Pierre dit Robert LANUSSE (1768-1847) général et baron d’Empire. L.A.S. « Lanusse aîné », Milan 18 thermidor IV (5 août 1796), à sa mère la citoyenne Lanusse à Habas (Landes) ; 6 pages et demie in-fol., adresse (le f. d’adresse un peu sali avec plis fragiles).
Très belle et longue lettre sur la campagne d’Italie.
« L’armée d’Italie a éprouvé pendant quelques heures des revers ; moi et mon frère avons eu à souffrir de cruelles peines ; mais encore une fois l’armée est triomphante, l’armée est victorieuse et nos douleurs sont appaisées ». Ils ont quitté Pavie le 28 messidor, son frère ayant reçu l’ordre de se rendre à Iseo « pour y prendre le commandement de sa Brigade » ; à Iseo, son frère a été atteint de fièvre et a dû « rester à Brescia pour y rétablir sa santé. Brescia est une ville à peu près grande comme Bayonne dans le païs Venisien ». Le 11 thermidor, l’ennemi attaqua, et le lendemain matin entrait dans la ville : « nous voulumes desuitte monter à cheval mais à peine eumes nous fait vingt pas que nous nous vimes entourés par les autrichiens. Nous fumes forcés de rentrer dans notre maison », dont la porte fut enfoncée par une horde hurlante : « nous crumes que c’étoit là notre dernière heure. […] nous mimes bas les armes et les satellites du tyran d’Allemagne voulurent bien nous conserver la vie ». Mais on les a dévalisés et dépouillés de tous leurs effets… Le général ennemi les traita bien… Puis les Autrichiens prirent des mesures pour faire partir en Autriche les prisonniers de guerre, dont les frères Lanusse faisaient partie. Mais le cadet objecta qu’il était trop malade et obtint l’autorisation de rester à Brescia jusqu’à sa guérison : « nous restâmes à Brescia, les autres prisonniers partirent, le nombre de ceux qui se trouvoient en état de marcher est d’environ 400. Le reste resta dans les hopitaux »...
 L’ennemi avait repoussé les Français le 11. « Notre armée avant l’attaque tenoit une grande ligne, nos divisions étoient éloignées l’une de l’autre. Cela contribua pour beaucoup aux succès de l’ennemi dans la journée du 11. Mais Bonneparte, qui mérite à tous égards le titre de vainqueur de l’Italie, par une manœuvre savante, par une marche forcée rassambla dans la nuit du 11 au 12, toute son armée sur un seul point et à la pointe du jour il attaqua à son tour l’ennemi, les autrichiens se deffendirent avec opiniatreté, mais leur résistance fut vaine. Ils furent completement battus, les français reprirent leurs positions et leur tuèrent beaucoup de monde. Le 13 l’ennemi reataqua de nouveau. Le combat fut violant mais l’avantage demeura aux français et les autrichiens perdirent environ 400 hommes et 800 prisonniers »...
 Prisonniers à Brescia, les Lanusse ignoraient ce qui se passait ; bientôt les Autrichiens se sauvèrent dans les montagnes, et « nous vimes les Republicains entrer dans la ville chantant l’himne heroïque allons Enfans de la patrie. C’est là où j’ai vu arriver Bonneparte à la tête de quarante mille hommes, généraux, officiers et soldats. Pas un ne s’était couché depuis trois jours et tous à l’envie demandoit encore d’aller au combat. Le lendemain on attaqua de nouveau l’ennemi qui fut battu sur differents points et nous lui fimes environ quatre mille prisonniers. Le 16 on se batit encore et l’avantage fut pour nous mais le 17 il y a une bataille dont le resultat va sans doute décider de la campagne. L’ennemi a été dans cette journée completement batu, dispersé, épouvanté, quinze mille prisonniers, cinq mille morts ou blessés, 50 pièces de campagne de munitions &a &a. Dans ce moment on les poursuit […] nous n’avons pas pu mon frere ni moi participer aux dernières victoires. Étant prisonniers sur parole il ne nous étoit pas permis de nous battre. Nous sommes à Milan depuis 3 jours nous y resterons jusqu’à ce que nous soyons échangés »... En post-scriptum, il donne la nouvelle de l’échange… « Nous continuons à battre l’ennemi »…
Live mercredi 30 juin 2021・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°426

Pierre dit Robert LANUSSE (1768-1847) général et baron d’Empire. L.A.S. « Lanusse aîné », Milan 18 thermidor IV (5 août 1796), à sa mère la citoyenne Lanusse à Habas (Landes) ; 6 pages et demie in-fol., adresse (le f. d’adresse un peu sali avec plis fragiles). Très belle et longue lettre sur la campagne d’Italie. « L’armée d’Italie a éprouvé pendant quelques heures des revers ; moi et mon frère avons eu à souffrir de cruelles peines ; mais encore une fois l’armée est triomphante, l’armée est victorieuse et nos douleurs sont appaisées ». Ils ont quitté Pavie le 28 messidor, son frère ayant reçu l’ordre de se rendre à Iseo « pour y prendre le commandement de sa Brigade » ; à Iseo, son frère a été atteint de fièvre et a dû « rester à Brescia pour y rétablir sa santé. Brescia est une ville à peu près grande comme Bayonne dans le païs Venisien ». Le 11 thermidor, l’ennemi attaqua, et le lendemain matin entrait dans la ville : « nous voulumes desuitte monter à cheval mais à peine eumes nous fait vingt pas que nous nous vimes entourés par les autrichiens. Nous fumes forcés de rentrer dans notre maison », dont la porte fut enfoncée par une horde hurlante : « nous crumes que c’étoit là notre dernière heure. […] nous mimes bas les armes et les satellites du tyran d’Allemagne voulurent bien nous conserver la vie ». Mais on les a dévalisés et dépouillés de tous leurs effets… Le général ennemi les traita bien… Puis les Autrichiens prirent des mesures pour faire partir en Autriche les prisonniers de guerre, dont les frères Lanusse faisaient partie. Mais le cadet objecta qu’il était trop malade et obtint l’autorisation de rester à Brescia jusqu’à sa guérison : « nous restâmes à Brescia, les autres prisonniers partirent, le nombre de ceux qui se trouvoient en état de marcher est d’environ 400. Le reste resta dans les hopitaux »...
 L’ennemi avait repoussé les Français le 11. « Notre armée avant l’attaque tenoit une grande ligne, nos divisions étoient éloignées l’une de l’autre. Cela contribua pour beaucoup aux succès de l’ennemi dans la journée du 11. Mais Bonneparte, qui mérite à tous égards le titre de vainqueur de l’Italie, par une manœuvre savante, par une marche forcée rassambla dans la nuit du 11 au 12, toute son armée sur un seul point et à la pointe du jour il attaqua à son tour l’ennemi, les autrichiens se deffendirent avec opiniatreté, mais leur résistance fut vaine. Ils furent completement battus, les français reprirent leurs positions et leur tuèrent beaucoup de monde. Le 13 l’ennemi reataqua de nouveau. Le combat fut violant mais l’avantage demeura aux français et les autrichiens perdirent environ 400 hommes et 800 prisonniers »...
 Prisonniers à Brescia, les Lanusse ignoraient ce qui se passait ; bientôt les Autrichiens se sauvèrent dans les montagnes, et « nous vimes les Republicains entrer dans la ville chantant l’himne heroïque allons Enfans de la patrie. C’est là où j’ai vu arriver Bonneparte à la tête de quarante mille hommes, généraux, officiers et soldats. Pas un ne s’était couché depuis trois jours et tous à l’envie demandoit encore d’aller au combat. Le lendemain on attaqua de nouveau l’ennemi qui fut battu sur differents points et nous lui fimes environ quatre mille prisonniers. Le 16 on se batit encore et l’avantage fut pour nous mais le 17 il y a une bataille dont le resultat va sans doute décider de la campagne. L’ennemi a été dans cette journée completement batu, dispersé, épouvanté, quinze mille prisonniers, cinq mille morts ou blessés, 50 pièces de campagne de munitions &a &a. Dans ce moment on les poursuit […] nous n’avons pas pu mon frere ni moi participer aux dernières victoires. Étant prisonniers sur parole il ne nous étoit pas permis de nous battre. Nous sommes à Milan depuis 3 jours nous y resterons jusqu’à ce que nous soyons échangés »... En post-scriptum, il donne la nouvelle de l’échange… « Nous continuons à battre l’ennemi »…

Estimation
700 € - 800 €
Résultat
1 024 €
Frais de vente
28%
