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[Claude MONET]. Ernest HOSCHEDÉ (1837-1891)…

Lot 377
2 000 - 2 500 €
Résultats avec frais
Résultat: 3 125 €

[Claude MONET]. Ernest HOSCHEDÉ (1837-1891)…

[Claude MONET]. Ernest HOSCHEDÉ (1837-1891) collectionneur et ami de Claude Monet. 50 L.A.S., 1859-1879, la plupart à sa mère, quelques-unes à sa femme Alice ; environ 85 pages in-8, certaines à son chiffre, d’autres à l’en-tête Hoschedé, Blémont & Cie.
Intéressante correspondance familiale du collectionneur et premier soutien de Monet. [Ancien négociant en linge de luxe, propriétaire du magasin parisien Le Gagne-Petit, le financier Hoschedé a voué sa vie et sa fortune à l’art. Ne discutant jamais le prix d’une toile, il acquiert près de 300 toiles qu’il expose dans la demeure conjugale de Montgeron, le château Rottembourg. Parmi elles, des trésors de l’impressionnisme, et notamment ceux de son ami Claude Monet, qu’il invite à peindre dans son domaine et dont il est alors le principal mécène. Passionné jusqu’à la faillite, il est contraint judiciairement de vendre sa propre collection aux enchères. Il essaiera ensuite de se reconvertir en critique d’art depuis Paris et la Belgique, notamment au travers de sa revue L’Art de la mode.]
Un premier ensemble de lettres, de 1859 à 1870, fait référence à son activité de négociant et aux actualités politiques. 31 mai 1859, à son père : « Les nouvelles de la guerre sont lentes en tant qu’événements sérieux, mais les bulletins insignifiants sont nombreux. Cependant la confiance est plus grande que jamais, et le changement du quartier général de l’Empereur annoncé ce matin au Moniteur fait présager un coup prochain »… 28 mai 1859 : « Les nouvelles de la guerre sont rares. Garibaldi a vaincu les Autrichiens à Varèse »… En mai 1861, Hoschedé débute une série de voyages d’affaires en Irlande, en Ecosse, en Angleterre, dont certains en compagnie de son père. Les deux hommes écrivent très régulièrement à leur mère et épouse. Le rythme de leurs journées de travail est très régulier. En novembre-décembre, les ventes de châles en cachemire vont bon train. Ernest occupe son peu de temps libre à son courrier ou à lire un roman de George Sand… En 1866, à nouveau des nouvelles du commerce depuis Londres… En juin 1867, il remercie sa femme Alice, sa « Lisette », pour ses lettres quotidiennes…
La correspondance reprend ensuite en 1870, depuis Paris. Il envoie à sa mère à Dieppe des nouvelles de la guerre, du rapprochement des troupes prussiennes et, en parallèle, des nouvelles de son commerce. 21 juillet : « On a plus que jamais espoir que cette épouvantable guerre ne durera pas trop longtemps »… 3 août. La mort de son associé Blémont l’affecte énormément. Il exprime sa tristesse dans plusieurs courriers successifs ; il est aussi question des décisions qu’il doit prendre avec son père pour l’avenir de leur entreprise. Mais les préoccupations de la guerre reprennent vite le dessus. 8 août. « Tu ne peux te faire une idée de la fièvre ou pour mieux dire de l’attitude admirable de Paris à la nouvelle des malheurs qui menacent la France. L’arrivée des dépêches qui annoncent notre défaite et l’entrée des ennemis en France a fait taire tout intérêt personnel. On ne s’occupe plus que de la défense de notre sol »… L’inventaire de son commerce montre de bons résultats, le rendement du cachemire de l’Inde est excellent… 13 août. « On s’organise à vue d’œil et on retarde le plus possible une nouvelle lutte espérant que la revanche sera éclatante. […] Une grande confiance à la Bourse malgré la baisse due à l’emprunt »… « Je fais le plus de rentrées possibles et suis assez heureux »… 16 août. « Ce qui paraît certain au demeurant c’est qu’on se bat depuis deux jours et on ignore encore l’issue de ce duel gigantesque. […] Les affaires sont toujours calmes mais sans exagération en mal »… 18 août. Réquisitionné en tant que garde national au Corps Législatif, « la lutte est terrible, mais nous vaincrons »… Fin août, « Paris devient de plus en plus fiévreux. Tout le monde part et semble ne plus douter de l’arrivée des Prussiens sous les murs de Paris ». Il songe donc à lui envoyer Alice et les enfants à Dieppe… Les affaires sont nulles…
