Charles GOUNOD. L.A.S., 19 mars 1891, à Ely Halpérine-Kaminsky ; 3 pages in-8, enveloppe. Réponse à une enquête sur Tolstoi, à propos de son article Le Vin et le Tabac dans la Revue scientifique du 14 mars 1891./ " Je viens de lire cette noble étude avec la respectueuse attention que mérite et commande le nom respectable de l'auteur, et [...] je partage son opinion en tout ce qui concerne les facultés intellectuelles. Je pense que l'usage du tabac produit un engourdissement des facultés en question ; que cet engourdissement est en raison de l'usage, et peut aller jusqu'à l'atrophie par l'abus. Je ne suis pas aussi convaincu qu'il puisse aller jusqu'à l'oblitération de la Conscience, dont le témoignage est trop éclatant pour subir aussi aisément une éclipse aussi fatale. Je dis la Conscience, remarquez-le ; je ne dis pas la Volonté. La Conscience est une juridiction divine ; la Volonté est une énergie humaine. Celle-ci peut être débilitée par les abus qui attaquent ses organes ; celle-là, au contraire, me semble au-dessus de toutes les atteintes, parce qu'elle crée la Responsabilité, en dehors de laquelle l'homme cesse d'être justiciable. J'ai beaucoup fumé ; je ne me rappelle pas que cela ait jamais modifié le jugement de ma Conscience sur la moralité de mes actes "...
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Charles GOUNOD. L.A.S., 19 mars 1891, à Ely Halpérine-Kaminsky ; 3 pages in-8, enveloppe.
Réponse à une enquête sur Tolstoi, à propos de son article Le Vin et le Tabac dans la Revue scientifique du 14 mars 1891./
" Je viens de lire cette noble étude avec la respectueuse attention que mérite et commande le nom respectable de l'auteur, et [...] je partage son opinion en tout ce qui concerne les facultés intellectuelles. Je pense que l'usage du tabac produit un engourdissement des facultés en question ; que cet engourdissement est en raison de l'usage, et peut aller jusqu'à l'atrophie par l'abus. Je ne suis pas aussi convaincu qu'il puisse aller jusqu'à l'oblitération de la Conscience, dont le témoignage est trop éclatant pour subir aussi aisément une éclipse aussi fatale. Je dis la Conscience, remarquez-le ; je ne dis pas la Volonté. La Conscience est une juridiction divine ; la Volonté est une énergie humaine. Celle-ci peut être débilitée par les abus qui attaquent ses organes ; celle-là, au contraire, me semble au-dessus de toutes les atteintes, parce qu'elle crée la Responsabilité, en dehors de laquelle l'homme cesse d'être justiciable. J'ai beaucoup fumé ; je ne me rappelle pas que cela ait jamais modifié le jugement de ma Conscience sur la moralité de mes actes "...
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mardi 6 octobre 2020・14:00 (Europe/Paris)
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9, rue Drouot
75009 Paris