• facebook
  • twitter
  • linkedin
  • art

Panaït ISTRATI (1884-1935). Manuscrit autographe…

Lot 143
5 000 - 6 000 €
Laisser un ordre d'achat
Votre montant
 €
Enchérir par téléphone
Enchérir par téléphone

Panaït ISTRATI (1884-1935). Manuscrit autographe…

Panaït ISTRATI (1884-1935). Manuscrit autographe signé, Les Récits d’Adrien Zograffi **** Les Haïdoucs ** Domnitza de Snagov, [1926] ; [2]-276 pages in-8 écrites au seul recto, en feuilles, sous 2 plats de reliure et étui (fentes réparées à la dernière page).
Important manuscrit du quatrième et dernier volume des Récits d’Adrien Zograffi, publié chez Rieder en 1926.
Le manuscrit contient un avant-propos inédit de 4 pages (il sera remplacé par une double dédicace à Romain Rolland et Georges Ionesco) où Istrati explique pourquoi ce volume est le dernier (et non l’avant-dernier, comme le prévoyait le plan) des Récits d’Adrien Zograffi. Mais, après un exil de dix ans, il est retourné dans sa Roumanie natale, devenue « la Grande Roumanie », et a été horrifié : « alors que je m’évertuais à décrire des horreurs turques et grecques du temps de l’Occupation, le gouvernement roumain exterminait avec une férocité autrement médiévale la population de cette “Grande Roumanie” qui n’était plus occupée maintenant par personne. Mes histoires de viols et de massacres d’il y a cent ans pâlirent devant les fusillades d’enfants, de vieillards et de femmes avec leurs bébés dans les bras, que des officiers de l’armée régulière, déclarés “héros nationaux” par le sénat roumain, poursuivaient et abattaient à travers les campagnes de la Bessarabie ». Rentré en France, « le cœur meurtri », il tenta d’alerter l’opinion contre les crimes des « bourreaux du peuple roumain », mais sans grand succès. « « Je m’étais juré de ne plus songer à l’art, avant de venger les victimes […] Alors l’amour pour mon œuvre diminua, j’abrégeai ce que j’avais à dire sur le passé, et j’avoue que j’ai écrit ce volume avec peu d’élan »…
Le livre n’en est pas moins passionnant. Il mêle fiction et réalité historique. À la manière d’une ballade, Istrati y raconte la suite des aventures des Haïdoucs roumains en révolte contre la domination turque et grecque. Après la mort de leur chef Cosma, les Haïdoucs prennent pour capitaine la compagne de Cosma, Floarea Codrilor, surnommée Domnitza de Snagov. Elle mènera ces rebelles au grand cœur, capables de la pire violence, dans une épopée palpitante, qui commence par une expédition punitive contre le monastère d’Orbou et son prieur violeur et sanguinaire. Elle mène ses compagnons jusqu’à son domaine de Snagov, où elle veut mettre en œuvre les idées haïdouques de retour à la terre et d’abolition de l’esclavage. Mais l’aventure s’achèvera tragiquement par la mort de Floarea dans la montagne et l’arrestation de ses derniers compagnons. Le livre se clôt sur une chanson haïdouque.
Le manuscrit, à l’encre noire, de la belle et régulière écriture d’Istrati remplissant la page sans marge, présente des ratures, corrections et additions de la main de l’auteur ; de nombreuses corrections sont en outre portées à l’encre rouge par un lecteur (probablement Jean-Richard Bloch), rectifiant et polissant le style d’Istrati ; d’autres indications typographiques en rouge montrent que ce manuscrit a servi pour l’impression ; on relève de légères variantes avec le texte imprimé. Le récit (dont manque le début) commence à la page 5, à la suite des pages 1-4 de l’avant-propos, à la sixième phrase du discours de Floarea, exhortant les haïdoucs à se rassembler autour d’elle. Outre l’avant-propos, les notes de bas de page, la plupart expliquant des mots de vocabulaire roumain ou tzigane, ont disparu de l’édition. Seule une note, page 208 du manuscrit, faisant référence à un livre de M.N. Iorga l’Histoire des Roumains et de leur civilisation (1922), a été retenue.
La page de titre porte cet envoi : « à Philippe Ciprut pour sa forte vie d’homme bon. Avec ma sincère amitié Panaït Istrati juillet 1927 ». Y est jointe une photographie d’Istrati (carte postale), dédicacée au verso : « à Philippe Ciprut cette image prise au moment où, à Bucarest, on errait comme deux dépayés. Fraternellement Panaït Istrati oct. 1929 ».
On joint deux éditions originales brochées des Récits d’Adrien Zograffi (in-8) : II Oncle Anghel (Rieder, 1924, un des 300 ex. sur vergé pur fil), III * Présentation des Haïdoucs (Rieder, 1925, un des 40 sur Hollande) ; plus Les Chardons du Baragan avec 30 compositions originales en couleurs de L. Screpel (Aux Quatre Coins du Monde, Société d’éditions françaises et internationales, 1947, un des 100 ex. sur vélin de Rives, avec suite des 15 h.t. en noir, sous emboitage).
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue