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Odilon Redon (1840-1916) Le Polype difforme…

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Odilon Redon (1840-1916) Le Polype difforme…

Odilon Redon (1840-1916)
Le Polype difforme flottait sur les rivages, sorte de cyclope souriant et hideux. Pl. de l’album Les Origines. 1893. Lithographie. 192 x 213 (au chine). Mellerio 47. Rarissime et très fraîche épreuve sur chine appliqué, remonté de façon quasi-imperceptible. Deux infimes points de rouille en tête du chine. Toutes marges (400 x 550). Tirage à 25 épreuves. Ex-coll. H.-M. Petiet (Lugt 5031).

« Les yeux clos, Odilon Redon les a peints délicatement plusieurs fois : Ophélie, Ève, Orphée, le Christ. Mais son obsession ce fut l’œil, l’œil unique, celui du cyclope. Cet œil énorme, il le figure dans une de ses premières lithographies de la série « Les origines ». Elle a pour titre : Il y eut peut-être une vision première essayée dans la fleur. Autre titre de la même série : Le Polype difforme flottait sur les rivages, sorte de cyclope souriant et hideux, Le Satyre au sourire cynique (dont on ne voit que l’œil droit), L’œil comme un ballon bizarre se dirige vers l’infini.
Yeux clos, surtout ceux de femmes. Œil unique, celui dont les origines sont végétales, animales, celui de la vision première, proche de l’hallucination, celui, monstrueux qui voit des monstres, des créatures étranges qui suscitent l’effroi, la répulsion, comme le Sciapode. Les yeux clos, eux, donnent accès au rêve ou à la prière (Redon était croyant).
Quel est donc le regard du peintre ? Est-ce celui, visionnaire, de l’œil unique seul à même de pénétrer dans les régions les plus obscures ? Est-ce celui, ouvert sur le songe, à quoi accèdent les yeux clos ? Odilon Redon n’a pas voulu choisir, alternant ces deux formes de regard.
[…] Cet homme que je crois avoir été doux et paisible et dont on sait qu’il détestait la violence a trouvé dans la peinture un remède pour surmonter la perte de l’enfant mort en figurant l’horreur et en représentant la grâce éphémère des fleurs, des femmes ou celle des fantômes qui peuvent être aimables quand ils sont évanescents. » (J.-B. Pontalis, Avant, Folio Gallimard, 2013).
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