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[Victor HUGO]. Juliette DROUET. Manuscrit…

Lot 141
5 000 - 7 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 7 250 €

[Victor HUGO]. Juliette DROUET. Manuscrit…

[Victor HUGO]. Juliette DROUET. Manuscrit autographe, [Guernesey juillet-août 1878] ; 25 pages grand in-fol. sur papier bleuté (un béquet ajouté à la dernière page avec petit manque ; quelques bords effrangés avec quelques légers manques) ; en espagnol et en français.
Document exceptionnel où Juliette Drouet relève dans les carnets intimes de Victor Hugo les preuves de son infidélité, et des ébats érotiques du poète avec Blanche Lanvin, dont la découverte provoquera une violente rupture entre Juliette et Victor.
Juliette Drouet a fait ici un relevé minutieux des notations secrètes notées par Hugo en espagnol (quelques-unes en latin), avec leur traduction en regard ; d’avril 1872 à septembre 1873, elles concernent toutes Blanche Lanvin, la femme de chambre, puis copiste, devenue maîtresse, le dernier grand amour du poète, et selon Juliette, « la créature qui a détruit mon bonheur, ce qui ne compte pas, mais plus que cela, hélas ! hélas ! peut-être le plus grand génie du monde ». Il est question pour la première fois de ce document dans la lettre de Juliette à son neveu Louis Koch (Guernesey, 17 juillet 1878), que nous venons de citer ; elle veut lui envoyer, pour le faire traduire, « le relevé pendant deux ans de phrases en espagnol, écrites jour à jour dans des calepins soigneusement datés et circonstanciés », qu’elle vient de finir de copier ; mais elle décide de le traduire elle-même : le 21 juillet, elle réclame un « vocabulaire français-espagnol », dont elle accuse réception le 28. Sa connaissance de la liaison entre Hugo et Blanche avait déjà provoqué la fugue de Juliette vers la Belgique, en septembre 1873. Cette nouvelle enquête l’occupera encore des mois. (Voir Juliette Drouet, Lettres familiales, éd. G. Pouchain, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, [2001], pp. 394 sqq.)]
Juliette a copié sur de grandes pages, divisées en deux colonnes (« Texte » et « Traduction ») quelque 220 inscriptions de ces calepins, dont l’importance varie, de quelques mots à plusieurs lignes. Y sont consignés de petits gestes érotiques, la réception de lettres, des paroles, des sorties et promenades à Guernesey, aussi bien que les règles de la jeune femme (« Aristote »), puis son départ pour Paris, un retour clandestin, et le départ de Hugo et Juliette pour Paris, où la liaison continue, non sans péripéties. Blanche est désignée par son prénom, ou les pseudonymes, « Alba » et « Héberthe », ou encore, une initiale. La première note de Juliette marque l’embauche de Blanche : « entrée le 7 avril 72 ». Les dernières, des 24 [et 26] septembre 1873, figurent sur un fragment de papier rapporté. L’ultime ligne nomme la mère adoptive de Blanche, et le nom de Mme Lanvin est suivi des mots « empezado por Alba », que Juliette a traduits : « commencé pour Alba ». Nous ne pouvons citer que quelques extraits de ce document capital, qui témoigne d’un épisode dramatique dans la longue relation de Victor Hugo et Juliette Drouet ; nous mettons la traduction française entre crochets obliques < >.
« Entrée le 7 avril 1872. / – 13 mai revenue avec Monsieur de la représentation de Ruy Blas avec Suzanne dans une calèche. en torse à minuit ». 15-17 septembre 1872. « 15 – 10a vez – las espaldos hermosas. <15 – 10e fois. – les épaules belles.> / 16 – 11a vez. – ha hecho un nino. Se pecede vez. <16 – 11e fois – a fait un enfant, se pourra voir.> / 17 – 12a vez. Cada dia, algo mas. <17 – 12e fois – chaque jour, quelque chose un peu plus> »… 21 décembre. « Sobre la boca de Alba  »…
