Jean COCTEAU. 2 L.A.S., 2 avril et 5 juillet 1960, à une « chère amie » ; 1 page in-4 chaque.
Milly 2 avril 1960. Il part pour Santo Sospir. « Une presque sœur très malade, les besognes, les auditions pour la reprise de L’Aigle [à deux têtes], les magnétophones pour le film, les articles, les lettres, les fâcheux, les aumônes, les refacheux. Voilà ce qui me chasse demain et m’oblige à rejoindre la Côte d’Azur »… 5 juillet 1960. Il a lu les lettres le soir de son anniversaire, seul dans sa chambre après avoir dû « souffler un simulacre de 71 bougies. [….] Les lettres m’ont presque procuré de la gêne, tellement d’un seul coup elles nous plongent dans un fleuve de sang et d’encre très doux et très calme entre des rives que je connais bien et qui s’y reflètent à l’envers. Charles s’y montre sans masque de théâtre avec toute sa noblesse et sa gentillesse et cette enfance dont il avait les colères (je le revois encore lancer une boîte de pastilles de Vichy qui éclatait comme une bombe). Et ce que j’aime c’est qu’il trouve le temps d’écrire de vraies lettres dans cette épouvantable époque de hâte, de téléphone et de radio. […] cette étonnante courbe de dos n’était point une bosse mais quelque bizarre instrument de musique dont il tirait des accents inoubliables de sa voix nasale et passionnée. Ah ! vous m’avez fait un beau cadeau d’anniversaire »…
Live mardi 29 juin 2021・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°145

Jean COCTEAU. 2 L.A.S., 2 avril et 5 juillet 1960, à une « chère amie » ; 1 page in-4 chaque. Milly 2 avril 1960. Il part pour Santo Sospir. « Une presque sœur très malade, les besognes, les auditions pour la reprise de L’Aigle [à deux têtes], les magnétophones pour le film, les articles, les lettres, les fâcheux, les aumônes, les refacheux. Voilà ce qui me chasse demain et m’oblige à rejoindre la Côte d’Azur »… 5 juillet 1960. Il a lu les lettres le soir de son anniversaire, seul dans sa chambre après avoir dû « souffler un simulacre de 71 bougies. [….] Les lettres m’ont presque procuré de la gêne, tellement d’un seul coup elles nous plongent dans un fleuve de sang et d’encre très doux et très calme entre des rives que je connais bien et qui s’y reflètent à l’envers. Charles s’y montre sans masque de théâtre avec toute sa noblesse et sa gentillesse et cette enfance dont il avait les colères (je le revois encore lancer une boîte de pastilles de Vichy qui éclatait comme une bombe). Et ce que j’aime c’est qu’il trouve le temps d’écrire de vraies lettres dans cette épouvantable époque de hâte, de téléphone et de radio. […] cette étonnante courbe de dos n’était point une bosse mais quelque bizarre instrument de musique dont il tirait des accents inoubliables de sa voix nasale et passionnée. Ah ! vous m’avez fait un beau cadeau d’anniversaire »…

Estimation
250 € - 300 €
Résultat
320 €
Frais de vente
28%
Jean COCTEAU. 2 L.A.S., 2 avril et 5 juillet 1960, à une « chère amie » ; 1 page in-4 chaque. Milly 2 avril 1960. Il part pour Santo Sospir. « Une presque sœur très malade, les besognes, les auditions pour la reprise de L’Aigle [à deux têtes], les magnétophones pour le film, les articles, les lettres, les fâcheux, les aumônes, les refacheux. Voilà ce qui me chasse demain et m’oblige à rejoindre la Côte d’Azur »… 5 juillet 1960. Il a lu les lettres le soir de son anniversaire, seul dans sa chambre après avoir dû « souffler un simulacre de 71 bougies. [….] Les lettres m’ont presque procuré de la gêne, tellement d’un seul coup elles nous plongent dans un fleuve de sang et d’encre très doux et très calme entre des rives que je connais bien et qui s’y reflètent à l’envers. Charles s’y montre sans masque de théâtre avec toute sa noblesse et sa gentillesse et cette enfance dont il avait les colères (je le revois encore lancer une boîte de pastilles de Vichy qui éclatait comme une bombe). Et ce que j’aime c’est qu’il trouve le temps d’écrire de vraies lettres dans cette épouvantable époque de hâte, de téléphone et de radio. […] cette étonnante courbe de dos n’était point une bosse mais quelque bizarre instrument de musique dont il tirait des accents inoubliables de sa voix nasale et passionnée. Ah ! vous m’avez fait un beau cadeau d’anniversaire »…
Vente mardi 29 juin 2021・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris