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[Claude MONET]. Alice HOSCHEDÉ (1844-1911)…

Lot 378
2 500 - 3 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 3 125 €

[Claude MONET]. Alice HOSCHEDÉ (1844-1911)…

[Claude MONET]. Alice HOSCHEDÉ (1844-1911) épouse d’Ernest Hoschedé, collectionneur et ami de Claude Monet, dont elle fut la compagne puis la femme. 57 L.A.S., [1866-1881], la plupart à son mari Ernest Hoschedé, quelques-unes à sa famille ; environ 200 pages, la plupart in-8 (2 lettres incomplètes).
Très intéressante correspondance sur Claude Monet à Vétheuil, par sa future femme. [Alice Raingo épouse Ernest Hoschedé en 1863 et donne naissance à six enfants. Lorsque Ernest, principal mécène de Monet, fait faillite, c’est chez ce dernier qu’Alice et ses enfants vont s’installer, d’un commun accord entre les deux familles. En 1892, elle épouse Monet en secondes noces, après avoir été sa maîtresse, avant même la mort de sa femme Camille Doncieux, et vraisemblablement depuis 1875.]
Les deux premières lettres sont écrites depuis le château Rottembourg à Montgeron, dont Alice a hérité, devenue la demeure du couple Hoschedé. En 1870, à l’approche des Prussiens, le couple quitte Montgeron. Alice écrit depuis Boulogne et Dieppe, où elle s’est réfugiée avec ses enfants chez ses beaux-parents. Sans nouvelles d’Ernest, reparti à Paris, elle lui écrit sa « grande anxiété »... « Les temps les plus affreux ne sont pas encore venus alors que les journées seront froides et pluvieuses, que nous saurons le bombardement commencé […]. Je me demande chaque jour comment l’on peut supporter pareille torture sans mourir »…
Toutes les autres lettres ont été écrites depuis Vétheuil, à partir de 1878, date à laquelle Alice et ses enfants ont rejoint la famille Monet. À l’automne, tandis que Ernest et Monet sont à Lavacour, elle confie à sa belle-mère ses inquiétudes familiales et financières : « Les soucis augmentent chaque jour, les enfants ont besoin de mille choses, tout cela m’effraie. Il faut une solution à notre malheureuse situation puisque tous les nôtres nous abandonnent »… Ernest est très souvent absent de Vétheuil. Depuis Paris ou la Belgique, il tente de régler leurs affaires et de conclure des ventes de tableaux afin d’envoyer de l’argent à sa femme. Monet ne vend pas encore ses toiles à des prix intéressants... Chaque courrier d’Alice fait état des dettes à solder, des rémunérations du personnel (notamment le blanchisseur Lefebvre), et de ses besoins financiers pour faire vivre ses enfants, dont elle donne des nouvelles régulières. Elle le charge de commissions et le questionne très régulièrement sur l’avancée de ses transactions financières. Ainsi, en septembre 1878 : « Je suis inquiète à la pensée de ce qu’il te faut d’argent et le peu de temps que tu as devant toi »… Début 1879 : « Je suis assez malheureuse de ton absence et de tous tes ennuis. […] J’ai grand mal à faire patienter tout le monde et crois qu’il serait mieux de réserver avec peu que d’attendre indéfiniment ce que tu ne peux trouver malgré tous tes pas et démarches. […] Ne manque pas surtout d’envoyer de l’argent demain si peu que ce soit car Mr Monet a dû donner 5 frs au cocher et c’était tout ce qui nous restait »… En mai 1879, elle prie Ernest de hâter la vente d’objets, « le plus tôt sera le mieux »…. « Je ne vois pas bien l’utilité de ma visite au Salon car j’aurai fort à faire à ranger mes effets rue de Lisbonne ». Son absence lui paraît longue… En juillet 1879, la santé de Camille Doncieux commence à se dégrader un peu plus… « Le retour de Mr Monet avec sa complète défaite m’a navrée. Il faut absolument que tu viennes et que nous prenions de grandes décisions »… En octobre, le ton des lettres se charge de reproches : « Je prends mon parti d’être absolument délaissée par toi ; c’est un parti pris, si cela te réussissait mieux ! Tu termines ta lettre en me disant : En somme grand danger pour les Monet et pour nous – alors que faire ? »… Alice reproche à son époux de la tenir éloignée de ses transactions, tandis qu’il lui reproche en retour son laconisme. En septembre 1879, la mort de Camille, qu’elle a soignée jusqu’à la fin dans sa maladie, l’affecte beaucoup : « La pauvre femme a bien souffert, a eu une longue et terrible agonie, et a conservé jusqu’à la dernière minute toute sa connaissance. C’était déchirant de voir les tristes adieux qu’elle adressait à ses enfants. […] J’étais si habituée à soigner la pauvre femme que je la cherche sans cesse »… Mais dès octobre, les mêmes angoisses resurgissent : « Je doute que Mr Monet puisse revenir avec assez d’argent pour me tirer d’ennui »… En décembre : « J’espérais que Mr Monet aurait rapporté un peu d’argent. Penses-tu réussir à placer ses toiles avantageusement ?»… Le peintre l’a chargée de lui dire de ne pas vendre ses toiles à moins de 100 fr., « la nature morte 500 – l’effet de neige givre 200 »… C’est un triste Noël passé sans son mari et fêté chichement. « Mr Monet emporte beaucoup de toiles. Puissiez-vous réussir. C’est vraiment nécessaire »… Au début de l’année 1880, plusieurs courriers évoquent la débâcle météorologique… Alice attend avec impatience les résultats des ventes de tableaux… « Monsieur Monet te prie de bien vouloir lui faire dire par dépêche où est le givre rose car voici bien des fois qu’il envoie Mr Caillebotte rue de Vintimille pour prendre cette toile et que c’est toujours en vain »… En avril elle lui transmet une invitation pour l’exposition Caillebotte rue des pyramides… Au printemps, Monet expose au journal La Vie moderne, boulevard des Italiens, mais ne rencontre pas le succès escompté… « Il a reçu ce matin des offres de Mme Charpentier pour les grands glaçons 6500 frs seulement. […] Peux-tu demander à ces messieurs de La Vie Moderne si l’exposition de Mr Monet peut durer jusqu’aux premiers jours de juillet », ce qui permettrait à l’artiste de terminer plusieurs toiles, dont une commande… Les reproches affluent sur la manière dont son mari gère les transactions, sur ses occasions manquées, sur ses longues absences, et le « ton tranquille de tes lettres alors que je suis moi dans de mortelles angoisses »… Elle se réjouit malgré tout de savoir qu’Ernest est satisfait de l’avancée du prochain numéro à paraître de sa revue L’Art de la mode avant de s’inquiéter à nouveau, au début de l’année 1881, de son avenir au sein de la revue, cette « vie de galérien »… Fin mai, les dissensions dans le couple Hoschedé sont évoquées plus clairement : « Tu me reproches de ne pas consentir à venir vivre avec toi alors qu’au contraire, je suis décidée à rentrer à Paris au mois d’octobre […] donc je t’engage une fois encore à louer cette maison que tu as trouvée ». Il ne lui semble pas raisonnable de quitter Vétheuil de suite, comme il le lui demande, et d’engager des frais de déménagement. « Tu me reproches de n’être pas seule à Vétheuil. La situation est toujours la même et tu l’acceptais autrefois, tes absences se sont prolongées. À qui la faute ? à moi sans doute. Tu exagères légèrement je crois quand tu dis que tu ne serais pas seul une minute en venant ici. Enfin ta manière d’agir vis-à-vis de Mr Monet crée une situation bien étrange et tout à fait singulière »… La correspondance prend fin dans le courant de juillet 1881.
On joint un petit ensemble de lettres adressées à Alice par divers.
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