Pierre dit Robert LANUSSE (1768-1847) général et baron d’Empire. L.A.S. « Lanusse aîné », Milan 18 thermidor IV (5 août 1796), à sa mère la citoyenne Lanusse à Habas (Landes) ; 6 pages et demie in-fol., adresse (le f. d’adresse un peu sali avec plis fragiles). Très belle et longue lettre sur la campagne d’Italie. « L’armée d’Italie a éprouvé pendant quelques heures des revers ; moi et mon frère avons eu à souffrir de cruelles peines ; mais encore une fois l’armée est triomphante, l’armée est victorieuse et nos douleurs sont appaisées ». Ils ont quitté Pavie le 28 messidor, son frère ayant reçu l’ordre de se rendre à Iseo « pour y prendre le commandement de sa Brigade » ; à Iseo, son frère a été atteint de fièvre et a dû « rester à Brescia pour y rétablir sa santé. Brescia est une ville à peu près grande comme Bayonne dans le païs Venisien ». Le 11 thermidor, l’ennemi attaqua, et le lendemain matin entrait dans la ville : « nous voulumes desuitte monter à cheval mais à peine eumes nous fait vingt pas que nous nous vimes entourés par les autrichiens. Nous fumes forcés de rentrer dans notre maison », dont la porte fut enfoncée par une horde hurlante : « nous crumes que c’étoit là notre dernière heure. […] nous mimes bas les armes et les satellites du tyran d’Allemagne voulurent bien nous conserver la vie ». Mais on les a dévalisés et dépouillés de tous leurs effets… Le général ennemi les traita bien… Puis les Autrichiens prirent des mesures pour faire partir en Autriche les prisonniers de guerre, dont les frères Lanusse faisaient partie. Mais le cadet objecta qu’il était trop malade et obtint l’autorisation de rester à Brescia jusqu’à sa guérison : « nous restâmes à Brescia, les autres prisonniers partirent, le nombre de ceux qui se trouvoient en état de marcher est d’environ 400. Le reste resta dans les hopitaux »...
 L’ennemi avait repoussé les Français le 11. « Notre armée avant l’attaque tenoit une grande ligne, nos divisions étoient éloignées l’une de l’autre. Cela contribua pour beaucoup aux succès de l’ennemi dans la journée du 11. Mais Bonneparte, qui mérite à tous égards le titre de vainqueur de l’Italie, par une manœuvre savante, par une marche forcée rassambla dans la nuit du 11 au 12, toute son armée sur un seul point et à la pointe du jour il attaqua à son tour l’ennemi, les autrichiens se deffendirent avec opiniatreté, mais leur résistance fut vaine. Ils furent completement battus, les français reprirent leurs positions et leur tuèrent beaucoup de monde. Le 13 l’ennemi reataqua de nouveau. Le combat fut violant mais l’avantage demeura aux français et les autrichiens perdirent environ 400 hommes et 800 prisonniers »...
 Prisonniers à Brescia, les Lanusse ignoraient ce qui se passait ; bientôt les Autrichiens se sauvèrent dans les montagnes, et « nous vimes les Republicains entrer dans la ville chantant l’himne heroïque allons Enfans de la patrie. C’est là où j’ai vu arriver Bonneparte à la tête de quarante mille hommes, généraux, officiers et soldats. Pas un ne s’était couché depuis trois jours et tous à l’envie demandoit encore d’aller au combat. Le lendemain on attaqua de nouveau l’ennemi qui fut battu sur differents points et nous lui fimes environ quatre mille prisonniers. Le 16 on se batit encore et l’avantage fut pour nous mais le 17 il y a une bataille dont le resultat va sans doute décider de la campagne. L’ennemi a été dans cette journée completement batu, dispersé, épouvanté, quinze mille prisonniers, cinq mille morts ou blessés, 50 pièces de campagne de munitions &a &a. Dans ce moment on les poursuit […] nous n’avons pas pu mon frere ni moi participer aux dernières victoires. Étant prisonniers sur parole il ne nous étoit pas permis de nous battre. Nous sommes à Milan depuis 3 jours nous y resterons jusqu’à ce que nous soyons échangés »... En post-scriptum, il donne la nouvelle de l’échange… « Nous continuons à battre l’ennemi »…
Vente mercredi 30 juin 2021・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris