• facebook
  • twitter
  • linkedin
  • art

BEETHOVEN Ludwig van (1770-1827). L.A.S.…

Lot 1108
80 000 - 100 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 110 500 €

BEETHOVEN Ludwig van (1770-1827). L.A.S.…

BEETHOVEN Ludwig van (1770-1827).
L.A.S. « Beethoven », Vienne 17 septembre [1795], à Heinrich von STRUVE ; 4 pages in-16 (81×47 mm) d’un petit feuillet double, remplies d’une petite écriture serrée ; en allemand.

Très rare lettre de jeunesse à son ami Heinrich von STRUVE (1172-1851), qui faisait partie de son cercle d’amis à Bonn et était entré au service de la Russie. Beethoven vivait depuis novembre 1792 à Vienne où il étudiait auprès de Joseph Haydn.
Il se réjouit de la lettre de son cher ami, à laquelle il ne s’attendait pas. Le voilà donc maintenant dans ce froid pays où l’humanité est encore traitée de manière indigne. Il y sera confronté à beaucoup de choses qui vont à l’encontre de sa façon de penser, de son cœur et même de tout son être. Mais quand viendra le jour où il n’y aura plus que des êtres humains ? Peut-être verra-t-on ces temps heureux se profiler à l’horizon ici et là, mais universellement – de cela ils ne seront plus témoins car cela prendra probablement encore des siècles... « Lieber! daß du mir hieher geschrieben hast, hat mich unendlich gefreut, da ich mir’s nicht vermuthete. Du bist also jetzt in dem kalten Lande, wo die Menscheit noch so sehr tinter ihrer Würde behandelt wird, ich weiß gewiß, daß dir da manches begegnen wird, was wider deine Denkungs-Art, dein Hertz, und überhaupt wider dein ganzes Gefühl ist. Wann wird auch der Zeitpunkt kommen wo es nur Menschen geben wird, wir werden wohl diesen glücklichen Zeitpunkt nur an einigen orten heran nahen sehen, aber allgemein – das werden wir nicht sehen, da werden wohl noch Jahrhunderte vorübergehen »...
Suivent des mots réconfortants relatifs à la mort de la mère de Struve (21 avril 1795) et quelques réflexions sur le thème de la mort au cours desquelles Beethoven évoque ses propres parents…
Puis il évoque ses projets de voyages et des connaissances communes. Il ne saurait dire quand il partira de Vienne, mais sa première destination sera l’Italie puis peut-être la Russie, demandant à Struve combien coûte le voyage à Petersbourg, car il pense y envoyer quelqu’un dès que possible. Il va bientôt faire parvenir quelques-unes de ses pièces de musique à la sœur de Struve. Le professeur Stup de Bonn qui est à Vienne, Wegeler et Breuning saluent Struve. Beethoven le prie de continuer à lui écrire, le plus souvent possible ; qu’il ne laisse pas son amitié pour lui s’étioler par l’éloignement, il est et reste son très cher ami… « Wie bald ich von hier gehe, kann ich nicht bestimmen, meine erste Ausflucht wird nach Italien sein, und dann vieleicht nach Rußland, du könntest mir wohl schreiben, wie hoch die reise von hier nach P[etersburg] kömmt, weil ich jeman,den hinzuschicken gedenke sobald als möglich. Deiner Schwester werde ich nächstens einige Musik von mir schicken. Professor Stup von Bonn ist auch hier. Grüße von Wegeler und Breuning an dich. Ich bitte dich mir ja immer zu schreiben, so oft du kannst, laß deine freundschaft für mich sich nicht durch die Entfernung vermindern, ich bin noch immer wie sonst dein dich liebender Beethowen ».

[Heinrich von STRUVE (1772-1851), né à Regensburg, est entré très jeune au service de l’état russe ; il fut conseiller de légation à Kassel à partir de 1796, fonda en 1845 la société des sciences naturelles de Hambourg et mourut alors qu’il était conseiller d’état russe détaché à Hambourg. Dans le Stammbuch (liber amicorum) de Beethoven, créé par les amis de ce dernier lors de son départ pour Vienne, on retrouve un mot de la main de Struve daté du 30 octobre 1792. Le juriste Johann Reiner STUPP (1767-1825), originaire de Bonn, a séjourné à Vienne en 1795 et était une connaissance de Beethoven. Franz Gerhard WEGELER (1765-1848) et Stephan von Breuning (1774-1827) ont compté toute sa vie parmi les plus proches amis de Beethoven.
Les lettres de jeunesse de Beethoven sont extrêmement rares : l’édition complète de sa correspondance ne répertorie que 16 lettres datant des années antérieures à 1795 (éd. Sieghard Brandenburg, Munich, 1996-1998).
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue