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[Anatole FRANCE]. Léontine Lippmann, Mme…

Lot 119
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[Anatole FRANCE]. Léontine Lippmann, Mme…

[Anatole FRANCE]. Léontine Lippmann, Mme Albert ARMAN DE CAILLAVET (1844-1910) maîtresse et égérie d’Anatole France, elle tint un important salon littéraire. L.A., Samedi soir [18 août 1888 ?, à Anatole France] ; 6 pages in-8 sur papier gris.
Belle lettre d’amour passionnée à Anatole France, dans laquelle se retrouve l’inspiration du roman qu’Anatole France tira de leur liaison brûlante et tourmentée, Le Lys rouge (Calmann-Lévy 1894). [La lettre suit de peu des indiscrétions sur leur liaison colportées par Line de Nittis.]
« Mon bien aimé, tu me désespères, tu me brises le cœur. La cause de tes souffrances est comme la lueur de ces étoiles mortes depuis longtemps dont tu me parlais l’autre jour. Et cependant je comprends que tu souffres, puisque je souffre moi-même. Et pour ma souffrance, tu n’as que mépris et colère, tu sens que le souvenir qui me hante et me torture quelquefois, que la misérable jalousie dont j’ai pu être atteinte, n’est pas digne de vivre un instant seulement en face du rayonnement et dans la gloire de notre amour. [...] Oh toi mon amour, toi mon beau rêve réalisé, ne souffre pas et ne me fais pas souffrir ! Mais rien au monde n’est resté debout, rien n’existe sous la face des cieux, rien que toi et moi. Le reste est apparence et illusion vaine. Et ce passé, ce passé dont tu fais ton supplice mon adoré, il n’est plus qu’en toi, je n’ai gardé aucune trace de ce qui fût, je ne vis qu’en toi et par toi, tu me caches l’univers. Mon âme n’est qu’un miroir qui reflète ton image. Ah ta lettre est cruelle, infiniment cruelle [...] Ah mon ami, mon unique ami, ne me donne pas le désespoir de ne pouvoir que te torturer. Désire moi, tu le peux, tu en as le droit, ne t’eussé-je appartenu qu’une heure, cette heure a tout noyé, tout effacé, elle s’est levée dans ma vie comme le soleil qui éteint toutes les lueurs »... Avant lui sa vie était vide : « il n’y avait qu’un besoin immense, qu’un désir fou, le désir de toi. De toi qui ne me connaissais pas, mais que je pressentais. Crois moi, crois moi, ce que je t’écris là c’est avec le plus profond de moi-même, c’est le cri de mon être qui va à toi. [...] je suis une malheureuse, j’empoisonne tout, je flétris tout autour de toi. Pardonne moi je t’en supplie. Et laisse moi espérer que tu voudras encore de moi quand je vais revenir dans bien peu de jours. Je le sais, je le sais, je suis sûre que nous serons encore follement heureux, mais que de souffrances endurées, quelle horrible absence ! »... Il semblerait que « l’affreuse Line », Mme Alexandre Dumas fils, et son fils Gaston aient bavardé, et que par des rumeurs, leur liaison ait été révélée. Elle s’inquiète de l’avenir et recommande à France de traiter son mari avec « beaucoup de patience et de douceur. [...] Tu as tant de tact et de souplesse et je serais si désolée que vos rapports ne fussent pas très bons. Il suffit d’un mot, d’une flatterie déguisée pour le mener par le bout du nez »...
Publiée (incomplètement) par Jacques Suffel : Anatole France et Madame de Caillavet, Lettres intimes (1984, n° 52, p. 72). Ancienne collection Alfred Dupont (V, 3 juin 1977, n° 71).
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