie instinctive qu’avaient lentement aiguisée trente-cinq années de tête-à-tête, le vide d’une existence provinciale formidablement imbécile et dénuée de but. Il suffisait à l’un d’exprimer une façon de penser, pour que l’autre, précipitamment, affichât une manière de voir diamétralement opposée. […] Et ainsi, de parti pris, ils s’exaspéraient mutuellement ; elle, agressive, âpre, hargneuse ; lui, goguenard, dédaigneux, fort pour les haussements d’épaules et les silences insultants ». Pour descendre de leur chambre à coucher à la salle à manger, il fallait emprunter un escalier noir et tortueux au bout d’un long corridor sombre ; la tante décida un jour de relier les deux pièces par un escalier en pas-de-vis, contre l’avis de l’oncle, qui refusa obstinément de l’emprunter. L’oncle mourut des suites d’une chute dans son escalier, et la tante obligea les croque-morts à descendre le défunt par l’escalier en pas-de-vis : « — Je t’avais bien dit que tu y passerais ! murmura cette excellente femme. »
Vente mardi 22 février 2022・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris