VOLTAIRE (1694-1778). 2 lettres dictées, Ferney février-avril 1771, à D’Alembert à Paris ; les lettres sont écrites par son secrétaire Jean-Louis Wagnière ; 2 pages in-4 chaque, adresses. Deux belles lettres à D’Alembert. 4 février. Il le félicite pour son « discours prononcé devant le roi de Dannemarck [à l’Académie des Sciences]. Jamais vous n’avez rendu la philosophie plus respectable. Ce discours est un bien beau monument toutes les Académies de l’Europe doivent vous en remercier. Je n’ose encore vous envoyer ma facétie sur la liberté de la presse que ce monarque établit si hardiment dans ses états [Épître au roi de Danemark Christian VII sur la liberté de la presse]. Figurez-vous que je n’ai pas eu encor le tems de la faire copier. Ma colonie qu’il faut soutenir malgré l’orage qui l’a presque renversée ; des occupations forcées, et mes maladies continuelles ne m’ont pas laissé un moment dont je pusse disposer. Je m’attendais bien que l’homme dont vous me parlez [le maréchal de Richelieu], se mettrait à la tête de la faction pour le nazillonneur [le président de Brosses]. Il m’avait fait entendre dans une de ses lettres qu’il aimait mieux me servir dans mes amours que dans mes aversions. Il a passé sa vie à me faire des plaisirs et des niches ; à me caresser d’une main, et à me dévisager de l’autre, c’est sa façon avec les deux sexes. Il faut prendre les gens comme ils sont. […] J’espère qu’après tout notre homme trouvera à qui parler. Il ne fera qu’en rire ; mais tout en plaisantant sa faction aura le dessous et cela est fort amusant. […] Adieu, mon très illustre philosophe ; adieu l’honneur des Lettres »… 8 avril. « Mon très cher philosophe, je vous rends mille graces des moments agréables que vous m’avez fait passer. J’ai entendu la lecture de vos deux discours [l’adresse au roi de Suède lors de sa visite à l’Académie des Sciences le 6 mars, et le Dialogue entre Descartes et Christine, que Voltaire fit imprimer dans Les Lois de Minos en 1
Estimation
1 500 € - 2 000 €
Résultat
3 840 €
Frais de vente
28%
VOLTAIRE (1694-1778). 2 lettres dictées, Ferney février-avril 1771, à D’Alembert à Paris ; les lettres sont écrites par son secrétaire Jean-Louis Wagnière ; 2 pages in-4 chaque, adresses.
Deux belles lettres à D’Alembert.
4 février. Il le félicite pour son « discours prononcé devant le roi de Dannemarck [à l’Académie des Sciences]. Jamais vous n’avez rendu la philosophie plus respectable. Ce discours est un bien beau monument toutes les Académies de l’Europe doivent vous en remercier. Je n’ose encore vous envoyer ma facétie sur la liberté de la presse que ce monarque établit si hardiment dans ses états [Épître au roi de Danemark Christian VII sur la liberté de la presse]. Figurez-vous que je n’ai pas eu encor le tems de la faire copier. Ma colonie qu’il faut soutenir malgré l’orage qui l’a presque renversée ; des occupations forcées, et mes maladies continuelles ne m’ont pas laissé un moment dont je pusse disposer.
Je m’attendais bien que l’homme dont vous me parlez [le maréchal de Richelieu], se mettrait à la tête de la faction pour le nazillonneur [le président de Brosses]. Il m’avait fait entendre dans une de ses lettres qu’il aimait mieux me servir dans mes amours que dans mes aversions. Il a passé sa vie à me faire des plaisirs et des niches ; à me caresser d’une main, et à me dévisager de l’autre, c’est sa façon avec les deux sexes. Il faut prendre les gens comme ils sont. […] J’espère qu’après tout notre homme trouvera à qui parler. Il ne fera qu’en rire ; mais tout en plaisantant sa faction aura le dessous et cela est fort amusant. […] Adieu, mon très illustre philosophe ; adieu l’honneur des Lettres »…
8 avril. « Mon très cher philosophe, je vous rends mille graces des moments agréables que vous m’avez fait passer. J’ai entendu la lecture de vos deux discours [l’adresse au roi de Suède lors de sa visite à l’Académie des Sciences le 6 mars, et le Dialogue entre Descartes et Christine, que Voltaire fit imprimer dans Les Lois de Minos en 1
Vente
jeudi 6 février 2020・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris