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André BRETON (1896-1966). Tapuscrit avec…

Lot 62
8 000 - 10 000 €
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Résultat: 18 750 €

André BRETON (1896-1966). Tapuscrit avec…

André BRETON (1896-1966). Tapuscrit avec additions et corrections autographes, Manifeste du Surréalisme, [1924] ; 43 pages in-4, en feuilles.
Précieux tapuscrit, soigneusement établi et complété par André Breton, de ce texte fondateur du surréalisme.
Le Manifeste du surréalisme a paru, suivi de Poisson soluble (dont il devait à l’origine constituer la « Préface »), en octobre 1924 aux éditions du Sagittaire, chez Simon Kra. Ce tapuscrit, très soigneusement établi et augmenté par André Breton en août (comme l’indique la lettre d’envoi du 26 août), suit de peu la fin de la rédaction du manuscrit. Il s’agit d’un double carbone, dont les indications typographiques laissent à penser que Breton en espérait peut-être une publication en revue, la première frappe ayant probablement servi à la composition de l’édition. C’est ici le seul tapuscrit retrouvé, inconnu de Marguerite Bonnet lors de l’édition des Œuvres complètes dans la Bibliothèque de la Pléiade.
Ce tapuscrit est généralement conforme au texte publié. Il a été établi par Breton avec le plus grand soin : il a corrigé les fautes et ajouté à l’encre bleue ou noire les mots oubliés à la frappe, souligné en bleu les citations ou les titres, et porté tout au long, à l’encre rouge, de nombreuses indications typographiques sur la taille des caractères, les blancs à introduire (marqués par des traits et/ou trois étoiles), ainsi que des sauts « à la ligne ». S’il ne contient pas la section Secrets de l’art magique surréaliste, ajoutée après coup, il est bien complet du « Poème » (où Breton fait quelques changements typographiques).
Sous le titre dactylographié Préface, Breton a ajouté à la main, à l’encre rouge, le titre manifeste du surréalisme, complété au-dessus à l’encre bleue par introduction au, pour finalement tout rayer et inscrire en grosses lettres à l’encre bleue le titre MANIFESTE DU SURRÉALISME.
On relève d’intéressantes additions et corrections. Page 16, dans l’énumération des « amis », Breton ajoute dans l’interligne, entre T. Fraenkel et Jacques Baron, les noms de « Francis Gérard, Pierre Naville, André Boiffard, » complétés dans l’édition par Georges Malkine et Antonin Artaud. Les trois noms de Boiffard, Gérard et Naville sont également ajoutés (p. 26) à la liste de ceux ayant fait acte de surréalisme absolu. Pages 26 et 27, Breton modifie la liste des précurseurs : il remplace pour Swift « le sadisme » par « la méchanceté », et pour Sade « l’exotisme » par « le sadisme » ; il augmente sa liste : « Poe est surréaliste dans l’aventure […] Nouveau est surréaliste dans le baiser » (à la ligne précédente, il biffe le nom de « Nouveau » pour le remplacer par « Jarry » pour le surréalisme dans l’absinthe). Page 27 encore, la note sur les philosophes et les peintres est complétée par cette addition : « et, si près de nous à tous égards, André Masson ».
D’importantes additions autographes concernent les notes, souvent très longues, qu’André Breton a développées, à l’encre bleue, notamment sur trois grands béquets collés au bas des feuillets du tapuscrit. Page 20, outre une référence à la revue Nord-Sud, une note de 18 lignes développe le phénomène de représentation visuelle : « Peintre, cette représentation visuelle eut sans doute pour moi primé l’autre. Ce sont assurément mes dispositions préalables qui en décidèrent. Depuis ce jour il m’est arrivé de concentrer volontairement mon attention sur de semblables apparitions »… Page 21, il ajoute une note de 27 lignes avec une longue citation de Knut Hamsun sur ces phénomènes provoqués par la faim, ajoutant : « Apollinaire affirmait que les premiers tableaux de Chirico avaient été peints sous l’influence de troubles cénesthétiques (migraines, coliques) ». Page 41, il ajoute sur un grand feuillet deux longues notes, l’une (28 lignes) sur la responsabilité et l’irresponsabilité : « Quelques réserves qu’il me soit permis de faire sur la responsabilité en général et sur les considérations médico-légales qui président à l’établissement du degré de responsabilité d’un individu […], j’aimerai savoir comment seront jugés les premiers actes délictueux dont le caractère surréaliste ne pourra faire aucun doute. […] Ce qui est vrai de la publication d’un livre le deviendra de mille autres actes le jour où les méthodes surréalistes commenceront à jouir de quelque faveur. Il faudra bien alors qu’une morale nouvelle se substitue à la morale en cours, cause de tous nos maux. » L’autre note (16 lignes) complète le terme d’oracle : « Toutefois, toutefois… Il faudrait en avoir le cœur net. Aujourd’hui 8 juin 1924, vers une heure, la voix me soufflait : “Béthune, Béthune”. Qu’était-ce à dire ? […] J’aurais dû partir pour Béthune, où m’attendait peut-être quelque chose, à cette heure-là. Que voulez-vous, je ne suis pas un apôtre. […] De même, en 1919, Soupault entrait dans quantité d’impossibles immeubles demander à la concierge si c’était bien là qu’habitait Philippe Soupault. Il n’eut pas été étonné, je pense, d’une réponse affirmative. Il serait allé frapper à sa porte. »
On joint une L.A.S. d’envoi, Paris 26 août 1924 (1 page in-4 à en-tête de Littérature, papier jauni et effrangé avec petits manques) : « je serais très désireux de vous faire connaître mon Manifeste du Surréalisme qui va paraître en octobre, suivi d’un certain nombre de textes [surréalistes biffé] que je crois de nature à l’illustrer. Sachant quel intérêt et quelle extrême bienveillance vous m’avez toujours témoignés, je me flatte de l’espoir que ces quelques pages ne vous ennuieront pas et que, par elles, je ne démériterai pas de votre estime. Je suis heureux, d’autre part, de vous donner la primeur d’un essai de ce genre, qui m’importe particulièrement »...
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