5 janvier 1873 (en français) : « Affliction faite involontairement. Prendre garde de ne pas affliger ce tendre cœur et cette grande âme »… 22-27 janvier : « 22 - por que el tiempo pasa, Alba crea que me burla de ella. <22 – Parce que le temps se passe, Alba croit que je me moque d’elle.> / 26 – Alba b. dado. mano cogida. <26 – Alba baisers donnés. main prise.> / 27 – Alba. Peligro. Aguardarse. No quiero malo para ella, ni para la questione mi corazon. <27 – Alba – péril – espérer. Je ne veux de mal pour elle, ni pour la question de mon cœur> »… 4-5 février : « 4 – esta tarde J.J. no es quieta ; pero ne quiero que safrier, ni ella, ni la otra. <4 – ce soir J.J. n’est pas tranquille ; mais je ne veux pas qu’elle souffre, ni elle, ni l’autre.> / 5 – a b. tocado corcovas de delentes y de detras ; pero vestida. – Clamavi : ardeo dum tibi cogito ! dixit : amo te (vos). […] >5 – a b. touché les bosses de devant et de derrière ; mais vêtu. – “Je me suis écrié : je brûle quand je pense à toi !” Elle a dit : “Je vous aime.”> »… 19 février : « Dialogo – te he poseida esta noche en sueno. – Y yo tambien la otre noche. – Eras contienta ? – (Ha puesto su cabeza en mi seno y ha di cho : Si). – Quieros que te haga un niño ? – Si […]  »… 5 mars : « Se ha venido esta mañana. La he puesto, con bezos, la catanita y el medallon a se cuello, y a sus jarreteras. Visto quasi a todo. Tomado a todo. – He visto a su seno por la primera vez el 9 enero, y he tocado al huerto del paradiso de A. pour la primavera vez el 5 de marte. <5 Elle est venue ce matin. Je lui ai mis, avec des baisers, la chaîne et le médaillon à son cou, et puis ses jarretières. J’ai vu presque tout, pris aussi tout – j’ai vu son sein pour la première fois le 9 janvier ; et j’ai touché le jardin du paradis de A. pour la 1ère fois le 5 de mars> »… 30 mars : « Se ha venido esta mañana. B A su pié nudo. – Ha dicho una palabra que me hace pensar. – Observer, antes que andar mas delante. <30. Elle est venue ce matin. B. (baisers) sur pied nu. – Elle a dit une parole qui me fait penser/réfléchir. – Observer, avant que d’aller plus avant> »… 1er avril : « […] por la primera vez, vis tomtod. todo hecho, minus el niño. parece muy enamorada. – por la primera vez, me ha dicho tu.  » 19 avril : « la escalera. la jarretière. a.b.l. – tunc regina Saba coram rege crura nudavit.  » 22-24 mai : « 22. Salon vert. Se ha subido. Aristote. poco osc. – despues de la comida. Strand. todo como antes. habia destacho (destejo) les botones de su “corsage” para que pudiese tomer la a su seno. 720 F. <22. Salon vert. Elle est montée. Aristote – peu de b. – Après le diner. Strand. tout comme avant. elle a détaché les boutons de son corsage, pour que je puisse lui prendre son sein. 720 F. / 24 mai – ahier (ayer). Despues de la comida. Strand, y pasage detras el huerto. Todo corno las otres tardes. Aristote. toison collée. – Quieres mi ha sobre ? – Si. – A las nueve de la tarde, Strand, y el banco de los baños. Todo como siempre. Los dos dedos. <24 mai. Hier après le dîner. Strand et passage derrière le jardin, tout comme les autres soirs. Aristote. Toison collée. – Veux-tu m’avoir dessus ? – Oui ! – à neuf heures du soir. Strand et le banc des bains. Tout comme toujours. Les deux doigts »… Etc.
1er juillet 1873 (le début en français) :« Blanche sort de chez J. Elle part ce matin pour Paris par Jersey. – A las 11 h. ha dispareido el vapor. <à 11 h a disparu le vapeur.> » 6 août : « empesa a engañer me con un de su mesa. no ha podido decir otra cosa. rumpido esta vez, par la ultima vez. no la dexaré sin assistancia.  » 14 septembre : « Héberthe. hoy por la primera vez en la misma cama. de las dos à las seis.  » 16 septembre : «  Héberthe en su cama (IIII) »…
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