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François-René de CHATEAUBRIAND. 3 L.A. (la…

Lot 68
1 500 - 2 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 1 875 €

François-René de CHATEAUBRIAND. 3 L.A. (la…

François-René de CHATEAUBRIAND. 3 L.A. (la 2e signée d’un paraphe), [Paris mai-septembre 1823] ; 2 et 1 pages in-4 (petites fentes réparées) et 3 pages in-8.
Belles lettres sur l’expédition d’Espagne, la grande affaire de son ministère.
Vendredi matin [mai 1823]. « Que voulez-vous que je réponde à un billet digne de Charenton ? Je vous croyois une meilleure tête. Croirez-vous à la dépêche télégraphique sur le retour de M. le Duc d’Angoulême ? Mina est rentré en Catalogne après avoir passé à Ripoll où Romagosa n’avoit pas 300 paysans tout nuds et mal armés. Voilà le grand exploit. Je n’ai qu’un mot à dire à toutes ces folies : la guerre n’est qu’une guerre politique aujourd’hui, mais si par les ferveurs d’une douzaine de nos amis, elle devoit devenir militaire, je la ferois faire à la manière de Buonaparte avec 600 mille hommes. Et dans cette France pleine de gloire et d’honneur, je trouverois à présent un million de soldats fidèles. Mettez-vous bien dans la tête que je ne reculerai pas, et que désormais la Cocarde blanche vaut l’autre cocarde »…
Vendredi 5 septembre. « Je vous l’ai dit et vous le répète : tant que je serai dans le Conseil, Cadix ne sera pas abandonné. J’aimerois mieux être mort vingt fois que de voir reculer un françois. Je vous le répète encore, Cadix tombera, l’affaire d’Espagne réussira ; mais vous savez aussi que je n’ai pas cru, comme bien des gobes-mouches, que c’étoit l’affaire de quatre à cinq mois. Molitor reste à Grenade, parce que Bordesoulle n’en veut point. […] je sais qu’à Grenade les femmes sont plus jolies qu’au port Ste Marie, pour avoir été à Grenade et au port Ste Marie »… Il ajoute en tête : « Votre sosie est devenu fou et sourd : il est remplacé par un vrai Jean Bart ».
12 septembre 1823. « Au moins cette lettre tombe dans un succès. Vos lettres et vos fleurs m’arrivoient ordinairement quand vous me croyiez bien battu. Je suis faché que notre vieux Tal. [Talleyrand] ne voye dans la prise de Cadix qu’une chose élégante. Il y a le monde entier, et le bon enfant en sait plus que l’ancien ministre. Mais c’est là ce que son amour propre n’avouera jamais. Ils m’accableront de mes succès littéraires, pour me contester ceux de ma politique. Mais je les tuerai par les faits, et la France, si on m’écoute, sera si glorieuse et si forte qu’elle parlera plus haut que les petites envies, et les ambitions trompées de mes ennemis. Je ne sais si Mathieu [de Montmorency] crève de haine. Je ne le crois pas. Moi je l’honore, l’estime, et ne le crains point. Au reste ne croyez pas que j’aie la tête tournée du Trocadero. Cette courtisane de fortune se donne au premier venu. J’en dis ce que Chaulieu dit de sa maîtresse
Passons la nuit avec elle
et comptons peu sur sa foi.
Je ne me réjouis point, parce que je ne me suis jamais désolé. J’ai toujours été certain du succès définitif de la guerre d’Espagne, si je restois au ministère ; par la raison que j’ai cette volonté bretonne qui ne recule jamais, que l’événement peut tromper, mais qu’il ne peut jamais soumettre. Et croyez-moi avec une volonté inflexible, on est presque toujours plus fort que l’événement ».
Au dos ou à la fin de chaque lettre, apostille « ne varietur » datée du 29 septembre 1827, avec 3 signatures (Gobet, Hamelin et Céron).
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