Puis, en 1875, face aux premiers ennuis financiers : « Mon cœur est gros et mon chagrin immense de notre longue séparation. Elle était nécessaire cependant, et en quittant la maison de commerce où ma présence était devenue impossible je me suis juré de n’y rentrer que la tête haute et pour y refaire ma vie entière, ou n’y plus rentrer du tout. J’ai donc pris à corps ma situation. […] Mon salut est possible, j’en suis sûr aujourd’hui et l’avenir peut tout réparer »…
À partir de septembre 1878, une dizaine de lettres sont écrites depuis Vétheuil chez la famille Monet, où Ernest a pu installer sa femme et ses enfants après sa faillite. La plupart règlent des questions financières. Il requiert régulièrement le soutien de sa mère, pour ne pas contracter de nouvelles dettes, et lui fait part de l’avancée de ses démarches et transactions. 3 septembre. « Il est évident que l’inventaire comme résultat est une des moins bons que l’on ait jamais fait. Tel qu’il est cependant je le trouve meilleur que je n’espérais après les très grands frais d’installation qu’avait à supporter l’année et l’exorbitante diminution que je connaissais du chiffre d’affaires. Tout cela se retrouvera sans doute l’année prochaine, ces messieurs ayant, je le sais, aussi beaucoup diminué le chiffre des marchandises ce qui est un gage pour l’avenir »... 23 septembre. « Je compte terminer aujourd’hui même un envoi de quatre à cinq cent lignes qui devront paraître en deux articles, et je continuerai de suite pour avoir plusieurs autres articles tout prêts à passer, ce qui poussera les autres »… 30 septembre. « Je travaille à force et vais avoir bientôt cinq articles complètement terminés »… La santé de Camille Doncieux, épouse de Monet, se détériore de jour en jour… 25 novembre. Demande d’argent, « Monet ayant financé depuis quelque temps et devant recevoir encore l’argent nécessaire pour notre départ ou notre continuation de séjour pour le cas où nous resterions »… 4 décembre. « Notre vie est des plus monotones […], des plus mathématiques »… En l’absence du peintre, il la prie de lui faire envoyer de l’argent, car « nous n’en aurons maintenant qu’au retour de Monet »… 16 mai 1879. « L’état de Mme Monet est ce qui nous préoccupe le plus en ce moment, car je ne crois pas qu’elle ait plus de quelques jours à vivre et son agonie lente est bien triste »… En juillet, en compagnie de Monet à Paris, il écrit à Alice qu’il entrevoit « la solution tant attendue »… 13 août. Désireux de se retrouver un emploi, il attend des réponses, « aucune ne se presse, notamment celle de Durand Ruel qui est de beaucoup celle qui me plairait davantage, pour l’avenir et pour la facilité de ma liquidation »… La correspondance prend fin le 19 août, Ernest s’apprête alors à recevoir une somme de la part de Monet, qui lui permettra de ne plus importuner sa mère pour un moment… à partir de cette période, Ernest ne séjournera pour ainsi dire plus jamais à Vétheuil, où les rapprochements entre sa femme et le peintre sont manifestes [leur union sera célébrée en 1892].
On joint une dizaine de lettres à lui adressées, une quittance, un carnet d’avances de frais accordées par un hôtel-restaurant à Hoschedé entre 1882 et 1887.
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