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Jean Le Rond d’ALEMBERT (1717-1783). L.A.,…

Lot 3
1 500 - 2 000 €
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Résultat: 2 313 €

Jean Le Rond d’ALEMBERT (1717-1783). L.A.,…

Jean Le Rond d’ALEMBERT (1717-1783). L.A., [fin janvier ou début février 1751] à la marquise de Créqui ; 3 pages in-4, adresse.
Très belle lettre littéraire.
Il la prévient de sa visite le soir, « c’est bien le cas de dire qu’il vaut mieux tard que jamais ». Il lui portera « mes deux Epitres, mais je vous prie que la seconde ne soit vüe que de Mr l’ambassadeur [de Malte, Louis-Gabriel de Froullay, oncle de la marquise], puisqu’elle n’est pas publique, & que peut etre elle ne le sera jamais » [il s’agit probablement de l’épître dédicatoire au marquis Lomellini des Recherches sur la précession des équinoxes (1749), et, pour celle non publiée, de l’épître dédicatoire à l’Encyclopédie].
Il a vu à l’opéra son grand ami l’abbé de Canaye, « enfin revenu de Maroc et d’Alger [Canaye vivait avec sa jeune nièce Mme de Menilglaise, qui le tenait en esclavage], je luy donnay mon Eloge, et je lui en dis meme par cœur la plus grande partie. Il m’en a paru fort content » [il s’agit de l’Éloge de l’abbé Terrasson, premier essai littéraire de D’Alembert]. Quant à Remond de Sainte-Albine, il soupçonne la marquise d’être l’auteur de cet ouvrage, que l’abbé du Resnel soupçonne d’être de l’abbé de Canaye. « Remond me repondit qu’effectivement il etoit en doute si cet ouvrage etoit de moy, parce qu’il n’y avoit pas reconnu ma maniere » ; et D’Alembert s’amuse à rappporter, avec force points de suspension, les propos embarrassés et bredouillants de Remond… « Je voudrois pouvoir vous rendre la conversation que l’abbé de Canaye eut hier à l’academie sur cet Eloge avec l’abbé de Resnel. Mais c’est une espece de Pantomime qui n’est pas du ressort du papier. L’abbé Canaye pretend que l’abbé du Resnel luy a dit ladessus en gestes, tout ce qu’on peut dire de plus precis. Si vous voyés Remond, faites le accoucher, je vous prie. Il a grand besoin de sage femme, & il n’en scauroit rencontrer de meilleure »…
Il ajoute en P.S. que trois prêtres sont venus chez lui : « Ils m’ont beaucoup parlé du livre de Buffon & de celuy du Pr de Montesquieu, que la Sorbonne veut condamner. Il y a apparence que Montesquieu aura bien de la peine a s’en tirer, quoyquil remüe ciel et terre pour cela ». [Il s’agit de l’Histoire naturelle de Buffon, dont les trois premiers volumes ont paru en septembre 1749, et que la Sorbonne renoncera finalement à poursuivre ; et de L’Esprit des lois de Montesquieu, paru en 1749, que la Sorbonne examine depuis août 1750.]
Merci à Mme Irène Passeron de son aide précieuse pour dater cette lettre et en éclaircir le contenu.
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