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MOZART Leopold (1719-1787). MOZART Wolfgang…

Lot 1192
80 000 - 100 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 169 000 €

MOZART Leopold (1719-1787). MOZART Wolfgang…

MOZART Leopold (1719-1787).
MOZART Wolfgang Amadeus (1756-1791).
L.A.S. par les deux, « Mayland » (Milan) 21 novembre 1772, à Anna Maria et Nannerl MOZART ; 2 pages in-4 (un feuillet recto-verso 22,3 x 18,6 cm ; petit trou par corrosion d’encre affectant une lettre) ; en allemand.

Extraordinaire lettre écrite, pendant leur voyage en Italie, par Leopold Mozart à sa femme restée à Salzburg, le jour de leur anniversaire de mariage, suivie d’une lettre de Wolfgang à sa sœur Nannerl.
[Lorsqu’ils arrivèrent à Milan le 24 octobre 1772, Leopold et Wolfgang en étaient à leur troisième voyage en Italie. Au moment de la rédaction de cette lettre, Wolfgang travaillait à son opéra Lucio Silla, qui fut créé le 26 décembre. Leopold parle du castrat Venanzio Rauzzini, qui devait chanter le rôle de Cecilio dans l’opéra ; Mozart préférait attendre l’arrivée du chanteur pour l’entendre avant de composer ensuite l’air qui lui serait destiné ; l’arrivée du chanteur va leur donner davantage de travail (Mozart écrira pour remercier Rauzzini le célèbre motet Exsultate, Jubilate). Auparavant, Leopold fait une référence touchante à son mariage, dont c’est le vingt-cinquième anniversaire. Il évoque son logement à Milan, donnant même les dimensions du lit, et le menu de leur dîner…]
Leopold. Ils sont arrivés en bonne santé, frais comme des poissons dans l’eau, surtout qu’il pleut nuit et jour depuis huit jours ; ils attendent leurs malles. En plus de la pluie et du vent, ils ont eu dans la nuit du 19 un violent orage, avec des éclairs et beaucoup de tonnerre ; il a même été réveillé à deux reprises par des coups de tonnerre mais s’est rendormi. Wolfgang n’a rien entendu. Leur appartement est plus beau et confortable que celui de l’année passée, plus proche du théâtre et de chez Mme d’Asti, qui leur a prêté de bons oreillers, et leur lit est plus large. Aujourd’hui, c’est leur anniversaire de mariage. Il y a 25 ans qu’ils ont eu la bonne idée de se marier ; l’idée leur était certes venue bien des années avant, mais les bonnes choses doivent mûrir doucement ! Il annonce l’arrivée du Primo Uomo Rauzzini ; il va donc y avoir de plus en plus à faire... Il y aura certainement quelques petits problèmes, comme toujours au théâtre, mais ce sont des bagatelles. Wolfgang a mangé toutes les figues données par M. Joseph [Hagenauer] lors de leur départ, comme les pains et les poissons de l’Évangile : ils ont mangé les dernières la veille au dîner ; ils ne mangent le soir que du raisin, du pain et un verre de vin. Le jour est court ! et il y a tant à faire… Il signe « ton vieux Mozart ».
« Wir sind, Gott Lob, frisch und gesund wie die fische im wasser, dann seit gestern 8 täge hat es tag und nacht so erstaunlich geregnet, daß es gar kein wunden, wenn alle Posten, die heut eintreffen sollten, noch erwartet werden. Nebst dem starken Regen und Wind ward in der nacht vom 19ten bis auf den 20ten ein starkes donnerwetter, welches um 10 uhr Nachts mit blitzen angefangen, und dann die ganze Nacht bis 4 uhr frühe mit viellem hefftigen donner ohne unterlass angehalten. Ich meines theils wurde durch einen starken donner um 2 uhr, und dann nach 5 uhr erwecket, schlief aber gleich wieder ein. der Wolfgang hingegen, nachdem er um 12 uhr eingeschlaffen, hörte vom Rest des Wetters gar nichts mehr. Wir haben eine weit bessere Wohnung, als wir sonst hatten, schöner, bequemmer, näher noch am theater und folglich etwa 50 schritte von den Mdme d’Aste entfernt, die uns ein paar gute Kopfküssen geliehen, da die italiänischen speckschwarden uns zu hart sind. übrigens, da unser vormaliges Bett 9 spann breit war, so ist das dermahlige 10 spanne. An Euerm guten wohlseÿn will nicht zweifeln. Heut ist die Jahrzeit unseres Hochzeit tages. Es wird, wie glaube, 25 Jahre seÿn, daß wir den guten Gedancken hatten uns zu verheÿrathen. — Diesen Gedancken hatten wir zwar viele jahre zuvor. gute dinge, wollen ihre Zeit!... Der Primo Uomo Sgr Rauzzini ist nun angelangt, es wird nun also immer mehr zu thun geben und lebhafter werden. Es wird aber auch an kleinen Comœdien wie es beÿm Theater gewöhnlich ist, nicht fehlen. Das sind kleinigkeiten! die feigen, die H: Joseph beÿ der abreise dem Wolfg: Gegeben, waren so wundersamm wie das Brod und die Fische im Evangelio, dann gestern assen wie noch davon zur abendmalzeit, die täglich in nichts als trauben und Brod und einem glaß wein bestehet. Wir empf. uns allen guten freunden u. freundinen. Der Tag ist Kurz! Es giebt viel zu thun, ist es keine Arbeit, so sind es halt dennoch verrichtungen. wir küssen euch – so oft ihr wollt – und bin sammt dem Wolfg. dein alter Mozart mp. »
Wolfgang prie Heinrich von Heffner de lui pardonner pour ne pas lui avoir encore répondu. Cela ne lui a pas été possible. Dès qu’il rentre à la maison, il doit composer – il y a d’ailleurs souvent déjà quelque chose en cours sur sa table – et en dehors de la maison, dans la rue, il ne peut vraiment pas écrire. Que Nannerl lui montre cette lettre, cela doit lui suffire pour l’instant. Il continue en s’amusant à mélanger dans le désordre les mots des dernières phrases (l’Allemagne de la poste n’est pas encore arrivée), écrivant la date et son addio à l’envers, et signant « Mozart Wolfgang ».
« Ich sage dir danck, du weist schon für waß. Dem H: von Hefner bitte ich um verzeÿhung daß Ich ihm noch nicht geantwortet habe. allein es war ohnmöglich und es ist noch ohnmöglich, dann so bald Ich nach haus kome, so giebt es was zu schreiben, liegt oft schon was auf dem Tisch, und ausser den haus, auf der gasse, kan ich ohnmöglich nicht schreiben. wenn du ihn siehest, zu lasse Ihm dieses folgende lesen, und Ich bitte ihm er soll sich unterdessen mit diesen begnügen. Ich werde es meinen wohlfeilen freünden nicht vor übl haben, daß er mir nicht geantwortet hat, so bald er wird mehr zeit haben, wird er mir gewiß, zweifels ohne, ohne zweifel, sicher, richtiglich antworten. Mein Compliment an alle gute freünde und freündinen. Der Mama küsse ich die hände. Wohle leb, und neue mir bald was schreibes. Die Teütschland vom Post ist noch nicht angekomen. Oidda. Ich sonst wie bin Mozart Wolfgang. Milano à 2771 novembre 12 dem ».
Six petits traits de plume ont été portés sur la lettre par Georg Nikolaus von Nissen, quand il l’a consultée pour sa biographie de Mozart.
Briefe und Aufzeichnungen 1755-1776, éd. W. Bauer et O. E. Deutsch (Bâle, 1962), n° 267 (p. 461).
Correspondance complète, éd. Geneviève Geffray (Flammarion, 2011), n° 174 (p. 355).
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