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Paul CLAUDEL. L.A.S., Nara 7 mai 1926, à…

Lot 63
700 - 800 €

Paul CLAUDEL. L.A.S., Nara 7 mai 1926, à…

Paul CLAUDEL. L.A.S., Nara 7 mai 1926, à Léonard Aurousseau, directeur de l’École française d’Extrême-Orient à Hanoi ; 3 pages et demie in-8, vignette et en-tête The Nara Hotel, enveloppe.
Il le remercie chaleureusement pour ses félicitations sur son « panonceau diplomatique ». Il se retrouve à Nara, et a fait des visites inoubliables à Miyajina et au temple à pivoines de Hasé, où un vieil abbé vénérable l’a invité à écrire un poème sur un carton parsemé d’or : « je n’ai trouvé autre chose que les lignes suivantes : “Je suis venu de l’autre bout du monde pour voir ce qui se cache de rose au cœur des pivoines blanches de Hasé” »... Il évoque des visites au temple de Jimmô Tennô et à Isé, puis lui confie une lettre débordante de joie qu’il vient de recevoir de Copeau, qui jouit de l’étonnement de tous les convertis. « Et vous, mon cher ami, quand me donnerez-vous le même bonheur ? Un an, plus d’un an déjà depuis que nous avons eu notre première conversation. À quoi sert d’attendre et à ne pas croire votre âme qui meurt de faim et qui a absolument besoin de lumières. Toutes ces objections par lesquelles le diable essaye de vous retenir, jouez-leur un bon tour en passant à travers sans même essayer d’y répondre. L’important est de vivre et non pas de philosopher. Qui s’engage dans les chicaneries diaboliques n’en sort jamais »... Il envoie la lettre de Copeau. « Et vous aussi apprenez à vivre, à respirer, à espérer, à aimer, à croire ! Laissez aller les rêves à votre âme et elle vous conduira où il faut. [...] L’intelligence n’est qu’un organe de contrôle, mais ce n’est pas elle qui vit, pas plus que ce ne sont les yeux qui mangent »...
On joint une lettre ronéotypée de Jacques Copeau, Assise samedi saint [3 avril 1926], à Claudel, racontant le bonheur de sentir la présence de Dieu, puis faisant l’éloge de Feuilles des saints, en particulier de L’Architecte. « A-t-on jamais dit combien votre poésie est humaine ? Nul n’a fixé comme vous, du ton de la grande poésie, certaines choses ordinaires d’expérience quotidienne, certains gestes, certains objets et certaines vérités du cœur »... Il raconte un souvenir émouvant de lecture de L’Annonce à ses enfants...
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